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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 22:06

Un "merveilleux saint volant"

Ce franciscain conventuel originaire de Copertino, près de Lecce, en Italie du Sud, avait été accueilli dans l'Ordre non sans difficultés, notamment pour ses examens.

Mais lors d’un examen par exemple, l’évêque reçut toute la promotion sans les interroger tous, les premiers interrogés étant très brillants. Pour un autre examen, on l’interrogea sur l’Annonciation et son amour de la Vierge Marie et du mystère de l’Incarnation le transporta : il fut reçu. La Providence avait bien choisi le sujet d’examen.

On raconte qu’il aimait tellement prier la Vierge Marie qu’un jour, les paysans refusant de venir, il fit entrer des brebis dans une chapelle et qu’elles répondaient régulièrement à l’énoncé des litanies de la Vierge.

A partir de 1630, il fut favorisé d'extases et de lévitations très prolongées : il ne pouvait pas même faire le service de la vaisselle. Comme les gens s'en apercevaient de plus en plus et que la communauté voulait éviter des désordres, il fut envoyé dans des couvents toujours plus à l'écart: il accepta avec joie tous ces déplacements.

Accusé de sainteté simulée il dut même subir un procès qui manifesta son innocence, et il s'éteignit au couvent d'Osimo, dans la province d'Ancône.

Il a été béatifié en 1753 par Benoît XIV et canonisé en 1767 par Clément XI. Il est invoqué par les étudiants qui ont des angoisses pour leurs examens.

Il aimait particulièrement le sacrement de pénitence et de la réconciliation : « Mon fils, va te laver le visage », dit-il un jour à un jeune homme qui comprit bien l’appel à se confesser.

Pour en savoir plus :

http://missel.free.fr/Sanctoral/09/18.php

http://www.zenit.org/fr/articles/35679

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 22:02

Dénoncé et exécuté simplement parce qu'il était un religieux catholique

Joseph Llosá Balaguer était Capucin amigonien, c'est-à-dire de la congrégation espagnole des Tertiaires capucins de Notre-Dame des Douleurs fondée par Luis Amigó y Ferrer près de Valence, en 1889.

Né à Benaguacil en 1901, il avait fait ses études secondaires dans une école des Amigoniens. C'est en 1917 qu'il entra au noviciat et en 1925 qu'il prononça ses voeux perpétuels. Il poursuivit ses études de théologie, mais ne demanda jamais le sacerdoce, car il s'en jugeait indigne, à l'instar de saint François d'Assise.

Envoyé au collège de Madrid, il s'y dévouait à la formation des jeunes. Mais la Guerre civile éclata, et avec elle la persécution. Un laissez-passer lui permit de rejoindre son village natal puis Valence, où il se croyait à l'abri.

Il n'en fut pas moins arrêté, dans la nuit du 1er octobre 1936, et jeté en prison. Là, un prêtre reçut sa confession, et il l'entendit pardonner d'avance à ses bourreaux. Son martyre se consuma à l'aube du 7 octobre 1936: une exécution sans procès, pour le simple fait qu'il était un religieux catholique.

http://www.zenit.org/fr/articles/35894


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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 21:37

On l'appelait le "nouveau saint François"

Conrad d'Offida eut une mort enviable pour un prédicateur: il passa de ce monde à l'autre alors qu'il annonçait l'Evangile.

Natif de la ville d'Offida, à quelques kilomètre de San Benedetto del Tronto, sur la côte Adriatique, il embrasse la vie des disciples de saint François à l'âge de quatorze ans, comme tertiaire, dans l'un des premiers couvent de l'ordre, dans la ville voisine d'Ascoli Piceno.

Pour la bure franciscaine, il renonce à sa famille, à l'université, à ses amis. Il assume les services les plus humbles avec joie: la vaisselle du monastère, le nettoyage des sols, et il mendie pour ses frères.

On l'appelle déjà "le nouveau saint François". Surtout, les foules sont attirées par son charisme de prédicateur.

Mais en 1265, il part à la source, auprès de frère Léon, à la Portioncule, puis à l'Alverne, où saint François a reçu les stigmates, le 14 septembre 1224. Et c'est à Bastia, près d'Assise, qu'il meurt le 12 décembre 1306. Il repose en la cathédrale de Pérouse.

Son culte a été confirmé en 1817 par le pape Pie VII.

http://www.zenit.org/fr/articles/36644

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 21:31

Yad vaShem: une Clarisse italienne, Mère Giuseppina, Juste parmi les Nations

En janvier 2013, les "Justes" reconnus en Italie étaient 563.

La religieuse a en effet contribué à sauver de nombreux juifs au risque de sa vie pendant l'Occupation nazie.

Mère Giuseppina (31 mars 1897 – 31 mars 1991) était née à Serrone di Foligno, dans la province de Pérouse, et elle entra au monastère le 13 mai 1922, mais en qualité d'enseignante pour le travail sur les métiers à tisser électriques, qui permettait à la communauté de gagner sa vie.

Or, le 8 septembre 1922, elle demanda à commencer un postulat, qui aboutit à sa prise d'habit, le 18 mars 1923, avec le nom de soeur Maria Giuseppina de Jésus de Nazareth.

Le 19 mars 1924, en la solennité de Saint Joseph, elle fit ses voeux temporaires, et en 1927 ses voeux définitifs.

Elle a été élue supérieure de la communauté des Clarisses de San Quirico quatre fois, de 1942 à 1945, puis de nouveau de 1945 à 1948, puis deux nouvelles fois de 1964 à 1967, et de 1967 à 1970.

Voici un extrait du livre des mémoires du monastère : "Alors que, depuis septembre 1943, l’offensive aérienne anglo-américaine contre l’Italie s’intensifiait à la plus grande surprise générale, alors que dans la patrie se multipliaient les persécutions politiques et les vengeances personnelles, et que des ordres odieux étaient émis contre les juifs et les soldats favorables à l’esprit de l’armistice, nos instituts sont devenus des lieux de refuge pour les personnes livrées à elles-mêmes ou persécutées pour raisons politiques, les fugitifs, les juifs, les personnes évadées des camps de concentration (…). Devant la douleur de chacun, toute velléité de jugement aurait dû se taire, même si nous pouvions en avoir: la pitié devait triompher, quoi qu’il en soit, comme elle a triomphé."

Traduction d'Hélène Ginabat

http://www.zenit.org/fr/articles/36014

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 21:30

Le pape a autorisé la Congrégation pour les causes des saints à publier un décret reconnaissant que Mary de Saint-François Wilson (au siècle, Mary Jane), a vécu les vertus humaines et chrétiennes de façon « héroïque ».

Cette religieuse anglaise, fondatrice des Franciscaines de Notre Dame de Victoires, est née à Hurryhur (Inde) en 1840 et elle est morte au Portugal en 1916.

Elle avait été baptisée en Inde dans l’Eglise anglicane. Après la mort de sa mère, elle revient avec son frère en Angleterre, puis elle étudie en Suisse. Après la mort de son père, à Calcutta, elle se rend en France, à Boulogne-sur-mer, en 1873.

Le 30 avril, elle demande l’intercession de Notre-Dame des Victoires, pour recevoir la grâce de croire dans la présence de Jésus dans l’eucharistie. Et elle entre dans l’Eglise catholique le 11 mai.

De 1873 à 1880, elle cherche à approfondir sa foi, rejoint différentes associations catholiques. Elle étudie en France pour être infirmière, puis elle rentre en Angleterre et travaille au Saint George Hospital de Londres.

En 1881, elle accompagne une personne malade à Madère, mais le contraste entre la beauté de l’île et la pauvreté des gens touche son cœur.

De 1881 à 1883, elle commence son apostolat auprès des pauvres, la catéchèse, la visite des malades. Elle  fonde un collège et un orphelinat, ainsi que des œuvres de charité.

Et le 15 janvier 1884, elle fonde les Franciscaines de Notre Dame des Victoires, avec Amelia Amaro de Sa (Sœur Elizabeth).

Jusqu’en 1890, elle fonde des écoles, des orphelinats, des pharmacies, des centres de catéchèse, des services paroissiaux, rénove l’Hôpital de la miséricorde de Santa Cruz. A Madère, on l’appelle la « Bonne mère » et en 1907, son œuvre est reconnue par la couronne du Portugal.

Mais en 1910, avec l’avénement de la République, les instituts religieux snt supprimés. Plus encore, elle est emprisonnée à la forteresse de San Lourenco puis exilée à Londres. On comprend de quelle étoffe elle était faite  lorsque l’on voit que l’année suivante, elle revient à Madère et réorganise la congrégation de façon clandestine. Et elle s’y éteint en 1916. Elle repose, en la chapelle Quinta das Rosas.

Douze sœurs ont fondé au Mozambique en 1938. Le procès de béatification de la fondatrice a été ouvert en 1991. Une fondation a vu le jour aux Philippines en 1995. Et la « Positio » pour sa cause a été rédigée en 1998.

Il faudra un miracle dû à son intercession pour sa béatification éventuelle.

http://www.zenit.org/fr/articles/35957

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 21:20

Prêtre franciscain de Valence, en Espagne, il attendra pendant deux siècles sa béatification, sous le pape Pie VI, en 1786.

En effet, ses dons surnaturels- surtout, son don d'intercession qui obtenait des miracles, et le don de prophétie - avaient ému l'Inquisition espagnole, qui freina le procès de canonisation.

Ses biographes racontent par le menu ses entretiens mystiques avec le Christ et la Vierge Marie, mais aussi les saints, saint Joseph, saint Jean l'Evangéliste et saint François. Après sa mort, les miracles fleurirent auorès de sa tombe.

Il était entré chez les Franciscains à l'âge de dix-sept ans. Plus tard il occupa les charges de "Gardien" de la Province et de Maître des novices. Vers la fin de sa vie, tourmenté par la question du salut, il se retira dans un couvent plus contemplatif et plus austère.

http://www.zenit.org/fr/articles/36706

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 21:10

Thomas avait connu les Frères Mineurs du monastère Saint-François de son village natal, Cori, près de Latina, au sud de Rome, et il aurait voulu embrasser la vie des disciples du Poverello. Mais comme il était resté orphelin à l'âge de 14 ans, il voulut d'abord assurer l'avenir de ses deux jeunes sœurs.

Ce n'est qu'après leur mariage qu'il demanda à entrer chez les franciscains, à Orvieto, près de Pérouse. Il fut ordonné prêtre en 1683 et il fut immédiatement nommé vice-maître des novices.

Mais il voulait vivre plus radicalement selon l'esprit de saint François et il fut envoyé au couvent de Civitella, aujourd'hui Bellegra, à peine fondé. Il s'y présenta en 1684 en disant : « Je suis frère Thomas de Cori et je viens pour devenir saint. » Il y instaurera les "retraites" en solitude qui fleurissaient alors dans l'Ordre. 

Cette solitude de Bellegra ne sera interrompue que par six ans passés au couvent de Palombara, au nord de Rome, comme « gardien », c’est-à-dire supérieur. Il y instaura la même "retraite" en solitude qu'à Bellegra. Il écrivit les règles de l'un et l'autre couvent, et il y donna l'exemple d'une observance scrupuleuse.

Ce qui frappe le plus dans sa spiritualité, c'est l'importance centrale de l'eucharistie. Ses biographes ont également noté l'absence de consolation sensible dans sa vie de prière, mais la profondeur de son union à Dieu lui permit cependant de traverser ses quarante années de vie religieuse dans la plus grande sérénité, dédié à la prière, à l'évangélisation et à la charité, une charité "exquise".

Son union à Dieu a en effet été la source de son apostolat infatigable au service des populations du Latium, en particulier les plus pauvres.Sa charité attira ses frères vers l'idéal exigeant de la vocation franciscaine, et il leur manifesta la plus grande disponibilité.

Il s'est endormi en Dieu le 11 janvier 1729. Il a été canonisé à Rome par le pape Jean-Paul II le 21 novembre 1999. Il disait dans son homélie : « Toute sa vie apparaît ainsi comme un signe de l'Évangile, un témoignage de l'amour du Père céleste, révélé dans le Christ et agissant dans l'Esprit Saint, pour le salut de l'homme. »

Ayant vécu toute sa vie dans la province de Rome, il est l'un des co-saints patrons de la Ville éternelle.

http://www.zenit.org/fr/articles/36867

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 14:47
Angèle de Folgino est désormais "sainte"
Décision du pape François

Anita Bourdin

ROME, 11 octobre 2013 (Zenit.org) - Le pape François a approuvé l’inscription de la bienheureuse Angèle de Foligno (1248-1309) nombre des saints par la Congrégation pour les causes des saints.

Le pape a en effet « accueilli le rapport » du cardinal Angelo Amato, sdb, préfet de ce dicastère et il a « étendu à l’Eglise universelle le culte liturgique en honneur » de la bienheureuse qui appartient au Tiers Ordre de saint François. Sa fête liturgique est le 4 janvier, jour de sa naissance du Ciel.

Elle a été béatifiée le 11 juillet 1701 par le pape Clément IX et sa « canonisation équipollente » par le pape François est en date du 9 octobre 2013, mais elle est annoncée ce 11 octobre par le dicastère romain.

Mariée à vingt ans, Angèle eut plusieurs enfants et elle mena longtemps une vie insouciante, consacrée aux plaisirs. Puis, à la suite d’une vision de saint François, mort quelque vingt ans plus tôt, elle changea de vie, pour répondre en tout à l’amour du Christ. Elle prit un soin particulier des pauvres.

Or, le deuil frappa à sa porte : elle perdit sa mère, son mari, ses enfants. En 1288, plus aucun proche. Ce fut un nouveau sursaut. En 1291, elle entra dans le Tiers Ordre de saint François (le premier Ordre étant les Frères mineurs, le deuxième les Clarisses).

Elle vécut désormais une vie d’union au Christ et elle fut favorisée de dons mystiques, de visions de la Passion.

On connaît cette phrase du Christ, entendue par sainte Angèle un Jeudi saint: « Ce n’est pas par jeu (« per scherzo ») que je t’ai aimée ».

Son enseignement a été consigné dans Le Livre d'Angèle de Foligno, témoignage de cette vie avec le Dieu d’amour. Elle est invoquée comme « maîtresse des théologiens », en raison du cercle de disciples qui l'entourait.

Elle repose dans l’église Saint-François de Foligno, non loin d’Assise, dans la plaine, et de nombreux pèlerins viennent chaque jour à la messe dans la petite chapelle où ils demandent son intercession.

Le pape François a approuvé l’inscription de la bienheureuse Angèle de Foligno (1248-1309) nombre des saints par la Congrégation pour les causes des saints.

Le pape a en effet « accueilli le rapport » du cardinal Angelo Amato, sdb, préfet de ce dicastère et il a « étendu à l’Eglise universelle le culte liturgique ne honneur » de la bienheureuse qui appartient au Tiers Ordre de saint François. Sa fête liturgique est le 4 janvier, jour de sa naissance du Ciel.

Elle a été béatifiée le 11 juillet 1701 par le pape Clément IX et sa « canonisation équipollente » par le pape François est en date du 9 octobre 2013.

Mariée à vingt ans, Angèle eut plusieurs enfants et mena longtemps une vie insouciante, consacrée aux plaisirs. Puis, à la suite d’une vision de saint François, mort vingt ans plus tôt, elle changea de vie, pour répondre en tout à l’amour du Christ. Elle prit un soin particulier des pauvres. Puis le deuil frappa à sa porte : elle perdit sa mère, son mari, ses enfants. En 1288, plus aucun proche. Ce fut un nouveau sursaut. En 1291, elle entra dans le Tiers Ordre de saint François (le premier Ordre étant les Frères mineurs, le Deuxième les Clarisses).

Elle vécut désormais une vie d’union au Christ et fut favorisée de dons mystiques, de visions de la Passion.

On connaît cette phrase du Christ, entendu par sainte Angèle un Jeudi saint: « Ce n’est pas par jeu (« per scherzo ») que je t’ai aimée ».

Son enseignement a été consigné dans Le Livre d'Angèle de Foligno, témoignage de cette vie avec le Dieu d’amour. Elle est invoquée comme « maîtresse des théologiens ».

Elle repose dans l’église Saint-François de Foligno, non loin d’Assise, dans la plaine, et de nombreux pèlerins viennent chaque jour à la messe dans la petite chapelle où ils demandent son intercession.

Depuis longtemps, elle était considérée comme une "sainte" et on l'invoquait comme telle, au point que beaucoup ne savaient pas qu'elle n'était encore, canoniquement, "que" bienheureuse.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 16:47

Claire

 

Message pour l'Année sainte Claire

Luca Marcolivio

ROME, lundi 2 avril 2012 (ZENIT.org) – A l’occasion de l’Année sainte Claire, le pape Benoît XVI vient d’adresser à Mgr Domenico Sorrentino, évêque d’Assise, Nocera Umbra et Gualdo Tadino, un message spécial, pour célébrer la figure de la première femme disciple de saint François.

La consécration monastique de sainte Claire eut lieu, selon toute probabilité, en 1211 ou 1212 : c’est donc le VIIIème centenaire de l’événement, pour lequel le diocèse d’Assise a ouvert une année jubilaire. Le choix de Claire, d’une certaine façon, complète « au féminin », la « grâce que la communauté d’Assise avait expérimentée quelques années avant, avec la conversion du fils de Pietro di Bernardone », écrit le pape dans son message pour l’Année Sainte Claire.

Aujourd’hui encore, poursuit le pape, l’ordre des Clarisses, « devenu un arbre robuste, dans le silence fécond des cloitres, continue à semer le bon grain de l’évangile et à servir la cause du Royaume de Dieu ».

Le charisme de Claire et de François «  parle encore à notre génération, et exerce une fascination surtout sur les jeunes » ajoute Benoît XVI, se référant à la XXVIIème Journée mondiale de la jeunesse qui a été célébrée le Dimanche des Rameaux.

Ce n’est pas une coïncidence si la lettre du pape a été publiée justement au début de la semaine sainte : l’histoire de la conversion de Claire, en fait, explique-t-il, « tourne autour de la fête liturgique du Dimanche des Rameaux ». C’est justement lors des vigiles de cette solennité que Claire se serait rendue chez François pour faire de lui le témoin de son choix.

La Legenda Sanctae Clarae virginis (biographie de sainte Claire, ndlr), citée par Benoît XVI, raconte que, le Dimanche des Rameaux, le saint d’Assise ordonna à celle qui allait devenir son disciple de se rendre, « élégante et parée de ses bijoux » parmi la foule, pour ensuite sortir de la ville le lendemain, convertissant ainsi « la joie mondaine en deuil du Dimanche de la Passion ».

C’est ainsi que, alors que les autres fidèles accouraient pour recevoir chacun sa palme, Claire, « par pudeur, resta immobile et l’évêque, descendant alors les marches, alla jusqu’à elle et lui mit une palme dans les mains ».

La nouvelle vie de François avait divisé Assise, entre ceux qui critiquaient durement le choix du fils de Bernardone et ceux qui, au contraire, l’admiraient. Parmi ces derniers, il y avait justement Claire, une adolescente de famille noble qui, en rencontrant le saint, « se laissa emporter par son ardeur pour le Christ ».

A celle qui fut son disciple, François enseigna le « mépris du monde », lui montrant que « l’espérance en ce monde est aride et conduit à la déception » et lui parlant de « la douce union avec le Christ ».

Selon le testament de sainte Claire, c’est François lui-même qui reçut la prophétie de la vocation de sa première fille spirituelle : dans l’église de saint Damien, le crucifix lui parla et lui annonça que « ce lieu serait habité par des femmes qui glorifieraient Dieu avec leur saint mode de vie ».

Claire était une jeune fille très séduisante. Le Pauvre d’Assise, cependant, « lui montra une beauté supérieure, qui ne se mesure pas dans le miroir de la vanité, mais qui se développe dans une vie d’amour authentique, sur les pas du Christ crucifié. Dieu est la véritable beauté ! » poursuit Benoît XVI.

Après s’être coupé les cheveux pour commencer sa vie de pénitente, Claire commença à subir les foudres de son père et d’autres parents. Sa mère Ortolana et deux de ses sœurs, cependant, la suivirent dans son choix de vie monastique. Contrainte à s’enfuir de chez elle pendant la nuit du Dimanche des Rameaux au Lundi saint, Claire fut poursuivie jusqu’au refuge que François lui avait préparé : on tenta de la faire renoncer, mais la jeune fille resta cohérente avec sa décision.

Le pape a ensuite souligné que la vocation de sainte Claire n’aurait pas été possible sans la bénédiction de la part de l’évêque Guido, avec le geste symbolique de la remise de la palme, que nous avons mentionné. L’histoire de François et de Claire, explique Benoît XVI, « manifeste un trait ecclésial particulier ».

Dans cet événement, « se rencontrent un Pasteur éclairé et deux enfants de l’Eglise qui se remettent à son discernement. Institution et charisme interagissent magnifiquement », au point que l’amour et l’obéissance de l’Eglise restent partie intégrante de la spiritualité franciscaine-clarisse.

La vie monastique de sainte Claire demeure intimement liée à Assise et ce fut justement sa prière et celle de ses sœurs qui sauvèrent la ville de la « violence et de la dévastation » dans des circonstances difficiles.

La conversion de Claire, explique le pape, est la « conversion à l’amour » d’une jeune femme qui renonce aux « vêtements raffinés de la noblesse d’Assise » mais conserve « l’élégance d’une âme qui se dépense dans la louange de Dieu et dans le don de soi ».

La sainte d’Assise, pas moins que son mentor et patron d’Assise, est le chantre du « privilège » de la pauvreté, qui « laissa longtemps perplexe le Souverain Pontife, jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’héroïsme de sa santité ».

L’exemple de François et de Claire doit être proposé « à l’attention des jeunes d’aujourd’hui », écrit Benoît XVI. La distance qui nous sépare du temps médiéval de leur aventure terrestre « n’a pas diminué la fascination qu’ils exercent », même à notre époque où surabondent les illusions et désillusions « avec les mille attraits d’une vie où tout semble possible et permis ».

Aujourd’hui encore, en fait, il ne manque pas d’exemples de jeunes qui « accueillent l’invitation à se confier au Christ et à affronter avec courage, sens des responsabilités et espérance le chemin de la vie, en faisant même le choix de tout laisser pour le suivre dans un service total de Dieu et de leurs frères », conclut le pape, avant de donner la bénédiction apostolique à tout le diocèse d’Assise, « avec une pensée particulière pour les filles de sainte Claire du protomonastère ». 

Traduction d'Hélène Ginabat

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 12:05


Pentecôte : Benoît XVI recevra 1.400 Gitans au Vatican

Anniversaire de la naissance du Bx Ceferino

ROME, Mardi 7 juin 2011 (ZENIT.org) ;Benoît XVI recevra quelque 1.400 Gitans au Vatican Samedi prochain, à la mi-journée, annonce le Conseil pontifical pour la Pastorale des Migrants et des personnes en déplacement.


Depuis des décennies, des congrès pastoraux organisés par le même dicastère ont attiré au Vatican des milliers de Gitans.

Le premier bienheureux gitan


Des Gitans de différentes ethnies : Roms, Sinti, Manouches etc... et venus de toute l'Europe, fêteront en effet par un pèlerinage à Rome, à la Pentecôte, le 150eanniversaire de la naissance du premier Gitan reconnu comme martyr de la foi, le bienheureux Ceferino (Zéphyrin) Giménez Malla, victime, en 1936, de la persécution qui s'est développée en Espagne sous couvert de la Guerre civile. Il a été fusillé pour avoir défendu un prêtre et pour avoir refusé de se défaire de son chapelet, ce que lui conseillait un ami anarchiste qui voulait le sauver.

Mgr Antonio Maria Veglio, président du dicastère romain, recevra les participants samedi, 11 juin, et il devrait évoquer l'engagement croissant des gens du voyage au sein de l'Église où ils peuvent, dit-il, « trouver un soutien, dans leur existence souvent marquée par la marginalisation et la méfiance ».

La vie des gens du voyage sera illustrée à Benoît XVI par quatre témoignages, dont celui d'une rescapée des camps de concentration nazis.

Les Gitans et les papes


Paul VI, pourtant souffrant ce jour-là, avait voulu rencontrer la communauté des Gitans, le 26 septembre 1965 à Pomezia, près de Rome. Jean-Paul II a reçu les participants de différents congrès à Rome, et, pour le Grand Jubilé de l'An 2000, il a demandé pardon pour les péchés commis par des membres de l'Église catholique contre des Gitans.

Il y aurait actuellement quelque 36 millions de Gitans dans le monde, dont 18 millions en Inde, leur pays d'origine, et entre 12 et 15 millions en Europe, en particulier à l'Est.

Le bienheureux Ceferino a été béatifié par Jean-Paul II à Rome le 4 mai 1997. Recevant un groupe de Gitans français, il leur déclara que « Ceferino était un Gitan admirable par la sagesse et le sérieux de sa vie d'homme et de chrétien », et « un bel exemple de fidélité dans la foi pour tous les chrétiens, surtout pour vous, les Gitans, qui êtes proches de lui par la nationalité et la culture.

Laïc et martyr


Ceferino (Zéphyrin) Gimenez Malla, laïc et martyr (1861-1936) avait d'abord été marié d'abord selon la coutume des Gitans. Mais en 1874 il demande à recevoir le sacrement du mariage, à l'Eglise. Comme il n'a pas d'enfant, Zéphyrin adopte une des nièces de sa femme et il la traite comme sa fille.

Le « Pelé », c'est son surnom, est maquignon, et il se déplace de foire en foire. Il est difficile, constate-t-il, « d'être commerçant sans pécher ». Mais sa droiture et sa sagesse lui permettent d'être choisi, quoique analphabète, parmi les dix conseillers de la ville de Barbastro, en Aragon. Artisan de paix, il sert souvent de médiateur parmi ses pairs : on l'appelle le « maire des Gitans ». L'évêque lui-même, Mgr Florentin Asensio Barroso, n'hésite pas à le consulter.

Devenu tertiaire franciscain en 1926, El Pelé fait aussi partie de la Conférence de Saint-Vincent de Paul et se dévoue pour les malades et les plus pauvres.


A la fin de sa vie il participe quotidiennement à la messe, se montre assidu à l'adoration eucharistique le jeudi, et, une fois par mois, la nuit. Il enseigne le catéchisme aux enfants et porte toujours son chapelet.

Au moment de la persécution religieuse qui a précédé puis accompagné la Guerre civile, il est finalement arrêté par des miliciens, pour avoir pris la défense d'un jeune prêtre. Emprisonné, il refuse de se défaire de son chapelet, ce qui lui aurait valu la liberté. Et il est fusillé, le même jour que son évêque : ils ont aussi été béatifiés le même jour ! Il meurt après avoir lancé « Vive le Christ Roi ». Son corps est jeté dans la fosse commune et ne sera jamais retrouvé.

Anita S. Bourdin

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 20:47

  Par le Père JP Aragon

 

 

 

« Un jour, frère Antoine, qui fait route vers l’Italie, arrive avec son compagnon, dans un village de Provence (probablement à Cuges-les-Pins qui conserve le souvenir de ce passage). Il demande l’hospitalité à une paysanne qui les reçoit volontiers et veut les honorer en leur offrant le bon vin de sa cave. Mais dans sa précipitation, elle oublie de fermer le robinet du tonneau et lorsqu’elle redescend pour chercher d’autre vin, elle trouve la cave inondée et le tonneau vide.

Elle remonte toute consternée et Antoine, voyant son malheur, lui dit de ne pas se faire de soucis et de retourner à la cave où elle retrouve le tonneau plein et le sol bien sec. La délicatesse d’Antoine avait épargné à la bonne paysanne, et à son compagnon de voyage, la gêne qui aurait pu venir de cette maladresse. »

 

 

Vous connaissez tous cet épisode de la vie d’Antoine. Huit siècles après, nous aimons le réentendre avec toujours la même fraîcheur. Antoine de Padoue est connu et vénéré dans le monde entier. La présentation d’aujourd’hui ne se veut pas un enseignement ou une catéchèse sur frère Antoine mais plutôt l’évocation de quelques passages de sa vie. Comme pour nous, Antoine connaît des événements qui vont bouleverser sa vie. Devant ces bouleversements, Antoine aura toujours la capacité de « rebondir » comme on dit aujourd’hui. Antoine va sans cesse « perdre » une manière de vivre pour en « recevoir » une autre, inattendue et pleine de vie. Je fais le choix d’évoquer quelques moments de rupture dans sa vie.

 

1° rupture : quitter les chanoines réguliers pour les frères mineurs

2° rupture : renoncer au Maroc à cause de la maladie

3° rupture : le naufrage

4° rupture : la solitude à la fin du Chapitre

5° rupture : de l’ermitage à la prédication

6° rupture : de la prédication au service des frères

 

 

1° rupture :

quitter les chanoines réguliers pour les frères mineurs

 

Fernand, chanoine régulier d’abord à Lisbonne, sa ville natale, puis à Coïmbra où il se consacre à l’étude et à la prière. Proche de là, une petite communauté nouvelle s’installe dans un ermitage dédié à Saint-Antoine du Désert. Les frères de cette communauté nouvelle viennent souvent à l’abbaye et Fernand aime les recevoir et discuter avec eux. Il est assez séduit par leur radicalité de vie et leur pauvreté. Un jour, il voit plusieurs d’entre eux partir au Maroc. Quelques temps après, la nouvelle se répand : cinq frères viennent de subir le martyre et on ramène leurs corps. Fernand est bouleversé et décide de rejoindre cette communauté nouvelle fondée à Assise. Et un jour où ces frères viennent quêter un morceau de pain à l’abbaye, Fernand leur dit :

 

« Frères, je désire vivement revêtir la bure de votre ordre, du moment que vous me promettez de m’envoyer, dès que je serai des vôtres, au pays des Sarrazins : c’est que j’espère venir partager la couronne de vos saints Martyrs. »

 

Il obtint l’autorisation de quitter son abbaye et se rendit tout joyeux à l’ermitage revêtir la bure franciscaine pour aller, comme François d’Assise et ses frères, annoncer l’Évangile sur les routes du monde. Il change de nom et reçoit celui d’Antoine. C’était en 1220, vers la fin de l’été , après huit ans passés dans cette abbaye de Sainte-Croix à Coïmbra. Antoine a 25 ou 29 ans selon les sources.

 

 

2° rupture :

Renoncer au Maroc à cause de la maladie.

 

Voilà donc Antoine en train de découvrir sa nouvelle vie avec ses nouveaux compagnons de l’Évangile. Il apprend la vie en ermitage avec peu de frères et l’alternance avec la quête en ville. Une vie toute simple et dépouillée. Son désir est de partir au Maroc pour prendre la suite de ces cinq frères partis quelques mois plus tôt. L’ensemble des frères franciscains, après leur martyre, a réfléchi à cette mission :



(1) Le Seigneur dit : « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. (2) Soyez donc prudents comme des serpents et simples comme des colombes. » (3) Dès lors, si un frère veut aller chez les Sarrasins et autres infidèles, qu’il y aille avec la permission de son ministre et serviteur. (4) Et que le ministre leur donne la permission et ne s’oppose pas, s’il voit qu’ils sont aptes à être envoyés ; car il sera tenu de rendre compte au Seigneur si en cela ou en d’autres choses il procédait sans discernement. (5) Les frères qui s’en vont peuvent vivre spirituellement parmi eux de deux manières. (6) Une manière est de ne faire ni disputes ni querelles, mais d’être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et de confesser qu’ils sont chrétiens. (7) L’autre manière est, lorsqu’ils voient que cela plaît au Seigneur, d’annoncer la parole de Dieu, pour que (les infidèles) croient en Dieu1 tout-puissant, Père et Fils et Saint-Esprit, créateur de toutes choses, au Fils rédempteur et sauveur, et pour qu’ils soient baptisés et deviennent chrétiens, car celui qui ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit-Saint ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

(8) Cela et d’autres choses qui plaisent au Seigneur, ils peuvent le dire à eux et à d’autres, car le Seigneur dit dans l’évangile : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » (9) Et : « Qui rougira de moi et de mes paroles, le Fils de l’Homme rougira aussi de lui quand il viendra dans sa majesté, dans celle de son Père et celle des anges2. »

Le projet prend forme et quelques mois plus tard, il prend le bateau avec frère Philippe. Les voilà quelques jours plus tard à Marrakech. Antoine est heureux, son rêve d’être chez les Sarrazins se réalise.

Antoine est prêt à confesser le nom du Christ, au risque de sa vie.

Malheureusement, il tombe malade. Une fièvre grave le cloue au lit et lui interdit toute activité. Il faut se résoudre à revenir au Portugal pour se soigner. Antoine, tout tremblant de fièvre, reprend le bateau. Reviendra-t-il au Maroc ? Il ne le sait pas. Son rêve de martyre vient de s’évanouir.

 

 

3° rupture :

Le naufrage.

 

Antoine est dans le bateau mais la mer est mauvaise. Le vent s’est levé. On commençait à apercevoir les côtes de l’Espagne quand le vent se déchaîne. L’embarcation est malmenée par le vent et se trouve déroutée. Quand la tempête s’achève, une côte apparaît et se dessine : il ne s’agit plus du Portugal, ni même de l’Espagne, mais de la Sicile. Frère Antoine débarque en pays inconnu. Il est seul. Il est épuisé physiquement. Il est découragé par ce qui lui apparaît comme un échec de sa mission. Ce naufrage du bateau n’est-il pas symbolique d’un naufrage apparent de sa vie ? Il a tout laissé pour la mission au Maroc. Et le voilà malade, solitaire, sur une terre inconnue.

 

« Débarqué sur les côtes de la Sicile, Antoine se trouve dans la situation de celui qui, ayant tout perdu, est seul face à l’inconnu. Il avait rêvé d’égaler les premiers martyrs franciscains, et il est obligé de s’en retourner les mains vides. Il avait passé près de trente ans dans son pays, à l’aise avec sa propre culture, ses maîtres, et le voici dans un pays où il ignore tout, la langue, les coutumes, les gens, la géographie, l’histoire. Il était parti dans la vigueur de ses forces physiques, et le voici épuisé par la longue maladie et le voyage en mer. Heureusement, il a encore en lui suffisamment de ressources morales pour reprendre le dessus et repartir. »

 

À Messine, où il vient de débarquer, les frères franciscains l’accueillent et le soignent.

Nous sommes au début de 1221.

 

 

4° rupture :

le Chapitre d’Assise

 

Bien soigné par ses frères, Antoine se refait une santé. Mais vient bientôt le moment de repartir. Tous les frères sont invités à se réunir à Assise à la fête de Pentecôte pour un grand Chapitre. Frère François sera là, de retour de son voyage en Égypte. Frère Antoine est impatient de connaître ce frère François originaire d’Assise et dont on dit que c’est l’Évangile fait homme ! Antoine, avec effort dit-on, se met en chemin avec les autres frères, pour rejoindre Assise. Ils parcourent ensemble 600 kms en un mois, alternant des étapes de 25-30 kms et des journées de repos. Au fur et à mesure qu’ils avancent, ils rencontrent d’autres frères et font route ensemble. Arrivés à Assise, ils se rassemblent dans la plaine autour de la chapelle de Sainte-Marie des Anges que les frères aiment appeler la « Portioncule ». Ils sont près de 5.000 frères. Ils s’abritent sous des tentes formées de joncs et de nattes tressées. Autour de François, les frères se redisent leur volonté de vivre selon la forme du Saint-Evangile en suivant le Christ qui a vécu pauvre et qui a donné sa vie pour nous. À la fin de ce temps de Chapitre, les frères repartent vers différents lieux de vie et de mission. Antoine n’est pas connu et se retrouve seul, sans destination !

 

« Que sais-tu faire ? lui demanda tout à coup frère Gratien, provincial de Romagne.

  • Je suis prêtre, lui répondit-il, avec humilité, sans faire nul état de ses études antérieures.

  • Voudrais-tu aller à Montepaolo, sur la montagne, face à la plaine du Nord, avec les cinq frères qui font là leur expérience de vie érémitique ? Tu y célèbreras l’eucharistie et tu les conseilleras dans leur vie spirituelle.

  • Oui, je veux bien, dit Antoine. »

 

Et il partit sur la montagne, dans ce « désert franciscain » avec pour seul bagage une grande envie de solitude et de prière.

 

« Je veux, ajouta-t-il, comme eux, connaître, rechercher et embrasser le seul Jésus crucifié. »

 

 

 

 

 

5° rupture :

de l’ermitage à la prédication

 

À son arrivée à l’ermitage de Montepaolo, Antoine découvre une grotte qu’un frère s’est aménagé pour ses moments de recueillement. Antoine la demande au frère et l’obtient sans difficulté.

 

« Ainsi, chaque jour, après avoir satisfait au devoir de la prière communautaire du matin, il s’y retire, apportant avec lui un petit bout de pain et une écuelle d’eau. Il passait ainsi sa journée dans la solitude, forçant la chair à servir l’esprit. Plus d’une fois, quand il s’apprêtait à rejoindre les autres, au son de la cloche, épuisé de veilles et harassé par le jeûne, il trébuchait sur le chemin et, incapable de se tenir debout, il s’abattait par terre… et s’il n’avait été soutenu par ses frères (c’est un témoin qui raconte) il n’aurait jamais pu rejoindre le couvent. »

 

Mais le premier biographe ajoute :

 

« Une lampe si lumineuse ne pouvait rester longtemps cachée sous le boisseau ; une ville plantée sur une si haute montagne ne pouvait passer inaperçue. »

 

Et le jour vint, fixé par la Providence, où cet homme si cultivé dont la mémoire servait de bibliothèque dut se révéler aux yeux du monde.

C’était le 24 septembre 1222, jour d’ordinations sacerdotales dans la ville de Forli. Tous les frères de Romagne étaient réunis autour de l’Évêque, avec des frères de l’Ordre de Saint-Dominique. Au moment de prononcer la conférence spirituelle d’usage, personne ne voulut accepter, les Dominicains prétextant « qu’il ne leur était ni possible ni permis d’improviser… ».

Son supérieur s’adressa alors à frère Antoine que les frères de Montepaolo avaient entendu expliquer l’Écriture et parler latin. Celui-ci, dans sa grande humilité, voulait refuser mais son gardien insista :

 

« Vous direz, lui dit-il, tout ce que l’Esprit-Saint vous suggérera. »

 

Poussé par le devoir d’obéissance, Antoine se mit à parler : ce furent d’abord des paroles simples, puis des arguments bien enchaînés, clairs, convaincants, extraits de l’Écriture, des Pères de l’Église, riches en symboles et en images ; bref un discours dans les règles de l’art, dans un langage adapté à tous, pétri de foi et d’esprit de prière, comme le voulait François.

Une véritable révélation !

Les frères n’en revenaient pas ! Ils connaissaient ses dons pour laver la vaisselle, mais pas pour prêcher d’une telle manière. Heureux et fiers, ils le félicitent. L’épisode se transmet de fraternité en fraternité. Frère Gratien, ministre provincial, confie alors à frère Antoine la mission de prêcher. Cette mission de prédicateur, depuis le concile de Latran IV, demandait toujours un discernement et était confiée comme une charge, un véritable travail pour faire face aux mouvements hérétiques de l’époque.

Frère Antoine accepte cette mission de prêcher. Une nouvelle page de vie commence pour lui. Il quitte son ermitage et va de ville en villages, châteaux et campagnes, semant partout la parole de vie, réfutant les hérésies, s’adaptant aussi bien aux humbles qu’aux savants à tel point que « des hommes de toutes conditions, classes et âges se réjouissaient d’avoir reçu de lui des enseignements appropriés à leur vie.

De son séjour à Rimini, on a retenu le sermon aux poissons rapporté dans les Fioretti de St François :

 

«  Un jour, saint Antoine s’en alla à l’embouchure du fleuve au bord de la mer ; et se tenant sur la rive, il commença à dire aux poissons de la part de Dieu : « Écoutez la parole de Dieu, vous… puisque les infidèles hérétiques refusent de l’entendre. » A peine eut-il ainsi parlé qu’il vint aussitôt vers lui une telle multitude de poissons, grands, petits et moyens, que jamais dans toute cette mer et ce fleuve on n’en avait vu une si grande quantité ; et tous tenaient la tête hors de l’eau et demeuraient attentifs tournés vers le visage de saint Antoine, tous en très grande paix, en très grand calme, en très grand ordre… »

 

Antoine les invite à remercier Dieu de les avoir créés, sauvés du déluge, dotés de nageoires pour se promener librement dans l’eau, multipliés et choisis comme nourriture par Jésus après sa résurrection…

 

« A ces paroles, les poissons commençaient à ouvrir la bouche et à incliner la tête, et par ces signes de respect et d’autres encore, ils louaient Dieu comme il leur était possible.

La vue du prodige ôte toute hésitation de l’esprit des hérétiques et tous, le cœur touché de componction, se jettent aux pieds d’Antoine pour entendre sa prédication… »

 

 

6° rupture :

de la prédication au service des frères

 

La qualité de la prédication de frère Antoine vient jusqu’aux oreilles de François d’Assise. Celui-ci confie à Antoine le soin de former les frères à la théologie. Il lui fait une lettre de mission que nous connaissons bien :

 

« à frère Antoine, frère François, salut.

Il me plaît que tu lises la théologie sacrée aux frères, pourvu que, dans l’étude de celle-ci, tu n’éteignes pas l’esprit de sainte oraison et de dévotion, comme il est contenu dans la Règle.

Va bien. »

 

Ainsi va naître la première école de théologie des franciscains à Bologne. D’autres suivront à Paris, Oxford, Montpellier, Toulouse.

Nouveau changement pour Antoine : il alterne l’enseignement avec la prédication. Ses qualités de prédicateur, d’enseignant et de formateur auprès des frères font que François va l’envoyer dans le Sud de la France pour y combattre l’hérésie. Le voilà qui quitte Bologne. On le retrouve à Montpellier et Toulouse où il fonde, dans chaque ville une école de théologie pour les frères.

C’est à Montpellier que la tradition situe l’épisode qui serait à l’origine du privilège attribué à Antoine de faire retrouver les objets perdus :

 

« Une nuit, un novice s’enfuit du couvent emportant avec lui le Psautier dont Antoine se servait pour ses prières et pour ses cours. Chose étrange, c’est le diable lui-même qui lui barre la route, en pleine nuit, et l’oblige à rebrousser chemin pour ramener l’objet volé à son propriétaire, Antoine. »

 

Puis il remonte vers Le Puy, Limoges, Bourges, Brive et devient responsable (custode) des frères, accueillant les nouveaux frères et fondant des communautés. Sa charge de custode ne l’empêche ni de prêcher ni de prendre des temps privilégiés d’ermitage, notamment à Brive où les grottes de Saint-Antoine sont célèbres. Un épisode s’y rattache :

 

«  A Brive, dans le couvent qu’il avait lui-même fondé, et où il avait découvert des grottes pour se recueillir et prier, le cuisinier du couvent s’aperçoit un jour qu’il n’y a rien pour préparer les repas des frères. Antoine demande alors à une dame, amie du couvent, de lui faire envoyer quelques poireaux et quelques légumes. ET la dame prie, à son tour, sa servante d’aller les cueillir dans son jardin. Mais il pleut à torrents. La servante va cueillir les légumes et s’en revient les vêtements secs ainsi que les légumes qu’elle transportait. Chaque année, à la fin du mois d’Août, à Brive-la-Gaillarde, la « foire aux oignons » rappelle encore aujourd’hui cette charmante tradition. »

 

Là aussi, Antoine devra n’être que de passage, sa mission le conduira à nouveau en Italie où, en 1227, il devient ministre provincial de Romagne jusqu’en 1230. A la fin de son mandat, il se rend à Rome pour une mission ponctuelle avec d’autres frères, concernant les points délicats de la Règle de Saint-François. Ensuite il vient vivre à Padoue où il se consacre à la rédaction de ses ouvrages (des sermons) tout en continuant la prédication. Il prêche le carême à Padoue en 1231 et épuisé, il se retire dans un ermitage proche. Il ne survivra pas à l’effort fourni pendant le carême et il meurt en 1231, le 13 Juin.

1 Litt. « croient Dieu ». L’allusion au Credo est manifeste. C’est la raison pour laquelle la plupart des manuscrits ont la leçon credant in Deum.

2 1° Règle, chapitre 16

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 15:20
 
Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 17:02
 

 

 

Fernand est né le 15 août 1195 à Lisbonne au Portugal. A dix ans, il entra à l’école cathédrale pour étudier le latin, l’histoire ecclésiastique, la liturgie et le chant sacré. A quinze ans, il fut admis chez les chanoines réguliers de St Augustin. C’est là, dans cette communauté, que pendant dix ans il va approfondir sa connaissance intellectuelle de la philosophie, de la théologie, de l’Ecriture Sainte et des Ecrits des pères de l’Eglise. A 25 ans, Fernand, touché par le martyr des cinq frères Mineurs du Maroc, orienta définitivement sa vie vers l’Ordre des frères Mineurs franciscains et prit le nom d’Antoine. Il fit ce choix en ayant le désir de partir également pour le Maroc et prêcher la foi… mais le Seigneur en décida autrement. Après bien des péripéties, Frère Antoine dû reprendre chemin et revenir au Portugal. Auparavant il fera un petit détour par Assise où il rencontre Saint François d’Assise et les frères réunis en chapitre.

 

Frères et sœurs, je ne souhaite pas développer ici plus l’histoire de Saint Antoine de Padoue et encore moins les miracles qui lui ont été attribuée au cours de l’histoire. Ce qui intéresse notre approche c’est sa pensée, sa personnalité et son rôle dans l’Eglise de son époque et en tirer des leçons pour nous aujourd’hui. Qu’est-ce qui l’a amené à devenir aussi connu et célèbre ? Pourquoi est-il si proche du tout un chacun comme un ami, comme un frère.

 

Frère Antoine de Padoue est un personnage séduisant qui nous livre les secrets de sa personne, de sa spiritualité, de son amour pour Dieu et le prochain à travers sa vie et ses sermons.

 

I. Frère Antoine, un prédicateur hors-paire

 

Antoine de Padoue exerça le ministère de la Parole en Italie du Nord et en France méridionale, par l’enseignement aux frères franciscains et la prédication au peuple. « Il me plaît, lui écrit Saint François d’Assise, que tu enseigne aux frères la sainte théologie à condition qu’en te livrant à cette étude tu n’éteigne pas en toi l’esprit de prière et de dévotion, ainsi qu’il est marqué dans la Règle. » St François trouvait en lui le frère qui savait concilier le savoir intellectuel et l’esprit de prière. Le succès de la prédication de St Antoine se situe dans cette relation de communion permanente avec le Christ dans la prière et l’oraison. C’est là qu’il puise sa science spirituelle et sa connaissance de Dieu.

 

Frère Antoine de Padoue fut un passionné de l’Evangile et s’attache avec une fidélité sans faille à l’étude de la Parole de Dieu. Ce goût de l’étude qu’il avait acquis durant ces années études à l’école de la cathédrale ainsi que chez les chanoines de St Augustin. « Antoine en lisant les textes bibliques dégageait le sens littéral, et fortifiait sa foi par des comparaisons allégoriques, en rapportant à lui-même ces paroles de l’Ecriture, il nourrissait ses élan effectifs par une vie pleine de vertus » soulignent ses biographes. Et encore : « Il persévérait nuit et jour dans la lecture de la Parole de Dieu au point de le graver entièrement dans sa mémoire. »

 

Sa méthode en trois étapes :

  1. dégager le sens littéral du texte, comprendre le sens des mots et leurs significations

  2. ensuite entrevoir le sens spirituel avec un but précis : celui de former la foi, comprendre la signification morale en vue de réformer les mœurs

  3. et enfin extraire la réalité mystique pour grandir dans la vie spirituelle.

 

 

Antoine de Padoue a appris à étudier la Parole de Dieu, au sein du corps de l’Eglise en vue de la communiquer aux hommes et femmes de son temps. A son exemple, ayons le même soucie de l’étude de la Parole de Dieu en profondeur pour pouvoir la transmettre dans un langage compréhensible et en réponse aux besoins de nos contemporains.

 

II. Frère Antoine de Padoue promoteur de la justice.

 

Cela se passa à Padoue à la fin de ses sermons de carême qui se déroule en l’année 1231. Il est d’usage que le prédicateur avait droit de présenter aux autorités de la ville une pétition en faveur d’une église ou d’une communauté. Antoine choisit de présenter la sienne en faveur des débiteurs insolvables que les prêteurs usuriers font jeter en prison jusqu’à épuisement de leur dette. Un abus insupportable estime-t-il, un drame humain qui réduit à la misère de nombreuses familles.

 

Antoine obtient gain de cause. La commune de Padoue promulgue un décret selon lequel ; personne ne doit être détenu en prison, s’il n’est coupable que d’une ou plusieurs dettes d’argents contractées dans le passé, dans le présent et dans l’avenir. Frère Antoine en revendiquant ce décret réalise une forme de lutte contre cette injustice courante à son époque.

 

III. Frère Antoine et l’Eucharistie.

 

Comme tout bon fils et filles de St François d’Assise, St Antoine de Padoue avait un profond respect et une grande dévotion envers l’Eucharistie. Il l’évoque comme un repas de réconciliation humaine. Cette interprétation, il la puisse dans le symbolisme du repas que le père du fils prodigue convoque en l’honneur de son fils retrouvé : « …car mon fils que voilà était mort est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé. Et, ils se mirent à festoyer. » Ce repas comporte également la joie et la fête.

 

Sacrement de la passion du Christ à recevoir dans la foi et dans la profession de la passion /mort du Christ et de sa résurrection. Un repas qui nous purifie, lieu de notre communion avec Dieu et avec l’humanité en puissance de sanctification. « Aujourd’hui, dit-il, à propos de la Cène du Seigneur, Jésus prépare pour tous les peuples qui croient en lui un banquet de mets délicieux…Ce que l’Eglise fait aujourd’hui est vraiment son corps ; celui que la Vierge a engendre, qui a été suspendu à la croix, mise aux tombeaux, qui est ressuscité le troisième jour pour monter à la droite du Père. »

 

Ainsi Saint Antoine de Padoue, en nous laissant sa théologie nous stimule l’amour pratique de Dieu et des hommes. Par le témoignage de sa parole et de sa vie, il nous enseigne le chemin de l’humanité et de la charité, sur lequel tous les baptisés doivent résolument s’élancer à la rencontre du Christ.

 

Paroisse de St Antoine de Padoue Le Roucas Blanc-Marseille 13 juin 2009

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 22:46

Biographie

Saint Jean de Capistran naquit au royaume de Naples, près d'Aquila, à Capistran,
dans les Abruzzes, le 24 juin 1386, d’un noble seigneur, sans doute angevin
mais peut-être savoyard, qui avait suivi Louis I° d'Anjou[1] dans la conquête
du royaume de Naples, et, après avoir épousé une personne de rare piété,
s'était fixé à Capistran. Très tôt orphelin de père, Jean fut initié par sa mère
aux premiers éléments, puis fut envoyé à Pérouse où, pendant dix ans,
il étudia si brillamment le droit civil et canonique que ses maîtres,
le considérant comme le prince des jurisconsultes, recouraient à son jugement
dans les questions épineuses.

Nommé gouverneur de Pérouse[2] par le roi Ladislas[3] (1412), Jean étant pour tous
un juge intègre et incorruptible, traita sévèrement les fauteurs de désordre.
Un seigneur tenta de le soudoyer pour obtenir une sentence de mort
contre un ennemi, mais Jean ayant soigneusement étudié le cas et reconnu
l'innocence de l'accusé, le libéra en dépit des menaces de l’accusateur.

En 1415, il allait épouser la fille d'un riche pérugin, quand, négociant la paix
entre Pérouse et de Rimini, il fut trahi et enfermé, les fers aux pieds, dans une tour de Rimini.

En s'évadant le long de la muraille extérieure,  il tomba et se brisa le pied ; ressaisi,
 il fut jeté dans un cachot souterrain où, épuisé, révolté et livré à de tristes réflexions,
 il s'endormit.

« Lui apparut dans les airs un homme vêtu de l’habit des Franciscains, s’adressant
 ainsi à lui : “ A qui parles-tu avec tant d’arrogance ? ” Jean lui dit plein de terreur :
“ Qu’est-ce que Dieu veut de moi ? ” Et l’homme lui répondit :
 “ Ne vois-tu pas ce que Dieu a choisi de faire de toi ? Ne vois-tu pas cet habit que je porte ?
 A ce monde tu enseigneras la Religion. ” Jean répondit : “ Je ferai ce que Dieu ordonne
 et je la proclamerai puisque telle est la volonté de Dieu. ”
 - L’homme vêtu de l’habit des Frères mineurs, plongeant son regard dans le sien ;
 il le regarda avec tant de tendresse que son cœur fondit et de ses yeux jaillirent
comme des torrents de larmes et de ses entrailles sortirent de profonds soupirs.
-  L’homme disparut mais il eut une autre vision : lui fut montrée la terre presque
dans l’obscurité, dans une ombre épaisse et au milieu des ténèbres demeurait
 un rayon de lumière et vers cette lumière affluaient de nombreux peuples,
des foules innombrables.

Toujours il pensa et crut que cet homme lui était apparu était le bienheureux François.
Personne ne peut nier que les peuples s’acheminant vers la lumière fussent les Italiens,
les Allemands, les Bohémiens, les Hongrois, les habitants de la Transylvanie
et de la Valachie, les Russes et les Slaves ; et le rayon de lumière était Jean lui-même
qui répandit la doctrine divine. »

Libéré au prix d'une forte rançon, Jean vendit ses biens, rendit la dot à sa fiancée,
distribua aux pauvres le reste de ce qu'il possédait et demanda son admission chez
les Observants del Monte, près de Pérouse. Pour éprouver sa vocation Marc de Bergame
lui dit : « Les couvents ne sont point le refuge des vagabonds et de quiconque
est fatigué du siècle ; il faut bien d'autres preuves pour entrer dans un ordre religieux ;
je ne vous admettrai que quand vous aurez dit un adieu solennel au monde
et à toute vanité terrestre. » Jean parcourut les rues de Pérouse, monté à rebours sur un âne,
couvert de haillons et coiffé d'une mitre de carton sur laquelle étaient écrits
en gros caractères tous les péchés de sa vie ; la populace le considérant comme un insensé,
l'accabla de ses moqueries et de ses injures.

A la suite de cette épreuve, Jean fut admis au couvent des franciscains de Pérouse
(4 octobre 1416) et placé sous la direction d'Onuphre de Seggiano, simple frère lai,
mais religieux d'une rare prudence et d'une haute sainteté : il travailla dès lors à
se dépouiller du vieil homme pour revêtir le nouveau, se montra assidu à l'oraison,
plein de zèle et de charité à l'égard de ses frères malades, donna l'exemple
d'une obéissance aveugle dans la pratique des plus rigoureuses austérités.

Le noviciat fut marqué pour Jean par de grandes humiliations, de fortes réprimandes,
de rudes souffrances corporelles. Un jour que les novices devaient laver les tuniques,
les frères n'osaient commencer le travail parce que l'eau dans laquelle trempaient
les tuniques était toute bouillante ; survint alors le frère Onuphre qui,
sans rien dire aux autres, adressa de vifs reproches à Jean, l’accusant de négligence
et de paresse, puis tirant de l'eau bouillante une tunique, il la lui jeta au visage.
Sentant son visage brûlé, Jean se jeta à genoux devant son supérieur,
mais aucune trace de brûlure ne paraissait sur sa face.

Admis bientôt à faire sa profession, l'humble religieux redoubla de ferveur
dans l'accomplissement des tâches, singulièrement des plus bas offices. 
Jean de Caspistran  étudia  ensuite  la  théologie avec saint Jacques de La Marche[4],
et eut pour premier maître saint Bernardin de Sienne[5].
Celui-ci ne tarda pas à constater les progrès surprenants de son élève :
un jour, il dit en parlant de lui : « Jean apprend en dormant ce que d'autres
n'apprennent qu'en travaillant jour et nuit. »

Jean de Capistran qui semblait avoir reçu la science infuse, se montra profond théologien,
savant canoniste et le plus grand missionnaire de son temps. Disciple de saint Bernardin
de Sienne, il en saisit le secret : humilité, prière et pénitence, comptant avant tout sur
la grâce divine pour surmonter les obstacles. Vers 1420, Jean était diacre quand
saint Bernardin le fit prêcher à Sienne et en Toscane. Ordonné prêtre, vers 1425,
il ne s’accorda plus de repos, parcourant l’Italie pour combattre toutes les erreurs,
attaquer toutes les sectes, et ramener à Dieu des milliers de pécheurs, de juifs,
d’hérétiques et de schismatiques ; la sainteté de sa vie forçait au silence
ceux qui refusaient la conversion.

Dans toute l'Italie, les populations accouraient en foule pour l'entendre.

Martin V, Eugène IV, Nicolas V et Calixte III, eurent recours à Jean dont ils firent
un nonce apostolique, un légat a latere et un inquisiteur général.
Contre les excès des fratricelles qui s'étaient multipliés en Italie
à la faveur du Grand Schisme d’Occident, Martin V donna d’amples pouvoirs
 à Jean de Capistran et à Jacques de la Marche (1426) ;
l'erreur, un instant comprimée par l'éloquence, le courage et la charité des
deux franciscains, se réveilla plus menaçante, aussi mandaté par Eugène IV (1432)
et Nicolas V (1447) Jean de Capistran poursuivit l'hérésie sans se soucier des fatigues
ou par des périls. Un jour, en rase campagne, il s'éloigna de ses compagnons pour prier ;
 des hérétiques, ne sachant pas qui il était, lui demandèrent d'un air furieux où était
le frère Jean de Capistran ; comprenant le danger, mais ne voulant pas se sauver
par un mensonge, répondit d'une voix ferme : C'est moi qui suis Jean de Capistran !
 Frappès d'une terreur soudaine, les sectaires ne lui firent aucun mal.
Jean de Capistran, comme son maître Bernardin, appuyait son enseignement 
sur le Nom de Jésus  dont il proclamait les gloires.

Quand il apprit que Bernardin était persécuté à cause de cette dévotion,
il accourut à Rome pour plaider la cause de son maître auprès de Martin V.
Il assista Martin V dans sa dernière maladie, et prédit à Eugène IV sa prochaine élection ;
il examina, avec saint Laurent Justinien, la cause des disciples de Jean Colombini[6],
les Jésuates, soupçonnés d’avoir parti lié avec les fratricelles, qui criaient :
« Vive le Christ et la riche sainte pauvreté que nous avons choisie pour épouse ! »
Il attesta leur innocence (1437). Vers 1439, nommé visiteur des couvents franciscains
de Terre Sainte, Jean de Capistran travailla à l’union des Arméniens
dont il ramena des représentants au concile de Florence[7]. Il s’opposa à l'antipape Félix V,
et fut légat d’Eugène IV en Milanais et en Bourgogne ; il gagna Philippe Visconti[8]
à la cause de Rome, puis, passant en Bourgogne, il y fut reçu comme un ange du ciel.

Après le concile de Florence Jean, nommé nonce apostolique en Sicile, s'arrêta au couvent
du lac Trasimène où il vit pour la dernière fois Bernardin de Sienne. A Palerme, il préféra
au palais une cellule du couvent où il remplit les plus humbles offices. A la mort
de Bernardin, il vint à Aquila pour être témoin des miracles accomplis sur son tombeau
et prépara sa canonisation. Il prêcha en Italie la croisade contre les Turcs, puis fut légat
en France. A Eugène IV, il refusa l'évêché d'Aquila, pour continuer la vie du cloître
et les travaux du ministère apostolique ; profondément touché, le pape n'insista pas davantage
pour l'évêché de Rietti.

Continuant de remplir des charges importantes sous Nicolas V auquel il avait prédit la tiare,
Jean travaillait à la réforme de son ordre ;  disciple de saint Bernardin de Sienne,

Jean de Capistran, visiteur ou vicaire général, s’occupa de la réforme des conventuels et
de l'extension de l'observance, en Italie et en France. « Plus qu'aucun autre il dilata et accrut,
non seulement le premier ordre de Saint-François, mais encore le second et le troisième. »
Il fonda ou réforma un grand nombre de monastères du second ordre, y mettant en vigueur
la première règle de sainte Claire. Il propagea le tiers-ordre qu’il défendit par le Defensorium
tertii ordinis a sancto Francisco instituti. Il fut envoyé en Allemagne où il fut chargé d'étendre
et de gouverner l'Ordre.

L’empereur Frédéric III et son frère Albert, duc d'Autriche, demandèrent Jean de Capistran
à Nicolas V, pour combattre les hussites et rétablir la concorde parmi les princes allemands.

L’ambassade, conduite par Æneas Sylvius Piccolomini, futur Pie II, eut un plein succès.
Jean de Capistran, nonce apostolique et inquisiteur, choisit douze compagnons,
les fit pèleriner à Assise et, à pied, ils gagnèrent l’Allemagne dans le recueillement,
un âne portant leurs bagages. Près de Trévise, comme le batelier leur refusait le passage
du Siliano parce qu'ils n'avaient pas d'argent, Jean étendit sur le fleuve le manteau de saint Bernardin :
les eaux se divisèrent pour laisser passer les religieux, puis se rejoignirent. On leur fit
un triomphe en Lombardie ; en Allemagne, des villes entières se portèrent à leur rencontre,
recevant Jean comme l'envoyé de Dieu. Après quelques jours à Neustadt, près de la cour,
il partit pour Vienne ; Pie II fit ce portrait : « Il était petit de taille, avancé en âge (65 ans),
desséché, amaigri, épuisé, n'ayant que la peau et les os, et néanmoins toujours gai et infatigable
au travail. Il prêchait tous les jours, traitait les questions les plus profondes, plaisait aux simples
comme aux savants ; il avait journellement vingt et trente mille auditeurs ; il prêchait en latin
et un interprète traduisait son discours. »

Jean prêcha en Carinthie, en Styrie, en Autriche, en Bohême, en Moravie, en Silésie,
en Bavière, en Thuringe, en Saxe, en Franconie, en Pologne, en Transylvanie, en Moldavie,
en Valachie et dans d'autres provinces, accomplissant des prodiges, des guérisons et
quelques résurrections. Dans toutes les villes où il prêchait, il faisait apporter les tableaux
obscènes, les cartes, les dés, les faux cheveux ou autres vaines parures, et les livrait aux flammes,
en présence de la foule. Cette exécution solennelle, l'Incendie du château du diable,
introduite par saint Bernardin, était continuée par tous ses disciples. Un prêtre envieux
qui s'était avisé de blâmer Jean, mourut la nuit suivante. Jean de Capistran envoya plusieurs
de ses religieux en Prusse et en d'autres provinces où il ne pouvait aller lui-même ;
de toutes parts ou réclamait sa présence, on faisait appel à ses conseils.

Après la prise de Constantinople[9], les Turcs menaçaient la Hongrie. A la diète de Neustadt
(2 février 1455) Jean fit approuver une croisade que la mort de Nicolas V ajourna d’un an ;
Calixte III invita les princes chrétiens à prendre les armes. Jean entra triomphalement en Hongrie ;
au milieu de 1455, à la diète de Bude, il dissipa toutes les hésitations et enthousiasma
tous les cœurs puis il prêcha en Hongrie pour la croisade dont Jean Corvin Hunyade[10]
fut nommé généralissime. Le 14 février 1456, à Bude, Jean reçut la croix des mains
du cardinal légat.

Les Turcs, par terre et par mer, s'avançaient vers Belgrade, forteresse de la frontière hongroise,
ceinte des eaux de la Save et du Danube. Jean de Capistran se hâta d'appeler les croisés
sous les armes, fit préparer quelques barques avec des vivres, et, accompagné de quelques
franciscains, avec un petit nombre de croisés, descendit le Danube vers Belgrade.
A Peterwardein, comme il célébrait la messe, tomba du ciel une flèche où étaient écrits
en lettres d'or : « Jean, ne crains pas, poursuis avec assurance ce que tu as commencé,
car par la vertu de mon nom et de la sainte croix tu remporteras la victoire sur les Turcs. »
Il imposa la croix à ceux qui ne l’avaient pas encore, en fit tous les ornements sacerdotaux
et ordonna de fabriquer un étendard où l’on mit la croix et la figure de saint Bernardin.
Entré à Belgrade le 2 juillet, alors fête de la Visitation, il trouva les habitants pleins de joie,
ne redoutant plus l’attaque des Turcs, du moment que Jean de Capistran était dans leurs murs.
Le quatrième jour, la ville fut investie par les infidèles. Déterminé à chercher du secours,
Jean célébra la messe, adressa aux croisés une exhortation pour les animer au courage
et à la résistance. De Peterwardein, il écrivit à Hunyade, retiré dans un de ses châteaux,
pour lui annoncer le grand péril et le supplier de lui venir en aide, pour l'amour de Dieu,
pour l'honneur du nom chrétien, et pour son propre honneur. Hunyade réunit tous les croisés
à Semlin, avec quelques vaisseaux pour forcer le blocus et ravitailler la ville.

Jean écrivit des lettres et députa ses religieux pour inviter les prélats et les barons à venir
conjurer le péril. Les croisés affluèrent près de Jean de Capistran qui ne se donna plus le temps
de manger ni de dormir, tout entier à la rupture du blocus. Debout sur le rivage, tenant en main
l'étendard sacré, il ne cessait d'invoquer le nom de Jésus. Vaincus sur le fleuve, les infidèles
redoublaient leurs efforts par terre : pendant les onze jours qui suivirent la victoire navale,
Jean resta nuit et jour au milieu des croisés.

Les Turcs se décidèrent à donner un assaut général et Jean Hunyade vint pendant la nuit
dire à Capistran : « Mon Père, nous allons infailliblement succomber ! - Ne craignez point,
illustre seigneur, lui répondit Jean de Capistran, Dieu est puissant ; il peut avec des faibles
instruments briser la force des Turcs, défendre la ville et confondre nos ennemis.

Et comme Hunyade répliquait qu'il considérait la citadelle comme perdue : Ne craignez point,
lui dit Jean de Capistran, la citadelle sera à nous, nous défendons la cause de Dieu et le nom
 du Christ, je suis certain que Dieu fera triompher sa cause. »

Il choisit quatre mille croisés parmi les plus forts, les plus courageux et les plus fidèles,
les conduisit dans la citadelle où il leur ordonna d'invoquer le nom de Jésus.

Pendant la soirée et la nuit, on résista : les Turcs prirent la première enceinte ; un combat
 acharné s'engagea près du pont-levis de la seconde enceinte. Les croisés jetèrent des
broussailles enflammées sur les assaillants qui se retirèrent en criant : « Retirons-nous,
car le Dieu des chrétiens combat pour eux. » Au jour, on vit dans les fossés de nombreux
cadavres turcs, alors que seulement soixante chrétiens étaient morts. Quelques jours plus
tard, précédé de son étendard, Jean de Capistran sortit de la ville pour un nouveau combat ;
les chrétiens acclamaient le nom de Jésus en lançant leurs flèches et les infidèles terrifiés
 étaient renversés de leurs chevaux ou prenaient la fuite. La formidable armée du Croissant
fut taillée en pièces et laissa, dit-on, quarante mille morts sur le terrain ;

Mahomet II lui-même, qui se faisait appeler la terreur de l’univers, blessé d’une flèche, fut obligé de fuir
(14 juillet 1456).

A l'annonce de cette victoire, le pape Calixte III institua la fête de la Transfiguration.

Quelques semaines plus tard, Hunyade mourait entre les bras de Jean de Capistran qui,
brisé par l'âge et les fatigues, dévoré par une fièvre continuelle, voyait avec calme approcher
la mort ; au couvent de Vilak, près de Sirmium il reçut les derniers sacrements avec abondance
de larmes, puis, étendu sur la terre nue, il s'endormit paisiblement dans le Seigneur, âgé de
soixante et onze ans (23 octobre 1456).

Le corps de Jean de Capistran fut enseveli dans l'église du couvent de Vilak où les peuples
vinrent en foule vénérer son tombeau, obtenant par son intercession d'innombrables guérisons
et plusieurs résurrections. Les Turcs s'étant emparés de Belgrade (1521), prirent le château
fort de Vilak et ruinèrent le couvent des franciscains. On ne sut plus dès lors ce qu'était
devenue la précieuse dépouille de Jean de Capistran que d’anciennes archives franciscaines
de Bulgarie, découvertes en 1874, disent avoir été vendue par les Turcs à un riche seigneur
qui la donna à une communauté de basiliens schismatiques. D'après cette version, le corps du saint,
 préservé de toute corruption et revêtu de l'habit franciscain, se trouverait à Bistriz en Roumanie.

Des Vies de saint Jean de Capistran furent écrites par trois de ses disciples : Christophe de Varèse,
Jérôme d’Uldine et Nicolas de Fara. Dès 1515, Léon X permit à la ville de Capistran
et à tout le diocèse de Sulmone de célébrer, avec une messe et un office solennels,
la fête de Jean qu'on appelait « le champion du saint Nom de Jésus, le chef des armées
catholiques contre les infidèles. » Grégoire XV étendit cette permission à toutes les familles franciscaines. Cependant, malgré les nombreux miracles et les nombreuses requêtes, son procès de canonisation
ne commença qu’en 1662 ; il fut canonisé par Alexandre VII, le 16 octobre 1690, et la bulle de canonisation
fut publiée par Benoît XIII, en 1724. Son office a été étendu à l'Eglise universelle par Léon XIII (1885).
Sa fête était célébrée le 23 octobre, jour anniversaire de sa mort, jusqu’à Léon XIII qui la fixa au 28 mars,
mais comme les pays qui lui étaient les plus dévots avaient obtenu de garder le 23 octobre, 
Paul VI la rétablit pour tous à cette date.

 

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 19:41

CONFÉRENCE DE LA FAMILLE FRANCISCAINE


LETTRE A L’OCCASION DU HUITIEME CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE SAINTE ELISABETH,
PRINCESSE DE HONGRIE, LANDGRAVE DE THURINGE, PENITENTE FRANCISCAINE

A toutes les soeurs et frères de la famille franciscaine et de manière particulière à toutes les soeurs et les frères  du Tiers Ordre Régulier  et de l’Ordre Franciscain Séculier que la miséricorde de Dieu comble vos coeurs.


1. VIII Centenaire, 1207 – 2007

En l’année 2007, nous célébrerons le VIII Centenaire de la naissance de sainte Elisabeth, princesse de Hongrie, landgrave de Thuringe et pénitente franciscaine. Cette année jubilaire s’ouvrira le 17 novembre 2006, fête de sainte Elisabeth, et s e conclura le même jour en 2007.
Le Tiers Ordre Franciscain l’honore comme Patronne et toute la famille franciscaine la compte parmi ses gloires. Nous voulons profiter de cette occasion pour présenter son exceptionnel témoignage de donation à Dieu Père, à la suite du Christ et dans l’élévation de tout son être en Dieu Amour.
Le Pape Benoît XVI, dans l’encyclique programme de son pontificat Deus caritas est, nous a rappelé quel est l’option fondamentale du chrétien exprimée par cette parole: Nous avons cru à l’amour de Dieu. Nous souhaitons que notre foi soit fortifiée dans la rencontre jubilaire avec sainte Elisabeth qui croyait profondément à cet amour.
Dans la vie de sainte Elisabeth se sont manifestées des attitudes qui respectent littéralement l’Evangile de Jésus Christ: la reconnaisse de l’absolue seigneurie de Dieu; l’exigence de se dépouiller de tout et de se faire petits comme des enfants pour entrer dans le royaume du Père; la pratique, jusque dans ses conséquences extrêmes, du commandement nouveau de l’amour.
S’oubliant elle-même jusqu’à se rendre proche de tous les nécessiteux, elle a découvert la présence de Jésus dans les pauvres, dans les marginaux de la société, dans les affamés et dans les malades (Mt 25). Elle a prodigué toute l’énergie de sa vie à vivre la miséricorde de Dieu Amour et à la rendre présente au milieu des pauvres.
Elisabeth a cherché à suivre le Christ radicalement, lui qui, de riche qu’il était, s’est fait pauvre, selon l’authentique style de vie de François. Elle a refusé les apparences et les ambitions du monde, le faste de la cour, les commodités, les richesses et les habits de luxe. Elle quitte son château, et dresse sa tente au milieu des marginaux, des blessés de la vie, pour les servir. Elle est la première sainte franciscaine canonisée, forgée au creuset évangélique de François.
L’anniversaire que nous célébrons se perd certainement dans la brume d’un passé lointain, enveloppé de légende, mais nous sommes convaincus que, si en cette année jubilaire nous vivons une rencontre avec la sainte et son oeuvre, au delà de la légende, nous en sortirons enrichis dans notre être et dans notre agir.


2. Légende et vie de sainte Elisabeth

Sa vie a été tissée de légendes, fruit de la vénération, de l’admiration et de l’imagination qui mettent en évidence des aspects importants de sa personnalité. Ce qui nous intéresse par-dessus tout, c’est l’histoire qui se cache derrière la légende. Nous désirons connaître sa personnalité, sa sainteté unique qui provoque. Les légendes qui entourent sa personne, sont les couleurs vives de son image, sont des métaphores des faits; nous ne pouvons certainement pas les mettre de côté.

Qui fut Elisabeth? Une princesse hongroise née en 1207, fille du roi André II et de Gertrude de Andechs – Merano. Selon la tradition hongroise elle naquit au château de Sàrospatak, un des préférés de la famille royale, situé dans la partie septentrionale de la Hongrie. La tradition indique la date du 7 juillet. Seule l’année est sûre.
Selon les usages de la société médiévale, Elisabeth fut promise en mariage à un prince allemand de la Thuringe. A quatre ans (1211) elle fut confiée à la délégation allemande qui vint l’accueillir à Presburg, la partie la plus occidentale, en ce temps-là, du royaume de Hongrie.
Elle fut éduquée à la cour de Thuringe, ensemble avec les autres enfants de la famille princière et donc avec celui qui deviendra son époux, comme c’était alors l’usage. A quatorze ans elle épousa Louis IV, landgrave ou prince, de la Thuringe. Ils eurent trois enfants. Elle resta veuve à vingt ans. Elle mourut à vingt quatre ans, en 1231. Elle fut canonisée par Grégoire IX en 1235. Un  record de vie intense et de sacrifices, pour accéder à la sainteté la plus élevée et être proposée comme exemple impérissable d’abnégation et de don.
C’est un malentendu enraciné dans le peuple chrétien, dû aux légendes et biographies populaires peu rigoureuses, selon lequel Elisabeth fut reine de Hongrie. De fait, elle ne fut jamais reine ni de Hongrie ni de Thuringe, mais princesse de Hongrie et landgrave de Thuringe, en Allemagne. Traditionnellement Elisabeth est représentée avec une couronne non de reine, mais de princesse ou landgrave.


3. Epouse et mère

Les compagnes et servantes d’Elisabeth nous racontent que son pèlerinage vers Dieu a commencé quand elle était encore petit enfant: dès ses premières années, ses jeux, ses rêves, ses prières, sont orientés vers plus haut.
En 1221, à quatorze ans, elle épousa le landgrave Louis IV de Thuringe. Louis et Elisabeth ont grandi ensemble, se respectant comme frères et soeurs. Les noces furent célébrées dans l’église saint Georges à Eisenach.
Jusqu’en 1227, Elisabeth fut une épouse, une mère et une landgrave de Thuringe exemplaire, une des dames de la plus haute noblesse de l’empire.
Les liens du mariage entre eux deux ne furent pas, comme c’était de coutume à l’époque, seulement signés pour des raisons politiques ou de convenance, mais étaient empreintes d’un authentique amour conjugal et fraternel.
Mariée, Elisabeth consacrait beaucoup de temps à la prière qui se prolongeait jusque tard dans la nuit, dans sa propre chambre de mariée. Elle savait qu’elle devait se dédier entièrement à Louis, mais elle avait déjà senti l’appel de l’«autre époux»: “Suis-moi”.

De cet amour à deux versants jaillissait une joie profonde et une pleine satisfaction, et non le conflit d’une division intérieure. Dieu était la valeur suprême et inconditionnelle qui alimentait tous les autres amours: l’amour envers l’époux, envers les fils, envers les pauvres.
Le miracle des roses, raconté par la légende, ne rend pas pleinement raison à ces relations conjugales. Quand Elisabeth fut surprise par son époux, le tablier plein de pain, elle n’avait aucun motif de cacher son geste à son mari. Il n’y avait pas non plus de motif à ce que ces pains deviennent des roses. Dieu n’accomplit pas de miracles inutiles.
Elisabeth avait trois enfants: Erman, héritier au trône, Sophie et Gertrude; cette dernière naquit quand son mari était déjà mort (1227), victime de la peste, comme croisé en partance pour la Terre Sainte. Elle avait seulement vingt ans.
Quand mourut son époux, mourut aussi la princesse, et se révéla la soeur pénitente. Les biographes discutent si elle fut expulsée du château de Wartburg ou si elle en est partie d’elle-même. La réponse à sa solitude et à son abandon fut le chant d’action de grâce qu’elle fit exécuter dans la chapelle des Franciscains, le chant du Te Deum.


4. Elisabeth pénitente franciscaine

Elisabeth de Hongrie est la figure féminine qui incarne le plus authentiquement l’esprit de la pénitence de François. On a discuté si elle fut ou non tertiaire franciscaine. Nous devons préciser qu’au temps d’Elisabeth on n’utilisait pas encore le terme de tertiaire. Mais il y avait de nombreux pénitents; de nombreux hommes et femmes du peuple suivaient la vie de pénitence indiquée par saint François et diffusée par ses frères.
Les frères mineurs étaient arrivés à Eisenach, la capitale de la Thuringe, à la fin de 1224, ou au début de 1225. Au château de Wartburg résidait la cour du grand duc, présidée par Louis et Elisabeth.
La prédication des frères mineurs au peuple, apprise de François d’Assise, consistait dans l’exhortation à vivre une vie de pénitence, c’est à dire à abandonner la vie mondaine, à pratiquer la prière, la mortification, et à s’exercer aux œuvres de miséricorde. Ce style de vie, François le décrit dans la «Lettre à tous les fidèles».
Frère Roger introduisit Elisabeth, déjà prédisposée aux valeurs de l’esprit, à la vie de pénitence. Les témoignages concernant sa vie franciscaine sont inégalables:

On découvre qu’Elisabeth a donné aux frères franciscains une chapelle à Eisenach.
Elle filait la laine pour le froc des frères mineurs.
Quand elle fut expulsée de son château, seule et abandonnée, elle fit chanter aux Franciscains le Te Deum en reconnaissance à Dieu.
Le Vendredi Saint 24 mars 1228, elle posa les mains sur l’autel dépouillé, et émis la profession publique dans la chapelle franciscaine. Elle revêtit l’habit gris de pénitente comme signe extérieur.
Les quatre servantes, interrogées au procès de canonisation, revêtirent elles aussi l’habit gris. Cette « vile tunique », avec laquelle Elisabeth a voulu être enterrée, signifiait que la profession religieuse leur avait conféré une nouvelle identité.
Elle mit l’hôpital de Marburg (1229) sous la protection de saint François, canonisé peu de mois auparavant.
L’auteur anonyme de Zwettl (1236) affirme qu’elle “portait l’habit gris des frères mineurs”.

L’engagement, le soin apporté par Elisabeth à vivre la pauvreté, à faire don de tout, et à se livrer à la mendicité, est ce que ce n’étaient pas des qualités que François recommandait à ses disciples ?
Ces témoignages sont corroborés par d’autres sources qui illustrent la vie de pénitence d’Elisabeth, comme les règles et autres documents franciscains; le Memoriale Propositi ou règle antique des pénitents; les analogies et conformités entre Elisabeth et François.


5. Les deux professions d’Elisabeth

Dans les sources biographiques, nous rencontrons deux professions d’Elisabeth et deux modes de l’émettre en usage alors. Par la première profession, elle était entrée dans l’Ordre de la Pénitence quand son mari vivait encore. Mettant les mains dans celles du visiteur Conrad de Marburg, elle promis obéissance et continence. Conrad était un prédicateur de la croisade, pauvre et austère, probablement prêtre séculier. Elisabeth, avec le consentement de Louis, le choisit précisément parce qu’il était pauvre. Les visiteurs ne devaient pas nécessairement être Franciscains. Saint François, dans la Règle non bullée (1221), prescrivait «qu’en aucun cas une femme peut se mettre sous l’obéissance d’un frère ; elle peut recevoir de lui un conseil spirituel, mais ensuite qu’elle mène une vie de pénitence là où elle voudra » (Chap. XII).
Trois des servantes ou compagnes ont également fait profession avec Elisabeth; elles formèrent une petite fraternité de prière et de vie ascétique sous la conduite du supérieur – visiteur Conrad. Celles-ci l’accompagneront après la mort du mari dans l’expulsion du château, vers le monde des pauvres. Elles furent son réconfort dans les heures amères de la solitude et de l’abandon.
Unies à elle, elles émirent une seconde profession publique, le Vendredi Saint 1228, en arrivant ainsi à former une fraternité religieuse. Ses servantes revêtiront comme elle l’habit gris et s’engageront dans le même propos de répandre la miséricorde de Dieu; mangeant et travaillant ensemble, elles sortaient ensemble visiter les maisons des pauvres et elle leur prescrivait de pourvoir aux aliments à distribuer aux besogneux.
Il s’agissait d’une vraie vie religieuse pour femmes professes, sans clôture stricte et vouées  à un engagement social: un service aux pauvres, aux marginaux, aux malades et aux pèlerins ...C’était une forme de vie consacrée dans le monde.
Mais l’approbation canonique d’un tel style de vie communautaire féminin, sans clôture stricte, devait attendre des siècles pour être reconnu par l’Eglise. La vie dans un monastère était alors l’unique forme canonique admise par l’Eglise pour les communautés religieuses de femmes.

Elisabeth, sans doute, savait coordonner les deux dimensions de la vie, de l’intimité avec Dieu et du service actif aux pauvres: «Mariam induit, Martham non exuit», se revêtant de Marie sans se dévêtir de Marthe.
Aujourd’hui on compte environ 400 Congrégations féminines TOR, avec environ cent mille religieuses professes, qui suivent les traces d’Elisabeth dans la vie active et contemplative, et peuvent se considérer ses héritières.


6. Princesse et pénitente miséricordieuse.

La brève vie d’Elisabeth est riche d’amoureux service, de joie et de souffrance. Sa grande générosité et la proximité avec les marginaux suscitaient le scandale à la cour de Wartburg; cela ne cadrait pas bien dans le contexte. Beaucoup de vassaux la considéraient comme une folle. En cela elle a rencontré une de ses grandes croix: crucifiée entre la société à laquelle elle appartenait et le monde de ceux qui ne connaissaient pas la miséricorde.
Dans le plein exercice de son autorité, quand elle était encore princesse, avec l’approbation de son époux, elle dut affronter l’émergence d’une disette générale qui jeta le pays dans la famine. Elle n’hésita pas à vider les grains du comtat pour secourir les nécessiteux. Elisabeth servait personnellement les faibles, les pauvres et les malades. Elle prenait soin des lépreux, rebut de la société, comme François.
Jour après jour, heure après heure, pauvre avec les pauvres, elle vivait et exerçait la miséricorde de Dieu dans le flot de souffrance et de misère qui l’entourait.
Dans les malheureux Elisabeth voyait la personne du Christ (Mt 25,40). Cela lui donnait la force de vaincre la répugnance naturelle, jusqu’à arriver à embrasser les plaies purulentes des lépreux.
Dans ses oeuvres d’assistance, Elisabeth n’employait pas seulement le cœur, mais aussi l’intelligence. Elle savait que la charité institutionnalisée est plus efficace et durable. Quand son mari était encore en vie, elle contribua à la fondation des hôpitaux d’Eisenach et Gotha. Puis elle fonda celui de Marburg, l’oeuvre favorite de son veuvage. Pour en prendre soin, elle institua une fraternité avec ses amies et servantes.
Elle travaillait de ses propres mains: en cuisine préparant les pâtes; dans le service aux indigents hospitalisés; elle lavait les plaies, et éloignait les servantes quand celles-ci voulaient l’en empêcher. Elle apprit à filer la laine et à coudre les vêtements pour les pauvres et pour gagner son pain.


7. Elisabeth contemplative et sainte

La sainteté se présente dans l’histoire de l’Eglise comme folie, la folie de la croix. Et celle d’Elisabeth est une splendide folie. Dans sa vie, la vertu de la charité brille d’une singulière splendeur. Sa personne est un chant à l’amour, composé de service et d’abnégation, voué à semer le bien.
Elle se proposa de vivre l’Evangile de manière simple, «sine glossa» dirait François, sous tous les aspects, spirituels et matériels. Elle n’a laissé aucun écrit, mais de nombreux passages de sa vie ne peuvent se comprendre qu’à partir d’une compréhension littérale de l’Evangile. Elle avait traduit dans la réalité le programme de vie proposé par Jésus dans l’Evangile:
Celui qui veut sauver sa vie, la perdra; et qui la perdra pour moi et pour l’Evangile, la sauvera (Lc 17,33; Mc 8,35).
Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, prenne sa croix et me suive (Mc 8,34-35).
Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et suis-moi (Mt 19, 21).
Qui aime son père, sa mère et ses enfants plus que moi, n’est pas digne de moi (Mt 10,37).
L’ardente force intérieure d’Elisabeth jaillissait de sa relation avec Dieu. Sa prière était intense, continuelle, parfois elle était ravie en extases. La consolation constante de la présence du Seigneur était la source de sa force, de sa joie, et de son implication auprès des pauvres. Mais également la rencontre de Jésus Christ dans les pauvres suscitait sa foi et sa prière.
Son pèlerinage vers Dieu est caractérisé par des gestes résolus de détachement intérieur jusqu’à arriver à un total dépouillement comme le Christ sur la croix. Au terme de la vie elle ne possédait plus en propre que la pauvre tunique grise de pénitence qu’elle voulait conserver comme signe et habit funèbre.
Elisabeth irradiait de joie et de sérénité. Au plus profond de son âme régnait la paix. Elle vécut réellement la joie parfaite enseignée par François, dans la tribulation, la solitude et la douleur. «Nous devons rendre les personnes heureuses» disait-elle à ses servantes, ses soeurs.

 

 

8. Conclusion

Elisabeth a traversé cette vie comme un météore resplendissant et porteur d’espérance. Elle fit resplendir la lumière dans le cœur de tant d’âmes. Elle porta la joie aux cœurs affligés. Personne ne pourra compter les larmes qu’elle essuya, les blessures qu’elle pansa, l’amour qu’elle sut révéler.
Sa sainteté fut une nouveauté riche de nuances et d’éminentes vertus. Désormais ce n’étaient plus seulement aux martyres et aux vierges à être élevées aux honneurs des autels, mais aussi aux épouses, aux mères et aux veuves.
Elisabeth parcourut le chemin de l’amour chrétien comme séculière, en sa qualité d’épouse et de mère. Mais après la seconde profession, elle fut une femme totalement consacrée à Dieu et au soulagement de la misère humaine.
Le Tiers Ordre de saint François, tant Régulier que Séculier, se propose de raviver la mémoire de leur sainte Patronne à l’occasion du huitième centenaire de sa naissance et désire la proposer comme lumière et modèle de l’engagement évangélique. La famille franciscaine veut honorer la première femme qui atteignit la sainteté en suivant le Christ, selon la «forma vitae» de François.
Si nous faisons mémoire de sa naissance, de sa personnalité singulière et de sa sensibilité, c’est pour qu’à travers la connaissance et l’admiration, nous aussi nous devenions des instruments de paix et apprenions à verser un peu de baume sur les plaies des marginaux de notre temps, à rendre humain notre milieu et essuyer quelques larmes. Répandons la bonté du coeur là où, aux yeux humains, il semble que la miséricorde du Père manque. Que l’engagement professé par Elisabeth encourage aussi notre implication. Son exemple et son intercession illumineront notre chemin vers le Père, source de tout amour: le Bien, tout le Bien, le souverain Bien; sérénité et joie.

Rome, 17 novembre 2006
Fête de Sainte Elisabeth

 





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SOURCES PRINCIPALES

1. Conrad de Marburg, Lettres, signalons aussi la Summa Vitae, une synthèse biographique.
2. Dicta quatuor ancillarum [Témoignage des quatre servantes].
3. Césaire de Heisterbach, cistercien, Vita sancte Elysabeth lantgravie [Vie de sainte Elisabeth landgrave], 1236.
4. Anonyme de Zwettl, cistercien, Vita Sanctae Elisabeth, Landgravie Thuringiae [Vie de Sainte Elisabeth Landgrave de Thuringe], 1236.
5. Cronaca de Reinhardsbrun, le monastère bénédictin.
6. Anonyme Franciscain, Vita beate Elisabeth [Vie de la bienheureuse Elisabeth], fin du XIII siècle.
7. Dietrich de Apolda, dominicain, Vita S. Elisabeth [Vie de Sainte Elisabeth], entre 1289 et 1291.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 19:40

Née en Hongrie, elle vit et meurt en Thuringe, en Allemagne. Sa vie est un miracle, une manifestation radicale de l'amour et du souci des pauvres.
 La connaissance que nous en avons est basée sur des documents d'époque, le dossier de canonisation, le témoignage de quelques personnes proches d'Elisabeth et de Louis, son mari.
 Saint François et sainte Claire ont fondé les deux premiers ordres franciscains, (les frères mineurs et les clarisses) le processus de fondation du troisième ordre,"Tiers-ordre " est beaucoup plus complexe. Quoi qu'il en soit Elisabeth s'inscrit au premier rang du mouvement pénitent de son temps dont François et Claire "pénitents d'Assise" sont les figures emblématiques.
 Pendant sa courte vie, c'est sa qualité de vie évangélique et sa proximité des premiers "frères mineurs" en terre germanique qui a relié Elisabeth à François d'Assise.
 Gloire nationale en Allemagne et en Hongrie, Elisabeth est, dans le monde entier, une référence et un modèle, pour d'innombrables groupes religieux.

http://www.sainte-elisabeth.org/

                                                

  A Dieu , je ne veux faire de peine par une mine déconfite .
  Ne préfère t'il pas me voir joyeuse ? je L'aime et Il m'aime !
  Toi seul , Seigneur !  Les biens de ce monde , je les ai aimés , 

  Mais je les considère aujourd'hui comme de la   boue .
  Calomnies, médisance et mépris me sont une joie , je n'aime que Dieu .

  Extraits des écrits de Ste Elisabeth de Hongrie





Extraits des écrits de Ste Elisabeth de Hongrie



                          
   
    
 Princesse de Hongrie, elle est fiancée à l'âge de quatre ans et mariée à quatorze
au landgrave de Thuringe. Ce sera une épouse aimante pour ce mari qu'elle n'a pas choisi, se parant pour lui faire honneur, alors qu'elle n'aime que la simplicité.

      Des franciscains venus d'Allemagne lui font connaître l'esprit de saint François,
et elle se met au service des pauvres et des familles éprouvées par la guerre.

      En 1227, son époux tant aimé meurt au moment de s'embarquer pour la croisade.
Elisabeth se retrouve veuve à 20 ans, enceinte d'un troisième enfant. 
   

Comme on veut la remarier, elle refuse et, pour cette raison, connaît l'injustice
de sa famille qui la chasse avec ses trois enfants et l'héberge dans une porcherie.

   
Son oncle, l'évêque de Bamberg, calme le jeu, et elle peut revêtir l'habit du tiers ordre
 franciscain. La famille ducale se charge des enfants. Elle met alors tous ses revenus
 au service des pauvres et ne garde pour elle qu'une pauvre demeure. Elle leur fait
construire un hôpital. Joyeuse de tout ce qu'elle devait endurer, elle disait : "Je ne veux
pas faire peur à Dieu par une mine sinistre. Ne préfère-t-il pas me voir joyeuse puisque
je l'aime et qu'il m'aime ?"

   Elle meurt à 24 ans, ayant voué sa vie et sa santé à rendre heureux les misérables.





 

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