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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 22:46

jubile2

 

 

 

(voir les autres photos dans l'album "jubilé de diamant" )

 

 

 

Le 8 septembre, nous avons fêté la nativité de la Vierge Marie aussi le jubilé de Diamant (60 ans de vie religieuse) de Sr Marie-Claire du Sacré Cœur. Ces vœux formulés en 1952, elle les renouvelle au cours de l’Eucharistie présidée par notre évêque Mgr Dufour. (photo1 et 2)

Parmi les 80 participants à la messe, étaient présents : les sœurs clarisses de Marseille, de Riez et de Chamalières, les sœurs franciscaines Missionnaires de l’Evangile établies à Rognac et huit prêtres célébrants, ainsi que de nombreux tertiaires (toutes les fraternités du diocèse d’Aix étaient représentées). (photo 3)

Après le verre de l’amitié, les invités furent conviés par Mère Marie-Claire pour le repas partage organisé toujours dans le jardin avec un beau soleil. Les convives apprécièrent de manger autour de notre joyeuse « mère » et de notre dévoué évêque Christophe Dufour. Pour terminer, un grand gâteau d’anniversaire et le « baptême » de Sr Marie-Claire par notre évêque. (photo 4)

Un peu plus tard, on assista dans la chapelle à une projection vidéo réalisée par Sylvia et Serge. « La vie de Mère Marie-Claire » en photos de bébé jusqu’à nos jours explique son appel avec des commentaires drôles et cocasses, et des extraits de lettre de Sainte Claire.

On discute et on finit de ranger tout le matériel. C’est déjà l’heure des Vêpres. Le petit groupe restant auquel se joint, à la joie de tous, Frère Yannick : notre cher Assistant et Rose-Marie Golfetto : notre grande sœur !

Merci à la communauté qui nous a permis de vivre cette journée. (photo 5 et 6)

Fr. Yvon-Ruffin

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 14:50

Chapelle Sainte Croix-juillet-août copie

 

 

Chapelle Sainte Croix

Tous les jeudis en Juillet et Août
18 h 00 : Adoration
18 h 30 : Messe

Tau
Les jeudis 19 juillet ; 26 juillet ; 2 août ; 9 août, la
fraternité franciscaine séculière vous accueille
· à partir de 16 h pour vous présenter une exposition
sur le bienheureux Franz Jägerstätter, laïc, père de
famille, tertiaire franciscain, martyr.
· Pour partager un pique-nique à la suite de la messe

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 21:04

 

Fraternité Sainte Claire

04500 RIEZ

Pour chacune et chacun, un Noël 2011 de proximité.

Que la paix de Noël illumine chaque instant de cette année à venir.

Que l’Enfant de la crèche vous apporte espérance en cette année nouvelle.

«Vivantes pour louer Dieu».

Tel est l’esprit qui anime les clarisses pour fêter le 8ème centenaire de l’arrivée de Claire d’Assise à St Damien.

. le dimanche des Rameaux, jour d’ouverture du jubilé, nous nous sommes permises un peu d’histoire avec

quelques amis.

. le 11 août, à l’eucharistie et à la veillée nous avons repris le thème des 5 sens, chemin de vie vers Dieu, dans

les Ecrits de Claire. Nous apprécions l’explication de Jean-François Godet-Calogéras :

«Claire voit : elle avertit ses soeurs,

«Claire écoute : elle visite ses soeurs,

«Claire touche : elle corrige ses soeurs,

«Claire sent : elle exhorte dans le Seigneur,

«Claire goûte la vie : elle marche avec ses soeurs en familiarité».

Nous restons ravies de la présence et de l’aide apportée par Hubert et nos frères de Marseille avec frère

Stéphane du Caire.

Nous louons Dieu pour l’engagement de Michel dans la famille franciscaine. Son témoignage de vie, son

parcours à la suite de François nous laisse entendre sa liberté d’homme intérieur sur son chemin de conversion

qui devient croissance en vie nouvelle.

Nos rencontres de la région PACA entre soeurs et frères rejoignent l’esprit et le désir de Claire : notre pauvreté

nous conduit à la vérité dans nos relations et à la simplicité dans nos échanges.

Bénédicte

Pèlerinage à Assise.

Entre autres évènements vécus au cours de cette année, 3 d’entre nous ont participé au pèlerinage fédéral à

Assise en mai 2011. Ce séjour aux sources de Claire et de François nous a permis de trouver force et réconfort

dans nos épreuves communautaires. Occasion de confier à nos fondateurs notre fraternité.

Ce pèlerinage commémorait le 8ème centenaire de la fondation de l’Ordre des Clarisses. Il reprenait donc le

thème de ce jubilé «en très haute Pauvreté». Dans les lieux visités : St Rufin, St Damien, la Portioncule, nous

nous sommes questionnées sur notre pauvreté personnelle et communautaire à partir de ce que Claire nous

exprime dans ses écrits.

Pour nous, la journée de désert à l’ermitage des Carceri avait pour thème : «pauvreté-humilité-minorité».

A la basilique St François, ce fut un temps d’action de grâce et de prière silencieuse.

L’objectif de ce pèlerinage était de nous renouveler et d’approfondir notre appel à suivre le Christ Jésus à la

manière de Claire et de François pour aujourd’hui. Cette démarche fédérale a été marquée par la dimension

internationale : 6 nationalités étaient représentées.

Assemblée générale avec Hubert.

Toujours dans le cadre de notre année jubilaire, nous avons voulu marquer plus particulièrement notre

assemblée générale de la maison d’accueil d’une manière franciscaine. Hubert s’est chargé de l’animation à

travers le mime de l’entrée de Ste Claire à la suite de François, le jour des Rameaux. Puis, par petits groupes,

nous avons répondu au jeu des questions relatives à la vie de Claire ; les jeunes ont mimé la scène du loup de

Gubbio. Nous avons terminé cette soirée par le repas de François et Claire en partageant la frangipane, gâteau

préféré de François, fait par «frère» Jacqueline une familière de François.

Rencontre des petites communautés.

Cette année, nous l’avons vécue chez nos soeurs de Vermand (02). Le thème de notre réflexion était la pauvreté

à travers les écrits de Ste Claire, chaque communauté ayant choisi de travailler le Testament, ses lettres et pour

la fraternité de Riez son procès de canonisation. La manière de rendre compte de notre réflexion était laissé à

notre initiative, d’où une expression riche et variée. Pour la veillée, nous devions choisir la vie d’une sainte

clarisse de nos diverses régions : Isabelle de Savoie (pour nos soeurs de la Grant-Part en Suisse), Joséphine de

Valenciennes (pour nos soeurs de Vermand) et Anne-Marie Antigo (pour nous-mêmes). La retransmission de

ces trois vies fut haute en couleurs et cela nous a permis de voir que la vie des clarisses dans les siècles passées

n’était pas plus paisible qu’aujourd’hui. Cela permet de relativiser nos propres difficultés.

Nicolle

«Musique et chants s’embrassent et la colline s’embrase».

Dans la fraternité nous aimons chanter et nous chantons, la liturgie est enchantée par la musique.

Tous les offices sont chantés et accompagnés à la cithare, le chant ouvre les coeurs à l’humain, et aide à la prière.

Etre là et chanter, ou être là et écouter chanter ! Les jours de fête, nous jouons de la musique pour que la

liturgie soit festive et plus vivante pour louer, ce qui enchante les participants de nos célébrations. Ainsi il nous

est possible d’entendre : cithares, mandoline, flûtes, guitare, c’est que nous avons de bons professeurs !

Occasion d’être ouvertes sur l’extérieur. Joie partagée avec nos amis et voisins :

. En juin, fête de la musique à St Maxime.

Rémi, professeur de Françoise, invite tous ses élèves à venir jouer de leur instrument à la chapelle et sur

l’esplanade. Il y a de vrais talents et chacun et chacune est heureux d’entendre cette audition du plus jeune aux

ainés et ces expressions musicales diversifiées.

. En Juillet, sous la direction de Maguy, notre professeure de cithare, Nicole et Cécile Amata sont allées

accompagner d’autres musiciens pour jouer et chanter à l’ordination diaconale d’Alain (élève cithariste). 11

cithares dans l’Eglise Notre-Dame «ce fut divin !». Heureuses d’être témoins de l’engagement et d’avoir donné

notre note à l’embellissement de cette touchante célébration étant tous élèves de Maguy.

. En Novembre, à la Ste Cécile, sont invités à la chapelle celles et ceux qui souhaitent jouer de la musique ou

chanter. Cette fois, de nouveaux instruments, de nouvelles personnes et toute une famille. Encore du bonheur

partagé. Sous l’animation d’Anne, notre professeure de chant, accompagnée de Stéphane et Rémi, l’ après-midi

récréative se termine par un canon composé par Anne, chanté par les soeurs et interprété par tous les

musiciens.

«Bravo à tous et merci ! Oui vraiment musique et chants s’embrassent sur la colline». Cécile Amata

Vivantes rencontres sur la colline au sein du diocèse.

. 30 Juin : bonne humeur et lumière vibraient au coeur de cette journée ensoleillée en partageant le repas avec

l’association «Chemin d’espoir» dont nous sommes les marraines spirituelles depuis plusieurs années. Créée par

Mgr Pontier : des bénévoles partagent des moments de vie avec des personnes souffrant de handicaps. A l’issu

du repas, après des moments de jeux, d’histoires et de chants, nous promettons de nous retrouver l’an prochain.

Merci à chacun des membres de la joie communicative ainsi que du message de simplicité et de gratuité que

vous nous laissez. Avant de nous quitter, nous avons chanté tous ensemble l’office de Milieu du Jour.

. La visite régulière du Père Savornin (responsable diocésain des moniales et ermites) nous est réconfortante,

particulièrement pour notre soeur Annonciata, heureuse et rayonnante lors de ces rencontres. Merci au Père

Savornin de son dévouement auprès de la fraternité.

. Surprise : Bernard Mourou, le nouveau pasteur de l’Eglise réformée de la région, nous propose de venir pour

faire connaissance. Moment chaleureux et convivial, au bout duquel nous nous entendons en vue de préparer

ensemble une soirée oecuménique (qui aura lieu à la chapelle St Maxime, le 20 janvier à 18h. Ce soir-là les

Vêpres seront à 17h au lieu de 17h30).

. Le père Loizeau, ne pouvant venir à la date proposée, nous suggère le 6 décembre : aubaine pour notre soeur

aînée. Ce jour est celui de son anniversaire : 91 ans ! Eucharistie, repas festif, téléphones viendront combler

notre doyenne. Ces évènements ne sont pas oubliés même si parfois, dans sa mémoire, les dates, les jours, les

mois se mélangent. Annonciata aime se promener sous l’oeil attentif de ses soeurs qui veillent chaque jour à son

bien-être.

Françoise Annonciata

Deux de nos soeurs nous ont quittées en mai après le décès de notre abbesse du monastère de Toulouse, en

mars. Ce changement nous invite à redéfinir et à ajuster vie contemplative et vie fraternelle. Nous nous laissons

aider pour vivre notre situation actuelle. Nous remercions tout particulièrement pour l’entraide apportée par les

habitants de Riez et du secteur, nos familles et nos amis.

Vos soeurs de Riez

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 22:03

 

 

Michèle Schuster

Maison Saint Joseph

06380 Sospel

 

 

Sospel, le 20 novembre 2011,

Fête du Christ Roi +

 

 

 

 

MIR

 

 

 

Chers amis et bienfaiteurs,

 

 

 

Au cours de l’hiver dernier vous avez généreusement soutenu l’Association MIR dans sa mission auprès des plus démunis à Nice en répondant à l’appel au secours lancé par le Père Patrick Bruzzone, notamment dans le magazine Famille Chrétienne. Le témoignage de votre amitié nous a permis de faire face à nos grandes difficultés d’alors et nous voulions vous redire notre profonde gratitude. Nous souhaitions également par ces lignes vous partager le beau chemin que nous vivons dans la maison de Sospel.

Dans l’arrière-pays niçois, l’Association MIR s’est investie depuis près de 20 ans à accueillir et à réconforter des hommes fuyant pour la plupart leur désespoir dans une vie d’errance et de dépendance. Nous avons pu offrir avec le soutien financier de l’Etat une amélioration des conditions de vie des personnes qui sollicitaient notre aide (par rapport à la vie dans la rue) et poser quelques bases pour leur reconstruction future (droits sociaux, logement et recherche de travail). Nous faisions hélas le constat de l’insuffisance de cette réponse, trop orientée vers des besoins matériels, alors que le cœur de ces hommes aspire profondément à un autre secours.

Encouragés par vos nombreux mots de soutien et vos témoignages d’amitié, accompagnés par l’Eglise, nous avons discerné l’appel à nous tourner vers la Providence et à nous y abandonner pour que cette maison puisse devenir entre les mains de Celui qui peut tout, un lieu de résurrection et de vie.

Nous avons donc la joie de vous faire part de la naissance de la Maison Saint-Joseph, reconnue Association Privée de Fidèles de droit diocésain, dans laquelle nous nous attachons à vivre selon l’Evangile, dans une vie d’amour fraternel, de travail (au cœur d’une belle oliveraie et d’un vaste potager) et de prière. Nous remercions profondément le Père Patrick, l’Association MIR et le diocèse de Nice qui permettent aujourd’hui ce nouveau chemin.

Nous dépendons désormais entièrement de la générosité de nos amis et bienfaiteurs. Aussi nous nous tournons vers vous pour nous soutenir et permettre le secours des hommes que nous servons. «Dieu aime qui donne avec joie » (2 Cor 9:7), et nous savons devoir compter sur votre amitié et vos prières pour porter du fruit. Soyez fraternellement assurés des nôtres, particulièrement en ce temps qui nous prépare à la joie de la Nativité.

Belle et sainte montée vers Noël,

Michèle, Jean-Marie et Sébastien

 

Vos donspeuvent être envoyés à l'adresse suivante:

Association « Maison Saint-Joseph » - Quartier Berrins - 06380 Sospel

La réduction d’impôt est de 66%  dans la limite de 20% du revenu imposable. Un reçu fiscal vous sera adressé. Contact : micheleschus@gmail.com

Michèle Schuster

Maison Saint Joseph

06380 Sospel

 

 

Sospel, le 20 novembre 2011,

Fête du Christ Roi +

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 22:39

Rencontre de la fraternité «  Frère Pacifique des Etoiles » de Digne , avec nos frères Orthodoxes à Manosque .

Dimanche 27 Février 2011 .

 

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Après plusieurs contacts avec les Orthodoxes du «  Monastère de la Dormition de La Mère de Dieu » à La Faurie ,dans les Hautes Alpes , nous avons été invités à leur rendre visite, à leur monastère, dans un échange œcuménique entre notre vie séculière Franciscaine et leur vie monastique Orthodoxe ! et ,nous montrer, aussi , les fresques qu’ils sont entrain de peindre ,dans leur nouvelle église .

 

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Pour mettre sur pied cette visite , Michel , par l’intermédiaire des visites aux soins palliatifs, à la chance de rencontrer Henri , frère Orthodoxe de Manosque , avec lequel, il convient d’un rendez vous  pour partager leur liturgie dominicale ,dans leur chapelle à Manosque . La fraternité est donc venue à leur messe ,dans une chapelle de toute beauté . Sans comprendre les détails de leurs liturgie , il apparaît que le culte des icônes est très grand et revêt un caractère sacré de vénération .La liturgie est presque entièrement chantée et essentiellement composée de textes bibliques . L’office dominical concernant le Pain et le Vin est identique au nôtre ! et ce qui nous a interpellé ; leur « Credo » dit :  «  Nous croyons à l’Eglise ,une ,sainte et Catholique » !

Après la cérémonie ,le prêtre a invité les fidèles à partager des agapes apportées par tous  dans une pièce attenante .

Ce temps ensemble nous a permis d’un peu mieux nous connaître et assurément à se revoir ! ce qui est programmé pour le week-end du 4 et 5 Juin à leur monastère de La Faurie !

Vraisemblablement au cours d’une «  rencontre dominicale» à St Maxime à Riez ,une invitation est lancée à un frère de cette communauté ,pour le dimanche qui suit la St François afin de partager l’  «  Engagement de Michel » !!

Nous sommes heureux de cette démarche œcuménique ,malgré certaines difficultés ,qui restent en souffrance !

 

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La fraternité « Frère Pacifique des Etoiles »

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:48

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Mot d’accueil à deux voix

 

Fr. Yannick

 

Jubilons ! Et soyons dans la joie ce soir car nous avons vraiment des motifs de nous réjouir ce soir, avec tous les saints de la famille franciscaine, ceux qui sont au Ciel, et ceux qui sont encore sur la terre. Réjouissons-nous d’abord pour ce que le Seigneur a fait, fait et fera dans la vie de nos frères Jacques et Pierre, et de nos frères Batitte et Jean-Paul.

 

Je souhaite en ce début de célébration présenter les concélébrants à ceux qui parmi vous ne connaîtraient pas l’un ou l’autre.

 

Le père Michel Roux nous a fait l’amitié fraternelle de présider cette célébration. Il est curé des Paroisses Saint-François d’Assise et Saint-Antoine de Padoue. Autant dire qu’il est ici en famille ! Il est aussi le délégué épiscopal au Conseil diocésain de la vie consacrée. C’est donc un double motif de joie de l’avoir parmi nous ce soir !

 

Le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, est le curé de la paroisse Saint-Vincent de Paul, couramment appelée ‘Les Réformés’. Il est aussi le responsable du secteur pastoral du Vieux Port auquel appartient notre paroisse, et par sa spiritualité, il est aussi chez lui ce soir parmi nous.

 

Le père Pierre Brunet est le curé de la paroisse de Saint-Barnabé, Saint-Augustin et Sainte-Anne des Caillols, il est également vicaire épiscopal, et a beaucoup d’autres charges notamment dans le discernement vocationnel, et auprès des jeunes en général ; mais il est surtout, pour nous, celui qui a eu la charge pastorale de cette paroisse avant notre arrivée, dans des moments pas très faciles, et qui nous a si fraternellement accueillis à Marseille. Pierre, tu es toujours chez toi ici.

 

Le frère X, est un de nos frères, ou tout comme ... un cousin fraternel comme le disait Edmond Rostand : il est frère dominicain et nous avons en commun les mêmes pères saint Dominique et saint François : il est aussi en famille ce soir.

 

Enfin, je ne vous présente par Jacques, qu’Anne va nous présenter tout à l’heure, ni les frères que vous connaissez tous !

 

Rose-Marie

 

Ce soir nous avons plusieurs raisons de rendre grâce :

 

D’abord parce que deux frères : Jacques Marvaldi, prêtre

                                                    Pierre Lebossé, marié à Marie-Rose

 

Ont demandé à entrer l’Ordre Franciscain Séculier.

 

Rendons grâce pour ces deux frères qui ont fait le choix d’un pas de plus dans la Confiance pour vivre et approfondir leur foi, grandir dans le partage, apprendre à se laisser déposséder au bénéfice de l’Esprit, accompagnés des frères et sœurs de la fraternité séculière franciscaine. 

 

Et ensuite, parce que deux autres frères,

 

- Jean-Paul

- Batitte

 

ont fait un choix de service et de radicalité, il y a 25 ans, dans l’Ordre des Frères Mineurs 

·        pour Jean-Paul 25 ans de prêtrise

·        pour Batitte 25 ans de vie religieuse

 

Merci pour ces vies données à Dieu, à l’Eglise dans l’Ordre des Frères Mineurs.

 

Merci d’être pour nous des témoins de fidélité,  à ce qui vous habite, de simplicité dans le quotidien de vos vies, et ici à Marseille, à la fois votre volonté d’enracinement dans votre lieu de vie, et la volonté d’être disponible à l’Esprit qui souffle où il veut.

 

Merci à tous deux d’être toujours dans la fraîcheur de l’Annonce.

 

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VINGT CINQ ANS…

«  Voici ce que j’écrivais le 12 février 1984 au frère ministre provincial des franciscains d’Aquitaine, Manex ERDOZAINCY. C’était pour lui demander d’entrer au noviciat. J’avais 23 ans : « Je sens que Dieu m’invite à vivre une vie de pauvre parmi les pauvres et cela par le témoignage de ma vie ; que cette existence qui m’est donnée soit une présence d’Amour ; une présence de solidarité de tous les jours comme la graine qui doit s’enfouir et mourir à elle-même pour germer. (…) J’ajoutais ceci : « Que tout soit à vivre, à naître, et à susciter par l’Esprit qu’il s’agit d’invoquer pour le laisser nous déposséder ».

J’ai fait profession le 15 septembre 1985 à Pau, dans le Béarn.

            Cinq ans après, j’écrivais entre autre ceci pour demander à faire profession solennelle dans l’Ordre des frères mineurs :

« Quand je regarde ce qu’ont été pour moi ces dernières années, ce qui me frappe en premier lieu c’est l’âpreté de certaines expériences. Je pense ici évidemment au milieu familial qui a été le mien, mais aussi aux exigences de vie communautaire que j’ai pu connaître depuis maintenant cinq ans. Si je dis en être frappé c’est que c’est à travers ces moments-là et grâce à ces moments que je n’ai cessé d’apprendre à avancer. » Je poursuivais : « Cependant je ne saurais parler d’âpreté sans parler simultanément de joie ou pour dire les choses plus justement, de paix. La paix, ça ne se raconte pas, c’est donné. De cette paix, j’en parlerais même volontiers comme d’un cadeau offert par qui vous savez, pour être partagée. C’est aussi comme cela que je perçois notre raison d’être et de vivre comme frères mineurs ».  Cette lettre datait de juin 1990.

Noviciat et entrée dans l’Ordre à Pau, puis ce fut Strasbourg, puis Toulouse,  et ma profession solennelle à St Palais en Pays-Basque, puis le Havre, puis Besançon. Et aujourd’hui, 25 ans après, que dire en peu de mots, ici à Marseille, en cette église de la Trinité et maintenant, parmi vous frères et soeurs ?

Et bien que je n’ai jamais été aussi heureux.

Je suis très heureux de ce que ces 25 ans comme frère mineur m’ont amené à pouvoir voir aujourd’hui. A voir, à contempler de cet appel à être rendu participant, de par la Grâce baptismale au Mystère pascal. Grâce accueillie le jour de mon baptême, le 7 janvier 1961 en l’église St Jean-Baptiste de Mauléon.

Très heureux de ce que ces 25 dernières années m’ont permis de découvrir de la vie de ressuscité à laquelle notre Si Bon Dieu espère que l’on  consente. Vie de confiance active, vie d’amour tendre et inconditionnel ; vie foncièrement ouverte et offerte à l’Esprit, avec l’aide si maternelle de Marie la Toute Pure.

Très heureux de désirer autant apprendre à vivre en frère et en mineur ; et comme des individus que personne ne redoute pour reprendre des termes utilisés à l’occasion d’un Chapitre général.

Merci à vous mes frères. Merci à vous mes frères et mes sœurs de ce que vous manifestez de l’Amour de notre Si Bon Dieu pour ensemble, faire fraternité.

Merci Seigneur, toi le si Bon Dieu pour ta délicatesse si fine à mon égard et j’ose le dire, à notre égard à chacun et chacune.

Merci pour le Don sans réserve de Toi-même alors que je suis si exposé à la tentation de me récupérer, je veux dire de me raidir et souvent de façon très insidieuse.

Merci d‘espérer si patiemment de moi, de nous, que nous vivions comme des témoins passionnés et passionnants de la puissance libératrice de ton Mystère Pascal.

AMEN. ALLELUIA !!!

 

            Frère Batitte o.f.m.

           



« Si vous êtes fidèles à mes commandements,

vous demeurerez dans mon amour,

comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père,

et je demeure dans son amour »

 

Cette parole de Jésus, rapportée par Saint Jean, nous dit le lien entre la fidélité et l’amour de Dieu le Père. Une fidélité qui permet de « demeurer » dans l’amour du Père. Le Fils, Jésus le Christ, a vécu cela en plénitude. Le serviteur du Christ que je suis, ou du moins que je suis appelé à être, est encore en route !

Et sur cette route, vous êtes là, présents ce soir. Comme un cadeau de Dieu, comme le signe de la tendresse de Dieu.

Quand frère Yannick m’a dit de penser à un témoignage personnel sur la fidélité, je me suis demandé qui j’étais pour parler de la fidélité, moi qui suis si souvent infidèle à cet amour de Dieu !

 

Je pense à deux titres d’ouvrage pour commencer ce témoignage :

Le 1° ouvrage est de Frossard : « Dieu existe, je l’ai rencontré ». Ni plus, ni moins. Comment dire cette rencontre de Dieu, du Christ, au détour d’un chemin. Elle m’a marqué à jamais car c’est le Seigneur qui est venu à moi et qui est fidèle. Cette quête de la rencontre me semble le premier pas de la fidélité.

Le 2° ouvrage est de Françoise Verny, éditrice aujourd’hui décédée. En 1992, elle publie un essai dont le titre est évocateur : « Dieu existe, je l’ai toujours trahi ». Ni plus, ni moins. Comment parler de ses propres trahisons ? Elles sont cette déchirure du cœur, au goût amer, qui disent mon infidélité à cet absolu d’amour et de vie. Elles sont cette meurtrissure,  cachée au creux du bonhomme, qui ne peut espérer que la miséricorde de Dieu !

La fidélité me semble se forger entre ces deux pôles : le plus beau, celui de cette quête d’absolu où c’est Dieu lui-même qui nous cherche et le plus réaliste, celui de notre humanité fragile et pécheresse. La fidélité s’accueille, se construit avec ces deux pôles entremêlés avant que la Parousie ne vienne tout unifier et tout purifier.

 

Je serais incapable d’être fidèle plus de cinq minutes sans les autres. La fidélité pour laquelle je souhaite rendre grâces a toujours été un cadeau apporté par d’autres. Je voudrais évoquer brièvement, trois lieux, et aussi trois moments, fondateurs pour moi.

 

Le 1° lieu est Saint-Etienne, le lieu de ma naissance et de mon baptême ; le lieu de mon enfance, de mon adolescence et de ma jeunesse. De famille chrétienne, j’ai appris la fidélité comme on apprend à marcher, j’ai appris la foi comme on apprend à grandir. J’ai cultivé tout cela avec grand bonheur. Si mon pied faisait un faux pas, il s’est trouvé toujours un ami, un frère pour délicatement me remettre sur le chemin. J’ai appris à prier comme une respiration et j’ai constaté, au large de ma jeunesse, que cette respiration pouvait me rendre le souffle quand besoin était et surtout, que la respiration des autres, la prière des autres, m’a sauvé la vie plusieurs fois.

Après deux ans de coopération en Afrique, j’attendis un peu et je sortis du siècle, comme dit Saint-François.

 

Le 2° lieu est un petit village du Lubéron : Grambois pour ceux qui connaissent. J’ai été enfanté à la vie franciscaine par les frères et par les gens du village. De la vigne à l’ermitage, de la boulangerie à l’église, j’ai appris à retrouver le monde avec le regard de François. L’idéal évangélique s’est vite confronté au bonhomme intérieur qu’il fallait évangéliser en profondeur ! La fidélité s’est mise à l’école des petites fidélités quotidiennes : être présent à l’office, faire la cuisine, se laisser garder par les frères. La fidélité s’est frottée au chemin de la désappropriation, non sans mal et sans être, encore maintenant, entièrement victorieuse. Les chrétiens de Grambois en chantant la pastorale, comme le groupe de la Palud, m’ont appris que Noël s’accueillait en chantant et en partageant et non en réfléchissant. Pendant ce temps d’initiation franciscaine, de belles figures de frères mineurs m’ont appris la fidélité de Dieu.

 

Le 3° lieu est une petite banlieue de Lyon, Azieu-Genas. Que dire de ce temps et de ce lieu ? J’y suis arrivé jeune profès solennel et j’en suis reparti pour servir les frères de la Province. J’ai appris la fidélité par l’obéissance. J’ai souvent résisté puis j’ai consenti à ce que ce soient les frères, ou la Province, qui tracent mon chemin. C’est dans ce cadre-là que je me suis laissé appeler puis enfanter au ministère presbytéral. L’ordination, il y a 25 ans, a marqué une étape où la fidélité devait se conjuguer avec le service particulièrement celui des frères, dans la formation puis dans le service de la Province. Beaucoup de laïcs, à Azieu-Genas, ont aidé à cet enfantement. Quand le chemin se perdait dans le brouillard, et à Lyon il y a du brouillard, il s’est toujours trouvé quelqu’un pour éclairer un petit lumignon.

 

Je n’évoque pas d’autres lieux, même si chacun a son importance. En prenant de l’âge, j’aime ce poème d’Aragon :

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force


Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit 


Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix


Et quand il croit serrer son bonheur il le broie


Sa vie est un étrange et douloureux divorce

 

Le poète continue « il n’y a pas d’amour heureux »



 

Ma conclusion diffère : la fidélité de Dieu et son amour sont toujours là. La croix est celle du Christ qui nous ouvre le chemin.

 

 

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 23:05

Martine copie

 

FRATERNITE FRANSCISCAINE SECULIERE

Frère Pacifique des Etoiles – Diocèse de Digne.

 

 

 

Promesse de vie de Martine Coulange lors de la célébration de la messe le dimanche 7 mars 2010, ermitage Saint Maxime à Riez.

 

 

  • Chant d’entrée :

« Psaume de la création » couplets 1 ; 4 ; 5

  • Accueil :

Après que Frère Jéry ait salué l’assistance, il prononce l’admonition suivante :

Au cours de cette Eucharistie, Martine s’engage à vivre l’Evangile dans l’Ordre Franciscain Séculier. A nos actions de grâce envers le Père par le Christ s’ajoute aujourd’hui un nouveau motif de reconnaissance : le don qu’il fait à Martine de l’appeler à vivre l’esprit des béatitudes au milieu du monde et le don fait à nous mêmes de nous envoyer une nouvelle sœur.

 

  • Rite pénitentiel : (Marie-Madeleine) :

 

: Rassemblés pour prier, chanter, croire, célébrer, Dieu qui vient nous réconcilier.

  1. Seigneur ton amour est fidèle, prends pitié de nous.

  2. O Christ, ton amour fait de nous des femmes et des hommes libres. Prends pitié de nous.

  3. Seigneur ton amour est source de vie. Prends pitié de nous.

 

  • 1ere Lecture :

Lettre de François à Léon (Michel) + lettre de Claire à Agnès (Sr Bénédicte)

 

  • Psaume 8 :

R : O Seigneur, notre Dieu qu’il est grand ton nom par toute la terre !

Lecture des versets : (Simone et Yolande)

 

  • 2eme Lecture : Romains 12 (Bernadette)

 

Acclamation de l’évangile : Louange à toi Seigneur Jésus

 

  • Evangile : Luc 10, 21-22

 

  • Demande d’engagement :

Après la lecture de l’évangile, Frédérique, responsable de la fraternité, et sœur Nicole, invitent Martine à s’avancer.

 

Frédérique : Martine, je t’invite à t’avancer et à exprimer devant cette assemblée ton désir.

 

Martine : La relecture de mon parcours jusqu’à ce jour me permet de vérifier que c’est bien par la voie franciscaine que je suis appelée à vivre ma foi chrétienne dans la continuité de mon baptême.

 

La spiritualité initiée par François d’Assise et relayée par ses disciples et témoins à travers les siècles jusqu’à aujourd’hui, me conforte et me guide dans le désir suscité par l’Esprit Saint, de suivre le Christ avec la détermination de me déposséder de tout ce qui peut constituer un obstacle pour y parvenir.

 

Je sollicite mon engagement définitif à vivre les événements de mon existence en m’appuyant sur la Règle de l’Ordre franciscain séculier et avec le soutien de la Fraternité.

 

Frédérique : La fraternité Frère Pacifique des Etoiles accueille ta demande et se joint à ta prière pour que l’Esprit Saint confirme en toi l’œuvre que lui-même a commencée.

 

  • Homélie :

 

  • Engagement : Après l’homélie, sœur Nicole, Frédérique et Martine se lèvent.

 

Sœur Nicole : Martine, sœur dans le Christ, veux-tu, en présence de la fraternité du diocèse de Digne et de l’assemblée dominicale de saint Maxime qui nous accueille, embrasser la forme de vie évangélique inspirée des exemples et des paroles de St François d’Assise et proposée dans la règle de l’ordre franciscain séculier ?

 

Martine : Je le veux.

 

Sœur Nicole : Appelée à porter témoignage du Royaume de Dieu et à construire avec les hommes et les femmes de bonne volonté un monde plus fraternel et plus évangélique, veux-tu demeurer fidèle à cette vocation et cultiver l’esprit de service propre aux franciscains séculiers ?

 

Martine : Je le veux.

 

Sœur Nicole : Devenue membre du Peuple de Dieu par le Baptême, renouvelé dans la confirmation par un don nouveau de l’Esprit pour être témoin par ta vie et tes paroles, veux-tu te lier plus étroitement à l’Eglise et travailler à sa réédification permanente et à sa mission parmi les hommes ?

 

Martine : Je le veux

 

Frédérique : Une fraternité locale est le signe visible de l’Eglise, communauté de foi et d’amour. Promets- tu de travailler avec tous les frères et sœurs à faire de la fraternité, un groupe ecclésial authentique et une communauté franciscaine vivante ?

 

Martine : Je le promets

 

Frère Jéry : Prions (quelques instants de silence).

Regarde, nous t’en prions Seigneur, ta servante Martine ici présente et répands dans son cœur ton Esprit d’Amour, pour qu’elle soit capable, avec le secours de ta grâce, de mener à bonne fin son projet de vie évangélique. Par Jésus le Christ notre Seigneur.

 

Tous : Amen.

 

Frédérique : Martine, je t’invite à présenter tes témoins et à prononcer ton engagement.

 

Martine : Reconnaissant l’amour fidèle du Seigneur auprès de moi depuis le jour de mon baptême, et dans la liberté de l’Esprit Saint, confiante en sa grâce, je promets de mener une vie de pauvreté évangélique franciscaine en Eglise, par la prière, l’étude et le service à mon prochain.

 

Frédérique : Remercions Dieu.

A titre de responsable de la fraternité franciscaine séculière « Frère Pacifique des Etoiles » du diocèse de Digne, je reconnais ta promesse de vie. Ta venue parmi nous est pour tous les frères et sœurs un motif de joie et d’espérance.

 

Frère Jéry : Je confirme ton projet au nom de l’Eglise. St François lui-même vous exhorte dans son Testament :

« Si vous observez ces choses, soyez comblés au ciel de la bénédiction du Père Très-Haut et soyez comblés sur la terre des bénédictions de son Fils bien-aimé avec le Très Saint-Esprit et toutes les vertus des cieux et tous les Saints ».

 

Tous : Amen.

 

Remise du Tau, symbole de la famille franciscaine par Yolande, responsable diocésaine.

 

  • Marie-Thérèse : Jubilate Deo, jubilate omnes gentes, jubilate Deo

 

  • Je crois en Dieu :

 

R : Seigneur nous croyons en toi, fais grandir en nous la foi

Proclamation des 4 couplets.

 

  • Prière Universelle : (Ghislaine et Marie-Thérèse, André, Robert).

 

R : Seigneur fais de nous des ouvriers de Paix

Seigneur fais de nous des bâtisseurs d’amour.

 

  1. Seigneur, que ton visage s’éclaire pour ton Eglise, héritière de ta Parole, avec l’aide de notre St Père le Pape et de nos évêques ; qu’elle soit vivante aux quatre coins du monde, qu’elle soit toujours perméable à la voie de l’esprit et proclame ton Nom dans la fidélité à ton alliance : Seigneur nous te prions.

 

  1. Seigneur, nous te présentons tous ceux qui souffrent physiquement et mentalement ainsi que tous les soignants qui les accompagnent ; nous te présentons toutes les victimes de persécution ainsi que tous ceux qui luttent pour le respect des droits humains dans le monde. Seigneur nous te prions.

 

  1. Seigneur, nous te confions la famille franciscaine présente sur tous les continents : donne-lui la force de toujours tenir son engagement en Eglise et de garder au cœur la paix et la joie du Christ à l’exemple de Saint-François : Seigneur nous te prions.

 

  1. Seigneur, regarde la communauté chrétienne ici rassemblée en ce jour, afin que nous soyons chacun dans notre vocation des ouvriers de paix et d’amour.

 

 

  • Procession des offrandes :, Sr Claire, Sr Emmanuelle, Sr Nicole de l’unité, Sr Anne-Elisabeth, Marie-Andrée, Anne-Marie, apportent les fleurs, les lumières, le pain, le vin.

(Morceau de musique choisi et joué par les sœurs clarisses).

 

  • Préface :

 

Sanctus : Messe hébraïque

 

  • Prière eucharistique n°3 :

 

Anamnèse : Messe hébraïque

 

  • Notre Père : chanté

 

  • Agneau de Dieu : Messe hébraïque

 

  • Communion : Morceau de musique choisi et joué par les sœurs clarisses.

 

  • Bénédiction finale de St François :

Introduite par les sœurs clarisses

 

  • Chant d’envoi : Magnifique est le Seigneur !

 

 

 

FRATERNITE FRANSCISCAINE SECULIERE
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 00:58
Voila la prochaine exposition à laquelle je participe ! et je serais trés heureuse de vous voir à l'occasion de ce vernissage !! si vous pouvez venir !!
A trés bientot !!!


Frédérique MAILLART



France Etats-Unis et le Med's ont le plaisir de vous inviter au vernissage de l'exposition :

"De Marseille à New-York les chemins qui mènent à l'art"

Jacques Mayet Nika Claudine Pourrière Frédérique Maillart Aline Nipoll

Le jeudi 10 décembre à 18 h
Invité d'honneur : John Erickson
Le Med's 12 rue Saint Jacques 13006 Marseille

www.franceusa.org/marseille   www.lemeds.com     09 81 61 19 08       06 43 28 49 26
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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 11:57
 

Sainte Claire et les clarisses au sein de la famille franciscaine

 

Sainte Claire et les clarisses au sein de la famille franciscaine


Introduction

« C’est un unique et même Esprit qui a poussé les frères et les Pauvres Dames à vivre hors du siècle » affirmait st François. Sainte Claire, de son coté, a revendiqué avec insistance cette unité d’inspiration et sa filiation directe par rapport à François au même titre que les frères .

Pourtant clarisses et frères mineurs constituent deux ordres autonomes, au mode de vie différent ; nous ne sommes pas comme chez les cisterciens sous le régime de l’incorporation.

 

Quelle est donc la place de Claire et. des clarisses dans l’Ordre franciscain ? Je suppose que sainte Claire n’est pas totalement une inconnue pour vous et en cet anniversaire de l’Ordre, c’est plutôt sous cet angle que je voudrais orienter mon exposé.

 

Si l’on s’en tient aux présentations traditionnelles, sainte Claire est tout simplement la « petite plante de François, » comme elle se présente elle même, celle qui a reproduit sur le mode féminin monastique sa démarche de pauvreté -fraternité. Les biographes se plaisent à évoquer la belle jeune patricienne de 18 ans, fascinée par ce fils de marchand, devenu pauvre pénitent et se mettant à son école.

Claire, « petite plante de François », cette formule répétée à satiété a fini par véhiculer de Claire, une image assez inconsistante de moniale, remarquable par ses vertus et ses miracles, mais dans l’ombre de François, réplique mineure de son maître, sans grande personnalité

 

Or les rapports entre François, les premiers frères et Claire sont plus complexes. Depuis une vingtaine d’années, notamment depuis la célébration du 8ème centenaire de la naissance de Claire, en 1994, beaucoup d’historiens du franciscanisme se sont penchés sur la question. Plusieurs colloques, en particulier ceux d’Assise, en ont débattu..

Paradoxalement, il semble que c’est maintenant, après huit siècles que la personnalité de Claire émerge, et que l’on reconnaît la place qu’elle occupe aux origines du mouvement franciscain...

 

.A la lumière de ces récents, travaux, essayons de comprendre comment Claire se situe par rapport à François et quel a été l’impact de son attitude sur le développement de l’ Ordre jusqu’ à nos jours.

.

 

 

La vie de Claire

 

 

Interrogeons donc Claire et regardons-la vivre. Elle fait 32 fois référence à François dans ses propres écrits, alors que lui même ne la mentionne pas explicitement.

C’est qu’elle lui a survécu plus de vingt cinq ans et qu’elle est engagée dans une bataille pour défendre sa forme de vie. Elle se sent investie du devoir de faire mémoire de la grâce des origines alors qu’après la mort de François, les tensions dans l’Ordre des frères, risquaient de la faire tomber dans l’oubli. Elle ne dresse pas un portrait, mais, avec l’autorité d’un témoin de la première heure, elle se concentre sur quelques traits essentiels pour elle et pour la forme de vie franciscaine.

 

a) la grâce des origines

 

Claire rapporte, dans son testament, la prophétie de François concernant les Pauvres Dames .

« Au temps où le saint lui même n ‘avait encore ni frères ni compagnons, presque aussitôt après sa conversion, au temps où il reconstruisait l’Eglise de st Damien, visité là par le Seigneur et rempli de ses consolations…. il fit sur nous cette prophétie dont le Seigneur a réalisé ensuite l’accomplissement ; du haut du mur de l’église il s’adressait en français à quelques pauvres qui stationnaient là et il leur criait : « venez, aidez-moi au chantier parce qu’il y aura là des dames dont la vie renommée et la sainte conduite glorifieront notre Père céleste dans toute sa sainte Eglise »

 

Cet événement, relaté aussi par Célano, dans sa vie de saint François, est capital pour Claire. Il la situe avec ses sœurs aux origines mêmes de la vocation franciscaine,  « alors que François n’avait pas encore de frères », précise t-elle.

A cette époque Claire elle même n’a que 12 ans et François ne la connaît pas. mais on ne peut douter que depuis ce temps, son cœur ne fut aux aguets pour reconnaître celle qui pourra bien réaliser la prophétie. L’irruption de Claire dans sa vie, et, plus tard la vie de la communauté de st Damien, a du le réjouir comme un cadeau du Seigneur, qui le confortait dans ses intuitions.

 

En effet, quelques années plus tard, vers 1211, ainsi que Célano le raconte, Claire,« ayant entendu parler de François, car il était déjà célèbre, eut envie de le voir et de l’entendre, et François lui même, impressionné par sa réputation ne désirait pas moins la voir et lui parler» Elle ne tarda pas à décider de le prendre comme guide et de le suivre.

Claire était en fait depuis son plus jeune age attirée par le Christ et en attente d’un signe lui montrant sa volonté. L’exemple radical de François a retenti comme un appel à tout quitter non seulement sa famille, son confort mais aussi son milieu, la considération dont elle jouissait et même les murs protecteurs de sa cité, tout ce qui comptait tellement à l’époque. Elle a reconnu dans la manière de François d’imiter le Christ, la réponse à sa propre soif de le suivre radicalement.

 

Dans son testament, Claire mentionne l’exemple et l’enseignement de François mais précise bien que sa vocation lui vient du Seigneur :  « Après que le très haut Père des cieux eut daigné par sa bonté et par sa grâce, projeter en mon cœur ses lumières et m’inspirer de faire pénitence, selon l’exemple et l’ enseignement de notre bienheureux père François, c’était peu après sa propre conversion «

 C ‘est presque dans les mêmes termes que François parle de sa vocation : » Le Très haut lui même me révéla…dit-il.. dans son propre testament.

 

Tous deux ont donc reçu l’inspiration du Seigneur. Evidemment, François eut le premier, l’appel mais les deux ordres sont voulus conjointement par le Seigneur. Claire et François ont la même vocation à suivre le Christ pauvre.

Leur connivence se situe dans cette attitude fondamentale du cœur, ce même regard porté amoureusement sur le Christ qui, selon l’expression de François, « a quitté son palais royal » pour s’abaisser jusqu ‘à nous dans l’Incarnation

Plus qu’une identité de vie, ce qui compte, c’est ce même regard sur le Christ .

 

Claire mit son projet à exécution le soir des Rameaux 1212 Elle s’enfuit de la maison familiale, et rejoint François et les premiers frères à ste Marie des Anges .Là, dans la petite chapelle de la Portioncule, elle revêt un habit de pénitente ;François, en signe de sa consécration lui coupe les cheveux et la reçoit dans la fraternité.,

 

Au début Claire fait donc partie intégrante de la fraternité au même titre que les frères; cependant, comme décemment elle ne pouvait pas vivre en communauté de vie dans la promiscuité de Rivo Torto, François la conduit chez les bénédictines de la campagne d’Assise pour y mener sa vie de pénitence comme servante. Lui même, après son dépouillement devant l’évêque était allé s’employer quelque temps comme valet dans un monastère.

 

Il semble ensuite laisser Claire, seule mais en fait il reste très attentif à la suite des événements: la ferme résistance de Claire à sa famille, l’arrivée de sa sœur Catherine et leur lutte héroïque contre le clan , C’est alors qu’il conduit Claire et sa sœur à st Damien, Manifestement il a désormais reconnu celle qui réaliserait sa prophétie. Claire écrit : « voyant que nous étions faibles et fragiles de corps et que pourtant ni les privations ni la pauvreté ni l ‘effort ni les épreuves ni l‘austérité, ni le mépris des gens du monde ne nous faisaient reculer, mais que nous y trouvions au contraire notre joie, à l’exemple des saints et des frères mineurs, le bienheureux François s’en réjouit fort et dans son affection pour nous, il s’engagea à prendre de nous par lui même ou par son Ordre, un soin attentif et aussi prévenant pour nous que pour ses propres frères.( test)

 

Claire se place donc sous la protection de François et de ses successeurs au même titre que les frères . C’est tellement capital pour elle qu’elle répète presque mot pour mot ces lignes au chapitre 6 de sa règle en précisant : « Tant qu’il a vécu, il a été fidèle à sa promesse et il a voulu que ses frères y soient toujours fidèles eux aussi. »

 

Marco Bartoli qui a publié en 1989 une biographie de Claire qui est désormais l’ouvrage de référence, remarque que c’est l’insistance et la persévérance de Claire dans le désir de mener cette vie de très haute pauvreté qui ont poussé François à prendre soin d’elle.

Toujours dans son testament, Claire précise encore qu’ » il leur écrivit une forme de vie » Nous n’en avons pas de traces, pas plus que de la règle pour les frères approuvée oralement en 1209 mais sans doute était–elle faite pareillement de passages d’Evangile et de quelques exhortations.

 

Dans un premier temps il y a donc une grande et forte unité entre les frères et les sœurs ,tous intégrés par François dans la « fraternitas »Encore en 1216 Jacques de Vitry de passage à Assise remarque cette unité tout en notant une différence dans le mode de vie : »J’ai quand même trouvé une consolation à voir un grand nombre d’hommes et de femmes qui renonçaient à tous leurs biens et quittaient le monde pour l’amour du Christ : « frères mineurs » et « sœurs mineures » ainsi les nomme-t-on.. Les frères, le jour s’adonnent à la vie active de l’apostolat.. et la nuit ils regagnent leurs ermitages. Les femmes occupent à proximité des villes divers maisons ou refuges ;elles y vivent en communauté du travail de leurs mains ,sans accepter aucun revenu…

 

Dans son testament, on sent Claire très attachée au souvenir de ces premiers temps,…. mais assez vite une inévitable distance s’introduisit.

 

Après s’être longuement interrogé sur sa mission et avoir consulté Claire et frère Sylvestre, François opta pour une vie de prédication, sans pour autant renoncer à de longues et fréquentes stations en ermitage, tandis que la vocation de Claire l’attirait à « demeurer »dans la prière ( alors que rien ne l’aurait empêché de se lancer dans une activité caritative au service des malades comme tant de pieuses femmes de l’époque et comme sainte Elisabeth de Hongrie par exemple.)

Leur même vocation à contempler amoureusement le Christ et à le suivre dans son abaissement et sa pauvreté, allait donc s‘exprimer sous deux modes de vie propres et tous deux ,dans des conditions différentes vont donner, chacun de leur coté, une élaboration plus ample à l’intuition initiale jusqu’à constituer deux ordres autonomes mais intimement liés..

 

Car ce qui les unit est fondamental regarder, méditer, contempler le Christ dans son abaissement en particulier, le Christ enfant sans défense à la crèche, le Christ serviteur lors du lavement des pieds, le Christ réduit au rang d’esclave dans sa Passion et dans sa mort, là où il révèle l’extrême de son amour pour les hommes.

 

Sainte Claire, dans sa première lettre à Agnès de Prague, résume cette démarche spirituelle :

« Jésus Christ, qui de tout éternité régnait sur le ciel et la terre… a voulu descendre dans le sein de la Vierge et apparaître au monde, indigent, nécessiteux et pauvre afin que les hommes indigents, nécessiteux et affamés de nourriture céleste deviennent riches grâce à Lui »

De cette contemplation amoureuse résulte leur choix concret d’un même style de vie : la pauvreté enracinée dans celle du Christ, et en conséquence l’obligation d’un travail honnête pour gagner leur vie ou en cas de nécessité de mendier leur pain … la minorité liée à la kénose du Christ, l’exercice de l’autorité comme service et l’obéissance par amour, comme le Christ envers son Père, des relations fraternelles de sollicitude mutuelle…

 

 

b) Déjà, vers 1215 ou 1216 la forme de vie est arrêtée, et le temps arrive, pour Claire de l’affermissement de sa vocation

 

François, sûr de sa fidélité au charisme fondamental, fait pression pour qu’elle prenne son autonomie et accepte le titre d’abbesse.

Lui même allait être désormais très occupé par le développement de l’Ordre, par son voyage en terre Sainte, par ses prédications, par ses maladies et il fut moins présent, bien que toujours attentif..

Il revenait donc à Claire de maintenir elle même sa forme de vie. Sa situation était délicate, car elle n’avait pas de règle si ce n’est la petite forme de vie donnée par François, qui n’avait aucune valeur juridique. Aussi, pour assurer la reconnaissance de son choix de vie, elle ne put échapper à une progressive institutionnalisation.

Son principal souci fut alors de garantir la spécificité de sa communauté naissante :c’est à dire vie en très haute pauvreté, le fait de vivre sans propriété, uniquement du travail et des aumônes :ce que l’Eglise à l’époque considérait comme impossible et inconvenant pour des femmes :

 

Elle réussit à obtenir du pape Innocent III en 1216 le privilège de très haute pauvreté c’est à dire le droit de n’être contrainte par personne à accepter des propriétés. Il y a quelques années on a contesté l’existence de ce privilège, mais au dire des spécialistes, aucun argument probant ne permet de mettre en doute l’affirmation de Claire dans son testament ; Ce serait même d’après Marco Bartoli le premier document pontifical officiel de tout le franciscanisme, tandis que les frères n ‘avaient jusque là qu’une approbation verbale »

 

Claire y tient tellement qu’elle le fait confirmer par le pape Grégoire IX en 1228, par le cardinal d’Ostie, Raynal, futur Alexandre IV, puis par Innocent( IV.

 

Le frère Pierre Brunette commente : A saint Damien, « Claire pousse donc l’inspiration de François dans toute sa radicalité, pratiquement sans son aide, au niveau du Privilège de la pauvreté. Elle renforce la garantie du projet de vie évangélique aux yeux de François, des frères et du pontificat ; Elle lègue ainsi à François son propre exemple d’observance combattive qui servira sans doute d’inspiration aux chapitres de la non possession et de la pauvreté comme héritage dans la règle franciscaine et le testament de François. Ce que l’un inspire à l’autre, l’autre lui rend et le radicalise. »

 

En même temps la communauté de st Damien grandissait et essaimait. Claire envoyait des sœurs initier d’autres communautés à sa forme de vie et par sa sainteté et sa personnalité gagnait l’estime, le respect et l’admiration des plus hautes autorités dans l’Eglise, notamment du Cardinal Hugolin, légat du pape.

 

En 1218 ce dernier entreprit de réunir en une nouvelle congrégation, à l’intérieur de l’Ordre bénédictin un certain nombre de communautés informelles créées un peu sur le modèle de st Damien, souvent à la suite de la prédication des frères, sous des dénominations et des statuts divers et fluctuant. : Ce fut la congrégation des « Pauvres Dames de la vallée de Spolète et de Toscane »

Claire dut se soumettre et accepter ses constitutions, mais elle obtint pour St Damien le maintien de la forme de vie primitive, avec le privilège de pauvreté.

 

Désormais le cadre sous lequel la communauté de st Damien allait vivre était nettement délimité : dépendance directe à l’égard du St Siège à travers le cardinal protecteur, le même que celui des frères, autonomie interne sous l’autorité de l’abbesse, lien charismatique ou spirituel mais non juridique avec les frères; l’obéissance promise au frère ministre étant celle que l’on reconnaît à un guide spirituel.

.

 

 

 

Entre François et Claire les relations s’espacent. Les frères le font du reste remarquer à François. Pourtant la connivence et l’affection restent profondes, avec la conscience de partager le même trésor de leur vocation, dans le respect, de ce que chacun avait à vivre.

 

Quand François tombe vraiment malade, quand il est soucieux pour l’avenir de son Ordre, il revient à st Damien, comme au lieu source où il retrouve l’élan des origines. C’est le lieu où il est bien, dans une communion d’esprit et de cœur, alors que dans l’Ordre il passe par un moment de dépression, se sentant marginalisé.

C’est là qu’il compose le cantique des créatures et aussi, le seul écrit qui nous reste, adressé directement aux Pauvres Dames : « audite poverelle, écoutez petites pauvres »

On connaissait l’ existence de ce texte par la légende de Pérouse mais on ne l’a retrouvé que vers 1976 dans deux manuscrits du monastère de Novaglie près de Vérone. C’est une sorte de testament à l’intention de la communauté de st Damien où François a rassemblé ce qui lui tient le plus à cœur. On devine derrière ces lignes sa joie de voir réalisé et maintenu cette forme de vie inspirée par le Seigneur. C’est une belle évocation, sous forme d’exhortation de ce qui se vivait à st Damien

 

Le texte :

 

 

Même à distance la présence de François représentait pour Claire un soutien sans prix, comme elle le dit dans son testament, il était «  notre colonne, notre unique consolation après Dieu, notre seul  appui »

Après la mort de François, la solitude de Claire se fit plus lourde.

 

C) Ce fut le temps de la laborieuse fidélité :Il dura 27 ans, jusqu’à sa mort

 

Avec le rapide développement de l’Ordre, la majorité des frères n’ont pas connu la grâce des premiers temps et bientôt ils n’auront même pas connu François. Ils ne peuvent pas saisir le lien profond qui unissait Claire à l’Ordre ; mais Claire pouvait encore compter sur les fidèles compagnons de François notamment sur l’amitié de frère Elie, ministre général de 1232 à 1239.

 

Cependant, dans l’Ordre secoué déjà par diverses tensions, deux tendances  se dessinaient vis à vis des sœurs:

Celle des premiers compagnons de François, notamment de frère Léon qui résidait avec quelques autres à proximité de st Damien pour prêter leur assistance aux sœurs et qui défendait le modèle de st Damien fondé sur la parole et les exemples de François

Et celle de Grégoire IX( ex cardinal Hugolin,) de la curie et de nombreux frères clercs, partisans d’une normalisation de la vie monastique féminine, d’une distinction des deux composantes de l’Ordre, et d’une réglementation canonique des rapports entre eux .

 

En 1230 la bulle « quo elongati » donna satisfaction à ces derniers : non seulement la bulle ouvrait aux frères la voie aux accommodements par rapport au choix radical de la pauvreté, mais elle leur interdisait de s’occuper des moniales quelles qu’elles soient sans l’autorisation expresse du St Siége.

C’était supprimer les rapports libres et fraternels des frères, même avec la communauté de st Damien.

La réaction de Claire fut immédiate : ce que l’on a appelé sa grève de la faim : c’est à dire le renvoi des frères quêteurs, puisque dit-elle, le pape « leur enlevait ceux qui nous procurent la nourriture de la vie » Le pape alors remit la décision entre les mains du ministre général.

Déjà deux ans auparavant Claire avait fait preuve d’une même attitude à la fois respectueuse et décidée quand le pape Grégoire IX, inquiet de la très réelle précarité de vie des sœurs, lui avait proposé de la relever de son vœu de très haute pauvreté : elle avait répondu fièrement : » Très saint Père, jamais je ne désirerai qu’on me tienne quitte du bonheur de suivre le Christ » .

En 1239 frère Elie est déposé et arrivent à la tête de l’Ordre des frères étrangers à l’Ombrie et même venus d’Angleterre. Le cercle des fidèles de la première heure se restreint. La plupart des frères ne saisissent pas la différence entre st Damien et les autres communautés régies par les constitutions du cardinal Hugolin devenu le pape Grégoire IX et ils prennent de la distance vis à vis des monastères qui n’entrent pas dans les normes pontificales.

 

Claire se trouve marginalisée par rapport au développement de l’Ordre et aussi par rapport à la curie qui, tout en la respectant, s’étonne de la voir s’obstiner 20 après la mort de François à défendre la forme de vie des origines

 

St Damien apparaît peu à peu dans le mouvement franciscain comme le lieu de l‘observance fidèle, l’espace de la résistance discrète mais ferme aux accommodements divers vis à vis de la pauvreté. Claire va devenir un point de référence pour les frères attachés à la radicalité des origines. Tout en restant dans l’obéissance et attachée à l’unité de l’Ordre, elle maintient fermement sa ligne de conduite et elle poursuit son but : obtenir la reconnaissance officielle de sa forme de vie pour en assurer la pérennité.

 

Quand en 1247 le pape Innocent IV publie sa règle, et qu’il croit la satisfaire en détachant les Pauvres Dames de l’ordre bénédictin pour les admettre canoniquement dans la famille franciscaine, tout en laissant dans le flou la question de la pauvreté , elle réagit et entreprend de rédiger sa propre règle.

 

C’était audacieux et même téméraire de la part de Claire de se mettre ainsi en concurrence avec la règle pontificale et avec ce que les papes depuis plus de vingt ans s’efforçaient de mettre en place. Très habilement, elle reprend la règle bullée de François en l’adaptant avec beaucoup de liberté à sa condition monastique féminine. L’approbation fut longue et difficile à obtenir.

 

Aussi rédige-telle encore son testament, comme une dernière tentative pour défendre sa forme de vie, comme un témoignage de ce qui se vivait à st Damien, comme un cri a-ton pu dire. « Elle confiait sa mémoire à un texte écrit avant que la mémoire des autres ne soit frappée d’amnésie » selon une formule d’un intervenant à l’un des derniers colloques d’Assise.

Enfin la règle est approuvée deux jours avant sa mort, le 9 août 1253 mais avec une portée très restreinte, seulement pour l’abbesse et les sœurs de st Damien.

Cependant l’essentiel était accompli. L’approbation de la règle consacrait son appel originel de suivre le Christ en très haute pauvreté et fraternité et en union étroite avec les frères.

L’historien de st François Raoul Manselli remarque que Claire a réussi mieux que François à maintenir son mouvement dans sa physionomie d’origine. Elle a su résister à toute pression et à toute tentative d’absorption ou de dilution.

 

Sa règle était désormais comme une pierre angulaire de l’édifice. Claire avait mené le bon combat  dans l’obéissance et la fermeté, dans une fidélité sans raideur, ne laissant jamais l’amertume assombrir sa joie de suivre le Christ. Elle pouvait achever sa course et partir sereine, en bénissant le Seigneur ;

 

Signe de l’union qu’elle a su maintenir avec tous, au moment de sa mort, le ministre provincial est auprès d’elle, aux cotés des fidèles Léon, Genièvre..  ainsi que les membres de la cour pontificale. Le pape lui même accourt à son chevet. Tous lui témoignent amitié et révérence et Innocent IV est même prêt à la canoniser sur le champ.

 

Mieux que la « petite plante », Claire a été la fidèle disciple «l’alter Franciscus » comme Marco Bartoli n’hésite pas à l’appeler car sa vie fut un constant rappel de la vocation franciscaine originelle. C’était il est vrai plus facile avec une communauté homogène qu’avec un ordre de plusieurs milliers de frères répartis dans de nombreux pays. Mais sa fidélité, loin d’être figée, fut créatrice d’une nouvelle manière de vivre la vie monastique et là se pose une autre question, celle de la fidélité des clarisses à Claire

 

 

D)….Après la mort de Claire :Le long chemin de l’appropriation de sa règle

 

Quelques semaines après la mort de Claire, le pape ordonnait l’ouverture du procès de canonisation et celle ci intervenait en 1255, avec le même bref délai de deux ans que pour François. Cependant cette gloire sembla sans lendemain.

Sur une centaine de monastères sensés se rattacher à elle, bien peu, pas plus d’une dizaine pratiquaient réellement sa forme de vie. Les autres suivaient les constitutions du cardinal Hugolin, d’autres la règle du pape Innocent IV de 1247, d’autres des statuts accordés par leur évêque, d’autres encore restaient dans le vague.

L’approbation de la règle pour st Damien, apparaissait comme une concession, un dernier hommage amical du pape mais la position de la curie vis à vis des moniales franciscaines n’avaient pas changé, pas plus que la tendance générale du premier Ordre. Pour les frères, la promesse de François de fournir aux sœurs assistance spirituelle et matérielle représentait une charge trop lourde.

St Bonaventure, ministre général à partir de 1257  y était opposé et il fit bien préciser par les monastères assistés que les frères agissaient non par obligation mais, « par pure grâce et libéralité »..

En 1259 il participa avec d’autres maîtres franciscains à l’élaboration d’une nouvelle règle pour les moniales franciscaine de l’abbaye royale de Longchamp près de Paris fondée par Isabelle de France, sœur de st Louis, construite selon une architecture somptueuse et dotée de grands biens. Cette règle reprenait en grande partie celle de 1247 .

 

Peu après en 1263 le pape Urbain IV dans un souci d’unification, entreprit de rassembler toutes les moniales franciscaines sous un seul ordre de sainte Claire et une seule règle, celle de Longchamp un peu remaniée qui devint la règle urbaniste. Celle-ci ne faisait plus mention de la pauvreté en commun et permettait de recevoir des sœurs servantes pour les besoins du monastère.

 

C’était abandonner les deux points essentiels de la règle de Claire qui en faisait l’originalité : la très haute pauvreté et la fraternité fondée sur l’égalité des sœurs.

Cette même règle confiait la visite des monastères aux frères sous l’autorité du cardinal protecteur de l’Ordre avec des pouvoirs discrétionnaires : «  établir, et destituer, ordonner, décréter et disposer comme ils jugeront opportun devant Dieu »

Dans sa propre règle ste Claire s’étendait surtout sur les qualités que devaient avoir le visiteur et lui demandait seulement de « corriger les abus contre la forme de vie »

 

Le glissement était net du service fraternel de vigilance par rapport à la forme de vie, chez Claire et François à une dépendance institutionnelle dans la règle d’Urbain IV.

Le pape chargeait en outre les frères, d’incorporer les nouvelles communautés dans l’Ordre, de confirmer l’élection de l’abbesse, de désigner les sœurs pour les nouvelles fondations. La communion fraternelle au service d’un même idéal faisait place à des rapports disciplinaires.

Pendant un siècle et demi l’Ordre se développe numériquement, jusqu’à atteindre plus de 400 monastères à la fin du XIVè s, souvent grâce aux tertiaires qui prennent l’initiative de nouvelles fondations ou y prêtent leur concours.

 

Mais la règle de ste Claire est oubliée.. .Chez les sœurs comme chez les frères, l’abandon de la pauvreté, l’accumulation des dons et privilèges, la pression des bienfaiteurs, l’ingérence des fondateurs de monastères et de leur famille, entraînèrent la décadence et même la déchéance de nombre de communautés.

 

Pourtant, régulièrement la règle de sainte Claire refait surface. Au XVèsiècle, une modeste initiative d’un frère convers qui demanda la permission de vivre dans un ermitage d’Ombrie comme avait vécu st François inaugure la réforme de l’Observance..(Il avait choisi la méthode de François et de Claire qui, tout en restant dans l’obéissance, sans chercher à imposer leur choix aux autres, ont vécu résolument leur vocation de pauvreté –fraternité comptant simplement sur la force de l’exemplarité.)

 

La réforme se propagea et les prédications des frères observants, surtout de st. Bernardin de Sienne. ranima la flamme dans de nombreuses communautés de clarisses. Un certain nombre d’entre elles, entreprirent alors de revenir à la règle de sainte Claire ; une émulation enthousiaste parcourut les communautés réformées pour rechercher, recopier la règle de sainte Claire et surtout obtenir du pape la permission de l’adopter ,malgré la réticence des frères qui se seraient contentés pour elles d’un simple renouveau spirituel sous la règle urbaniste..

 

Simultanément, en France, Ste Colette, dirigée d’abord par des frères de l’Observance entreprend sa propre réforme fondée d’emblée sur un retour pur et simple à la règle de ste Claire et pour qu’elle ne retombe pas dans l’oubli elle en écrivit une commentaire très précis , ses constitutions qui vont être observées pendans cinq siècles par les clarisses colettines jusqu’à Vatican II. Consciente de la nécessité d’une unité de vue entre frères et sœurs, elle suscite même une réforme chez des frères les colettans.

 

Au XVIè s la réforme des capucins entraîne assez vite la naissance d’une branche féminine les capucines, qui adoptent aussi la règle de sainte Claire.

 

Mais ces réformes ne représentent qu’une minorité des communautés clarisses, qui dans leur ensemble sont urbanistes.

Avec le concile de Trente les questions d’autorité et de gouvernement prennent le pas et les relations deviennent quelquefois tendues quand les monastères oscillent entre la tutelle de l’évêque ou celle des frères , eux mêmes désormais divisés en plusieurs branches mais leur assistance n’a jamais cessé ; et, comme dans une famille, à chaque coup dur, les frères étaient là pour tenter de protéger les sœurs. Lors des guerres de religion, des invasions ou sous les persécution comme au temps de la Révolution, plusieurs risquèrent leur vie.,

 

Frères et sœurs ont donc marché ainsi de pair dans la décadence comme dans les réformes. Dés que la ferveur revient et que des réformes remettent en honneur la forme de vie primitive, on retrouve la fécondité spirituelle d’une réelle communion dans un même idéal.

 

Enfin, quand les clarisses se reconstituèrent après l’anéantissement lors de la Révolution, elles adoptèrent presque toutes, du moins en France la règle de sainte Claire

 

 

Actuellement.

 

Actuellement les clarisses sont environ 15000 dans le monde réparties en à peu près 900 monastères. .En France nous sommes environ 600 dans une cinquantaine de communautés.

Malgré la pénurie de vocations et la fermeture de plusieurs monastères, d’autres sont fondés ce qui témoigne de la vitalité de l’ensemble.

Ces dernières années des clarisses de Sion se sont implantées en Hongrie et en Roumanie, des clarisses italiennes ont fondé en Albanie après des siècles d’absence. D’autres sont parties d’Italie, d’Allemagne jusqu’en Corée, tandis que des clarisses philippines se préparent pour le jour où la Chine s’ouvrira réellement à la vie religieuse ; elles sont déjà à Taiwan et à Hong-Kong .En Amérique latine les clarisses se développent rapidement surtout au Mexique, et en Colombie .tandis qu’en Afrique commencent déjà les fondations de la deuxième génération, par les africaines elles même.

Les sœurs de toutes ces nouvelles fondations sont heureuses de venir renforcer temporairement les communautés d’Europe, de connaître leurs racines et de s’imprégner des traditions de l’Ordre. Aussi les échanges sont nombreux et les clarisses connaissent les effets de la mondialisation. Nos communautés deviennent souvent multiculturelles.

 

 

 

Plus que jamais la règle de sainte Claire désormais adoptée presque partout et réactualisée par de nouvelles constitutions, cimente notre unité . En France comme dans beaucoup de pays, nos communautés, toutes autonomes se trouvent sous la juridiction de l’évêque du lieu et nos rapports avec frères sont dans le cadre des relations fraternelles d’assistance spirituelle et de conseil

 

Fidèles à la promesse de François, l’Ordre a créé à Rome pour les moniales, un office confié à un frère assistant qui a pour but d’aider les communautés dans leur cheminement spirituel et de les conseiller dans la solution de leurs problèmes. Localement, chaque groupe de monastères ou fédération a aussi un frère assistant dont la visite est toujours ressentie comme un soutien précieux qui respecte en même temps toute notre liberté.

 

Toute l’évolution des dernières décennies avec les études renouvelées sur François et Claire, avec l’implication réciproque de tous les membres de la famille franciscaine dans les célébrations des divers centenaires ont ranimé la communion profonde des origines.

Notre Ministre général, frère Carballo parle d’une  :

Communion charismatique des frères et des sœurs car nés du même Esprit saint.

En promettant obéissance à François, Claire s’introduit à plein titre dans la fraternité et partage comme les frères la forme de vie bien que sur un modèle différent. Il s’agissait d’une unique fraternité où chacun ayant choisi de vivre l’Evangile l’incarnait selon son propre style ; Un même appel à la perfection du saint Evangile.

On pourrait dire la même chose de nos frères et sœurs du tiers Ordre, toujours à nos cotés au long des siècles même si leur présence est moins facilement repérable car elle s’est le plus souvent exprimée de façon personnelle et non pas institutionnelle.

Aujourd’hui, poursuit notre frère ministre, nous sommes appelés à une spiritualité de communion parce que notre charisme naît dans la communion, le partage, la participation…

Vivre l’Evangile comme franciscains signifie donc rendre visible cette appartenance charismatique commune où la réciprocité devient encouragement et soutien qui aide les diversités spécifiques à « exprimer la richesse et la beauté de notre forme de vie.

Un beau programme pour essayer de vivre à notre tour en fidélité à la grâce des origines !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 10:55
 

A toutes les membres de la Famille franciscaine de la région P.A.C.A.

les fraternités OFS ; Aux sœurs clarisses ; Aux sœurs franciscaines ; Aux frères Mineurs (franciscains)

 

 

Chers sœurs et frères en St François d’Assise

 

Suite à une journée de rencontre (Riez 30 octobre 2008) avec des enfants, des jeunes et leur famille de la région P.A.C.A., nous avons pris conscience de la nécessité pour la Famille franciscaine de la région de développer une formation destinée aux enfants et aux jeunes. Cette formation se propose de toucher toute la dimension humaine et chrétienne de leur vie, mais aussi leur permettre de connaître la spiritualité franciscaine.

 

Cette responsabilité de faire connaître notre spiritualité aux enfants et aux jeunes incombe à l’OFS.* D’où un appel à chacune des fraternités de la région P.A.C.A. à chercher ensemble comment relever ce défis ;notamment les fraternités où des familles sont encore riches d’enfants, d’adolescents et de jeunes.

 

Quelle pourra être votre participation et propositions possibles à faire aux enfants et aux jeunes ? Comment susciter des rencontres les concernant dans vos diocèses respectifs ?

 

Depuis trois années, au sein de la région P.A.C.A., nous proposons trois (3) week-ends de rencontre par an à des enfants et des jeunes : (15 enfants et adolescents entre 8 à 16 ans). Nous voulons que ces rencontres soient désormais structurées par un Temps de formation : réflexions, échanges  et approfondissement ; Temps de fraternité et d’amitié ; Temps de prière et de célébration. Touchant à chaque fois les dimensions humaine, chrétienne et franciscaine quel que soit le sujet abordé.

 

Un « groupe de discernement » s’est mis en place pour évaluer ce qui se fait déjà avec ces enfants et ces jeunes de la région. Il souhaite discerner des propositions pour l’avenir et la mise en place d’un programme annuel de formation à destination des enfants et des jeunes. Pourrons-nous évoluer vers la création d’une JE.FRA.** dans notre région ? Il nous semble encore trop tôt pour répondre à cette question. Toutefois il est important d’enclencher une réflexion, avec la participation de vous tous ;et aussi de tisser des liens avec ceux qui sont déjà en route : Bitche, Brive, Nice et les responsables nationaux de la JE.FRA.

 

Ce « groupe de discernement », à l’échelle de la région, est composé actuellement de :

 

  • Michèle DARIER Marseille

  • Jean Paul MARS Nice

  • Xavier MADON Apt

  • Claire et Gille VALLEE Toulon

  • Frère Patrick SHAM o.f.m Marseille

 

Nous souhaitons dans le futur qu’un (e) délégué (e) jeune de chaque diocèse de la région fasse partie de ce groupe de discernement. Nous avons aussi besoin d’animateurs (animatrices) pour les week-ends prévus. Si vous sentez un appel à témoigner auprès des enfants ou des jeunes et de les accompagner dans leur recherche, n’hésitez pas à nous le faire savoir.

 

Enfin nous comptons sur votre prière en faveur de ce projet afin que les enfants et les jeunes reçoivent une nourriture adaptée à leur âge, leur permettant notamment de devenir disciples du Christ à la manière de Saint François et de Sainte Claire d’Assise. De devenir ainsi aussi évangélisateurs auprès des autres enfants et jeunes. Ainsi transmettre au monde le trésor que le petit pauvre d’Assise nous à offert par sa vie évangélique en imitant son Seigneur Jésus Christ.

 

 

* Relation avec l’O.F.S.

 

La Jeunesse franciscaine, comme l’entend dans ces Constitutions et dont l’O.F.S. se considère comme particulièrement responsable…(Const.96.2)

 

La Jeunesse Franciscaine présuppose un engagement particulier de l’O.F.S. au titre de sa pastorale juvénile et promotion des vocations. Pour cette raison, l’O.F.S. doit accompagner les jeunes pour les aider à mûrir leur vocation et à être introduits dans la vie de la Fraternité.

 

La Jeunesse franciscaine fait partie de la Famille franciscaine comme partie intégrante de l’O.F.S. et, de ce fait, sera accompagnée et animée par des franciscains séculiers. En outre, ses responsables aux niveaux supérieurs devront être des membres engagés dans l’Ordre Franciscain Séculier ( Const.97.2)

 

 

 

 

Frère Patrick SHAM

pour l’équipe de discernement

 

 

Frère Patrick SHAM,

+ FRANCISCAINS

Paroisse de la Sainte Trinité

35, rue de la Palud,

13001 Marseille

  • 04 91 59 80 14

  • 04 91 33 48 42

: Shatrick18@hotmail.com

 

 

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 23:41
 

Frère Sergio du Monastère de Cimiez

 

En 1999, demande du diocèse de Nice et de la Province des Trois compagnons pour prendre la relève de la fraternité de Cimiez. 4 frères arrivent d'Italie en 2000. Adaptation à la culture française, à la vie de l'Église locale. Une paroisse leur est confiée : catéchèse, entretiens, célébrations, visites aux malades, formation des jeunes des adultes. Découverte de formes de pauvreté non habituelles. Rencontre de gens qui ne connaissent pas la joie d'être chrétiens.

Un groupe de jeunes adultes s'est formé à qui l'on propose une expérience d'évangélisation : "les sentinelles du matin", expression de Jean-Paul II pour désigner les jeunes aux JMJ de Rome (2000). C'est un mouvement qui s'est développé en Europe avec des jeunes qui veulent évangéliser. En novembre 2008, début de l'expérience à Nice avec un groupe d'une trentaine de jeunes formés par les franciscains. Janvier 2009, début de l'évangélisation dans le vieux Nice. Elle se fait la nuit, à partir de 17h le samedi soir jusqu'au dimanche matin : "une lumière dans la nuit". Une église leur a été confiée, l'église de la Miséricorde.

Formation biblique, formation technique, ils dînent ensemble, puis long temps d'adoration, et frère Antonio, curé de Cimiez, les envoie en mission. Une équipe musique chante jusqu'à 1h du matin dans une atmosphère priante. Une équipe (2 par 2) sort dans la rue pour inviter les gens à entrer dans l'église : conversation, curiosité... Une équipe accueille dans l'église et fait une proposition de prière à partir d'une intention que les visiteurs écrivent. Les jeunes les accompagnent devant le Saint-Sacrement avec explication, catéchèse privée. La personne dépose sa prière et prend un autre papier avec une phrase biblique. Elle reçoit une invitation pour aller voir un prêtre : écoute, confession… (de 21h à 1h). Les sœurs clarisses prient pendant ce temps. Le lendemain, elles reçoivent les intentions des gens.

C'est une semence dont on ignore ce qu'elle donnera. Expérience importante pour les jeunes. Pour les autres, on ne sait pas. Ce groupe de "sentinelles", c'est un flambeau appelé à animer d'autres flambeaux dans d'autres villes. À Cimiez, la flamme est venue d'Italie. Chaque soirée, il y a une soixantaine de contacts (une bougie allumée par contact).

 

 

 Frère Battite de la communauté de Marseille

 

Les provinces du Bienheureux Pacifique et des Trois compagnons ont décidé de cette nouvelle fondation. Deux chapitres provinciaux ont abouti à une décision commune : présence de frères mineurs dans des quartiers très marqués par un contexte interculturel et inter-religieux. Nouvel élan avec un certain nombre de critères en tête : retrouver une forme de vie fondamentalement centrée sur la personne du Christ. Cette nouvelle équipe devait être d'abord présente pour accueillir ce que Dieu peut manifester dans le cœur : pratique sacramentelle, temps de prière, de méditation, avant de bâtir un projet plus précis.

Se mettre à l'écoute des diocèses qui ont exprimé le désir de voir revenir ou s'implanter des frères mineurs. Marseille proposait un quartier : Noailles, très cosmopolite, avec des communautés très typées. Impression de se retrouver dans le souk de Marrakech ou de Mekhnès. Demande de Mgr Pontier. Depuis avril 2009, 5 frères, dont 3 prêtres, sont à Marseille, marqués par le quartier, la vie fraternelle des relations au quotidien. Responsabilité particulière : rouvrir l'église de la Trinité, rue de la Palud. Fraterniser, être présents comme des mineurs pour témoigner, rendre grâce de cet amour qui nous marque et le faire naturellement. "Nous sommes appelés à vivre l'inter-religieux par les pieds" ! Milieu très musulman avec des accents plutôt radicaux. Comme François à la rencontre du sultan : nous devons nous présenter comme des frères résolument ouverts, dépositaires d'un trésor. Beaucoup de musulmans se réjouissent de notre présence parce qu'ils voient en nous des hommes de Dieu. A priori positif et bienveillant, nous pouvons donc se sentir à l'aise sur ce qui les fait vivre.

Situation de fondation. En disant "oui" à notre mère l'Église, on s'expose à dire "oui" à ce qui nous est donné et demandé : maison trop grande ! désappropriation, dépendance… Ce sont les événements qui vont nous enseigner sur ce à quoi nous sommes appelés : se dessaisir de ses projets aussi stimulants et construits soient-ils. L'accueil des petites gens est très touchant.

 

 

 Frère Christian Brailly gardien du couvent d'Avignon

 

"Si l'un des frères tombait malade…". Le service des frères aînés est une grâce particulière. Le couvent abrite 15 frères (bientôt 16) dont 6 ont plus de 80 ans, 2 plus de 70 et 7 entre 50 et 70, plus 3 frères rattachés à la fraternité. Tous sont, au même rang, appelés à vivre le charisme franciscain. Chacun vit sa vocation selon sa personnalité. Un frère de 89 ans met 1h30 pour préparer la chapelle, l'autre de 87 ans qui se lève à 5h du matin s'occupe du petit-déjeuner… La retraite, ils la font chaque jour, comme un pèlerinage, tout au fond de leur cœur.

J'apprends le métier de gardien. On est sur le même bateau, il faut un capitaine : le Christ et des matelots. Des auxiliaires de vie viennent chaque jour ainsi que des infirmières et deux aides ménagères. C'est un changement total d'habitude : être là présent. Le plus important obéir au Christ.

 

 

 Sœur Nicole Guilbaud, clarisse de Riez

 

Claire et sa règle, c'est le pôle féminin de la spiritualité franciscaine. À son époque, pour avoir un statut juridique, elle doit s'appuyer sur la règle de saint Benoît. Mais elle veut quelque chose de particulier. Elle attend presque 40 ans pour la ratification de sa règle par Innocent IV.

Le Testament de Claire : vie de prière, lien à l'ordre des frères, pauvreté, vie communautaire. Claire vit dans l'intimité de Dieu et du Christ. Sur son lit de mort, elle dit "Béni sois-tu Seigneur de m'avoir créée !"

Claire ne parle jamais de "règle", mais de "forme de vie". Elle met l'accent sur la pauvreté et la vie communautaire et relationnelle avec un aspect particulier : la démocratisation, on dit "l'abbesse et ses sœurs". C'est la communauté tout entière qui prend les décisions. Vivre dans l'obéissance, sans rien en propre, dans la chasteté.

En 1964, le cardinal a souhaité créer des lieux de prière., d'où la fondation de Riez. La fraternité est volontairement limitée à un petit nombre. À Riez, les sœurs sont locataires de la commune. Type simple de gouvernement, de relations fraternelles, de prière partagée. Attention soutenue aux personnes et aux situations. Communauté fraternelle en référence constante à l'Évangile, tendant à un partage de vie facilité par le petit nombre. Fraternité responsable, pour le bien de toutes. Esprit d'abandon à la Providence tout en travaillant au quotidien. La chasteté nourrit la charité fraternelle et en devient le signe. Elle s'épanouit dans la liturgie, parole de Dieu. Retrait, lieu de silence, de prière, d'écoute. C'est en partageant son expérience spirituelle que Claire ouvre un espace de vie et un espace au désir de vivre.

 

 

Sœur Françoise Ouzani, petite sœur de saint François

 

La congrégation est née à Angers en 1873. La fondatrice est une jeune fille pauvre, malade et illettrée. Remarquée de beaucoup de jeunes filles qui l'entouraient et travaillaient avec elle, elle n'avait pas prévu de fonder. "Petites sœurs de saint François", "petites" et "sœurs", deux attitudes évangéliques qui caractérisent la congrégation. La fondatrice était tertiaire de saint François. Les sœurs sont présentes dans 12 diocèses, en France, en Algérie et en République Centre Africaine. Les petites sœurs vivent ensemble l'Évangile. Obéissance, pauvreté, chasteté, présence fraternelle à tous, de préférence aux petits et aux pauvres.

Elles sont à Toulon depuis 19 ans, où elles habitent la cité HLM du Jonquet en milieu musulman et gitan. Elles ont été appelées par les Frères Capucins, Elles font partie de la diaconie du Var, au milieu des frères de la rue. Dans la cité, elles assurent la coordination d'une maison de quartier, travaillent avec les mamans du Maghreb, couture, cuisine, enfants. Il s'agit de faire un pont entre les paroisses et la cité.

La vie en fraternité est essentielle, c'est le lieu d'où l'on part en mission et où l'on revient. Lieu de paix et de prière. Attention à préserver un climat. Point de ressourcement. On ne peut pas exister tout seul mais ensemble.

C'est une grâce d'être franciscaine, liberté d'être avec tous les frères, simplicité de joie et d'espérance. Les rencontres renforcent cela. François est l'homme de la rencontre de plus en plus dépouillé. "Le Seigneur nous a envoyés évangéliser les hommes. Mais as-tu réfléchi à ce que c'est qu'évangéliser les hommes ? Évangéliser un homme, vois-tu, c'est lui dire : Toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu'il sente et découvre qu'il y a en lui quelque chose de sauvé, quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu'il pensait, et qu'il s'éveille ainsi à une nouvelle conscience de toi. C'est cela lui annoncer la bonne nouvelle. Tu ne peux le faire qu'en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, désintéressée, sans condescendance, fait de confiance et d'estime profondes." (Sagesse d'un pauvre, Éloi Leclerc, éditions franciscaines 1959, p. 139)

"Notre vie franciscaine est une très belle histoire d'amour et une action de grâce".

 

 

 Robert et Bernadette Jolly de Munsthal du diocèse de Digne

 

Robert et Bernadette ont fêté leur 50 ans de mariage chez les clarisses le 13 janvier 2008. Ils ont rencontré la spiritualité franciscaine en 1971 avec Max Planck et Jean Jouve. Ils se sont engagés en 1973, ont été marqués par leur voyage en Italie en 1975. Ils ont assuré la responsabilité régionale, puis ont fait partie du bureau exécutif à Orsay, puis du bureau national. Ils sont à Volones près de Sisteron depuis leur retraite professionnelle en 1996. Un long article dans le n° 11 de d'avril-mai-juin 2008 de l'Olivier retrace leur parcours.

 

 Michèle et Jean-Marie Schuster du diocèse de Nice

 

Michèle et Jean-Marie, engagés dans la fraternité franciscaine de Bitche, ont 4 enfants, deux filles qui vont se marier, un fils capucin et un fils chocolatier. En 2002, Jean-Marie est affecté à Nice, invitation au dépouillement. Ils participent d'abord à la distribution alimentaire avec les pauvres dans les rues de Nice avec les sœurs de Mère Térésa. Vie dans la cité de l'Ariane multi-culturelle. Petite communauté paroissiale dans un milieu à majorité musulmane. Développement de relations de proximité. Il faut durer, le pauvre est présence de Dieu. On ne s'habitue pas à la pauvreté, elle est difficile au quotidien.

À présent, engagement au sein de l'association MIR et communauté de vie à Sospel avec 16 personnes dans la précarité. Temps de prière, désir d'abstinence. "Les pauvres nous relèvent". Travail avec les pauvres : production d'huile d'olive, de paniers. La communauté a une ferme. Chacun apporte ce qu'il est. Développement de l'idée d'un travail régulier pour permettre aux personnes présentes d'être occupées et de dépasser leur addiction. Certains s'en vont, les départs sont vécus douloureusement. Certains reviennent quelquefois. Être aimé, c'est à jamais.

La proposition de la communauté : vie communautaire, travail et prière dans la régularité. Mais il est nécessaire de s'adapter au cas par cas. Prière fraternelle de soutien. Accueil dans le beau, le bon.

Projet d'un hôtel social pour loger les personnes qui travaillent et qui sont pauvres. Les projets sont la réponse à des personnes. "Chacun est précieux à nos yeux et chacun est important dans la communauté".

L'expérience est difficile, par moment désir de retourner dans le monde. Ce sont les gens accueillis qui donnent la force de continuer.

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 13:24
 

castille-2009-a.jpg

8è centenaire et historique de la Règle. FSF PACA La Castille 6-7 Juin 2009

 

Une partie du débat à propos de cette année jubilaire, 1209 – 2009, pourrait porter sur le fait d’avoir retenu un événement fondateur plus qu’un autre, celui de l’approbation de la règle par Innocent III, et d’en faire le moment de naissance de l’Ordre franciscain.

Cela va bien dans la perception officielle de lier la naissance d’une communauté nouvelle avec sa reconnaissance par l’autorité de l’Eglise. Rien de plus normal à priori, l’Etat civil fonctionne de la même manière. C’est une sécurité pour tout le monde. De plus, dans le contexte de l’époque d’un retour radical à l’Evangile, il est important pour l’Eglise de vérifier la démarche des fondateurs.

Reste une autre question en plus de la date choisie, 1209, celle de la symbolique de l’événement et du sens donné à cette célébration. Que fêtons-nous exactement : le 8è centenaire de la fondation de l’Ordre ou celui de la naissance du charisme franciscain ? Autrement dit, s’agit-il de la naissance de l’Ordre (1e, 2e, 3e) ou d’une spiritualité, voire même d’un mouvement plus large ? Célébrons-nous l’institution ou l’intuition mise en route ?

 

 

- Un événement parmi d’autres :

 

Parmi les fresques de Giotto de la Basilique supérieure d’Assise, à voir sur place ou les reproductions de l’exposition itinérante d’Ars Latina, il en est une qui retient notre attention parce qu’elle évoque bien cet événement repère du huitième centenaire : celle où François et les onze premiers frères, tous tonsurés et en habit de l’observance, remettent la règle et en reçoivent approbation de la part du pape. A regarder de près le texte que tend le pape à François, on peut lire en première ligne « Regula est bullata… ». L’épisode relaté est donc celui de l’approbation de la Règle officielle. Hors le texte qui a reçu la signature papale est celui de 1223 (par Honorius III). Et nous savons qu’en 1209, la communauté naissante ne reçoit (du pape Innocent III) qu’une approbation orale, encouragée à faire ses preuves. D’où la nécessité d’approfondir l’histoire de la Règle : 1209,1221, 1223.

 

Cet événement, aussi important soit-il, est-il celui de la naissance de l’Ordre ? Sans doute si l’on s’en tient à l’aspect canonique et juridique. Mais d’autres épisodes de la vie de François et de ses frères marquent à leur manière, la naissance du « charisme franciscain », et même la naissance de l’Ordre.

 

Les mêmes fresques, ou les biographies, pourraient nous inviter à nous fixer sur d’autres événements : l’Evangile de la Saint Matthias, l’accueil des premiers frères dont Bernard de Quintavalle qui ne serait que le second, la mise en route du petit groupe à Rivo-Torto, ou le chapitre des nattes à la Portioncule que l’on retrouvera un peu plus loin. Peut-être ne faut-il pas se limiter à l’étape de l’officialisation du mouvement. Reconnaissons toutefois à 1209 d’être un événement vécu par l’ensemble du groupe, et ne se limitant pas à l’histoire personnelle de François, comme aurait pu être l’épisode du crucifix de St Damien.

 

Célébrer ce jubilé nous renvoie donc à relire certains épisodes fondateurs ou déclencheurs du mouvement. La question est d’autant plus délicate à solutionner que François n’a pas cherché à fonder, mais il s’est trouvé sollicité par d’autres, eux-mêmes séduits par l’aventure.

 

 

- La vie de st François, un modèle de vie franciscaine (François Delmas)

 

La vie de François fut elle-même la règle de sa jeune fraternité des premiers temps. (Speculum 68). Il est devenu disciple de Jésus-Christ, et des disciples se joignent à lui. C’est dans sa manière de vivre et dans les aspirations qui l’habitent qu’il choisit les accents de sa communauté, même si certains biographes présentent l’histoire de la nouvelle communauté comme en quête des critères de la vie apostolique. L’accent le plus fort étant peut-être avec Bonaventure, faisant de François un autre Christ, entouré de ses disciples : idée qui sera largement exploitée.

 

C’est dans les années 1206-1209 que nous pouvons dater la période de la naissance et du développement des idéaux qui formèrent la base de la vie franciscaine. Au début une seule idée le hante : la volonté de quitter le monde et de se mettre inconditionnellement au service de Dieu, en vivant dans la pauvreté. C’est le geste du dépouillement devant son père, s’en remettant au Père.

Parmi les points forts, retenons son amour passionné de son Seigneur, pauvre et crucifié. De cette découverte dans sa vie, il en retient de se consacrer à Dieu, dans une fidélité à l’Evangile. Pauvreté, minorité, fraternité seront comme les trois piliers de cette vie solidement enracinée en Christ qu’il ne cesse de contempler comme chemin qui conduit au Père, le souverain Bien.

L’arrivée de compagnons qui veulent le rejoindre dans le don total va transformer le projet d’une aventure personnelle et individuelle, en aventure communautaire où la place de la relation entre les membres va elle-même devenir importante. La notion de fraternité, base de la structure du groupe, devient ce serment qui unit les frères comme membres d’une même famille.

 

Si d’autres mouvements radicaux retiennent déjà ces points forts évangéliques, au point d’aller jusqu’à fonder leur propre courant hors de la communion ecclésiale, la caractéristique de François d’Assise est bien de situer sa démarche en accord avec l’évêque (rappelant ainsi son geste de dépouillement et l’accueil de celui-ci qui le couvre de son manteau), dans l’attachement et l’obéissance à l’Eglise, motif qui justifie à lui seul l’événement retenu comme point de départ.

 

 

- L’histoire de la règle de 1209 à 1223.

 

Premiers pas vers une règle :

Dès le début de la vie de la nouvelle communauté, François doit baliser la vie du groupe naissant. N’étant plus seul, un accord minimum avec les compagnons venus se joindre à lui doit gérer la vie communautaire. Lui-même, personnalité assez forte, est rapidement confronté à des tendances qui s’expriment autour de quelques points qui font difficulté, notamment la question de l’argent, des bâtiments et de la réflexion intellectuelle.

De plus, tenant à rester au sein de l’Eglise, il tient à obtenir son autorisation pour vivre son projet, même si celle-ci souhaite qu’il se rattache à l’une ou l’autre règle de vie existante. Pourquoi créer du neuf dans toute cette agitation ? Faudrait-il autoriser chaque illuminé alors qu’existent déjà plusieurs règles, notamment monastiques François ne s’en satisfait pas. C’est à autre chose qu’il se sent appelé par le Seigneur :ni la vie monastique, ni celle de prêtre. Il choisira d’en écrire une dont il demandera approbation aux autorités. Plutôt qu’une règle qui impose et dirige, il s’agira d’exprimer la « forme de vie » adoptée.

 

Forme de la règle primitive :

Lorsque François va à Rome en 1209, il semble que ce ne soit pas la première fois. L’accès au pape n’est pas non plus des plus simples. Mais avec l’appui de l’évêque d’Assise, Guido, qui a suivi dès le départ son itinéraire, les portes s’ouvrent, et le cardinal Jean de St Paul facilitera le contact.

François vient, avec des frères, mais également avec une expérience, une pratique, si ce n’est avec une organisation structurée. Tout le début du Testament parle de l’expérience personnelle de conversion de François. « la grâce de commencer à faire pénitence , l’expérience des lépreux, la foi dans les églises »

Puis c’est l’arrivée des premiers frères « donnés » par le Seigneur qui lui dicte sa vie « selon le saint Evangile ».C’est alors qu’un texte devient nécessité. Il écrit « je fis rédiger un texte en peu de mots bien simples, et le seigneur pape me l’approuva ». La formule ne laisse pas de place au doute :l’initiative vient de François et de lui seul.

 

Que contenait ce texte et qu’est-il devenu ?

Nous n’avons plus ce texte. Que dans l’histoire difficile des premiers temps il ait été éliminé, rien de surprenant. N’étant pas reconnu canoniquement et faisant la part belle aux débuts de la fraternité, il ne devait pas satisfaire certains courants plus favorables à une plus grande reconnaissance. Comme pour d’autres mouvements, il s’agit d’un « propositum »,qui rassemble l’essentiel du projet de vie sans forcément les contraintes juridiques et canoniques qui seront incluses dans les textes suivants.

Le Testament donne quelques éléments du contenu (v.16 à 23) : distribution aux pauvres des biens, pour vêtement une seule tunique, rien de plus ». La prière est celle de l’Eglise (office), laïcs ou clercs.

Simplicité de vie et travail (ceux qui ne savent pas travailler qu’ils apprennent », et salutation de la paix du Seigneur.

« Accueil des recrues, démarche initiale, vêtement, prière, travail, prédication de la paix, voilà donc, avec une probabilité assez grande, les points fondamentaux de cet écrit « en peu de mots » que François et ses premiers frères emportaient avec eux pour que le Pape l’approuve. » (Th Desbonnets «  De l’institution à l’institution »)

De la règle non approuvée de 1221 à la règle définitive 1223 (Fr Delmas p.127 Processus d’institutionnalisation de la Religion Mineure.

Fin juin 1219 François, accompagné de Pierre de Catane, Illuminé et d’autres frères s’embarquent à Ancone pour Acre puis Damiette où ils rejoignent les croisés. Il y rencontrera le Sultan qu’il ne convertira pas, mais avec qui il posera un acte toujours actuel, celui d’une rencontre faite de respect de la différence et de fraternité.(à reprendre dans les défis pour aujourd’hui)

Pour gouverner en son absence François a nommé deux vicaires, Matthieu de Narni et Grégoire de Naples, l’un pour l’accueil des candidats et l’autre les visites aux frères. Ceux-ci prennent des initiatives qui tendent à aligner le mode de vie des frères sur celui de la vie monastique. Un frère laïc rejoindra François pour l’en avertir. François se tourne alors vers le pape Honorius III duquel il obtient que le cardinal Hugolin soit nommé officiellement « Protecteur des frères mineurs et des sœurs pauvres ». Entre deux, le 22 septembre 1220 le pape, voyant l’intérêt de la Fraternité pour l’évangélisation, souhaite des frères formés et décide de l’instauration d’une année de noviciat pour les candidats

 

François démissionne de sa charge, pas de l’inspiration.

Un chapitre extraordinaire est convoqué par François et Hugolin pour les derniers jours de septembre 1220. Ce chapitre annule les prescriptions ascétiques ajoutées par les vicaires à la Forme de vie au chapitre précédent. François y abandonne le gouvernement et le confie à Pierre de Catane qui devient  ministre et serviteur de toute la Fraternité. « Dorénavant je suis mort pour vous, mais voici Pierre de Catane à qui moi comme vous nous obéiront tous » (compilation d’Assise). Pierre de Catane meurt cinq mois plus tard. François nomme Elie pour lui succéder.

 

Le Chapitre des Nattes de 1221 à la Portioncule.

En raison de la croissance numérique de la Fraternité, c’est le dernier chapitre où tous les frères sont invités. Jourdain de Giano qui y participe indique qu’ils sont plus de 3000 frères auxquels il faut ajouter de nombreux visiteurs dont un cardinal, des évêques…Ne disposant pas de locaux, les frères campent dans des huttes. C’est le célèbre chapitre des Nattes ! Quant à la nourriture, elle est fournie par la générosité de la population locale.

Ce chapitre décide l’envoi de nouveaux frères en Allemagne sous la conduite de Césaire de Spire. et y « est approuvée la version finale de la Forme de vie que les frères mineurs n’ont cessé d’enrichir depuis 1209. Ce texte qu’à la demande de François Césaire de Spire a complété par de nombreuses citations des évangiles est destiné à devenir la Règle de la Religion mineure. François et Elie le soumettent au Saint Siège, mais comme il ne répond pas aux critères canoniques en vigueur, la Curie romaine refuse de l’approuver, d’où l’appellation de Regula non bullata. » (Fr Delmas,p 134)

 

Comment ne pas évoquer ce long texte de 1221, plus spirituel que juridique sans souligner l’ensemble des recommandations faites aux frères, autant dans leurs rapports que dans la manière d’être, de vivre ou de prêcher. Ne doit-on pas souligner plus particulièrement le chapitre 22 (Admonition aux frères) belle exhortation spirituelle. Que dire du chapitre 23, superbe prière et action de grâce ? La conclusion du texte est une bénédiction de François.C’est également au cours de l’année 1221 qu’est approuvé la proposition de vie de la Fraternité de la Pénitence (futur Tiers-Ordre) par la bulle « Memoriale propositi ».

 

La Regula Bullata, 1223

Si l’année 1222 semble calme au plan institutionnel, l’année 1223 est une nouvelle étape pour la Règle. Le Saint Siège ayant refusé le texte de 1221, François se retire dans l’ermitage de Fonte-Colombo. Il y séjourne entre de janvier à avril en compagnie des frères Léon et Bonizo de Bologne. Il réussit à conserver l’essentiel du contenu de la Regula non bullata dans un texte plus concis et de forme plus juridique. Celui-ci est entériné au chapitre de la Pentecôte, puis transmis à la Curie romaine. Le pape Honorius III approuve ce texte par la bulle « Solet annuere », datée du 29 nov.1223.

 

Quinze ans après sa constitution, la petite communauté de pénitents assisiates est devenue un ordre puissant, l’Ordre des Frères Mineurs, fort de plusieurs milliers de membres. Presque au même moment survient la fondation à Bologne du premier studium de théologie, dont le premier maître sera Antoine de Padoue entré dans l’ordre en 1220. C’est bien cette Regula bullata que nous promettons d’observer. Comme indiqué, elle est plus courte, plus juridique que la précédente, tout en gardant l’essentiel : « la règle de vie des frères mineurs est la suivante : observer le saint Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant sans rien en propre et dans la chasteté ».

- D’autres Règles : Ermitages et Troisième Ordre

 

Bien qu’ayant accompagné Claire dans son désir de se consacrer elle aussi au Seigneur, à la suite de François, celui-ci ne lui a pas écrit de règle, seulement une exhortation et un engagement (inclus dans le texte de la Règle de Claire « par moi-même et par mes frères, pour vous comme pour eux, un soin attentif et une affection toute spéciale ». L’Ordre des Pauvres Dames sera le premier à avoir une règle écrite par une femme et pour des femmes. Nous savons tout l’acharnement et la détermination de Claire pour obtenir gain de cause. Elle recevra du pape Innocent IV l’approbation de la Règle l’avant veille de sa mort, le 9 août 1253. Elle meurt le 11 août.

 

Règle pour les ermitages.

On ne peut fixer avec certitude la date de cet écrit. Il existait probablement déjà en 1218. Il prouve que l’attrait de la solitude se faisait déjà sentir dès les débuts de l’Ordre, et que François l’approuvait. Nous nous souvenons de sa propre interrogation pour lui-même. Que dois-je faire ? Quelle est la volonté du Seigneur : s’adonner à la contemplation ou aller prêcher par le monde ?

La Règle prévoit bien les moyens d’un retrait, tout en maintenant que cette démarche se fait en fraternité : « les frères qui veulent mener la vie évangélique en fraternité dans les ermitages y habiteront à trois, ou quatre au plus…»

 

Règle du Tiers Ordre.

Pour évoquer cette mise en route des laïcs franciscains et de la Règle qui leur est donnée dès 1221 (déjà signalé) regardons le livre « des laïcs dans l’Eglise . La fraternité séculière de st François », la naissance du Tiers ordre est évoquée en référence à ce couple du bourg de Preggio qui devint « pénitent » en demeurant dans sa propre maison (L.P.27), et au célèbre Lucchèse vénéré comme le premier « laïc pénitent »qui entre officiellement dans la famille franciscaine. Il sera suivi de sa femme Bonnadonna et de nombreux chrétiens de la ville (p .137)

C’est à tous ces chrétiens « religieux, clercs et laïcs, hommes et femmes, pour ceux qui habitent dans le monde entier » désireux de faire pénitence, de changer de vie, et peut-être plus particulièrement aux pénitents laïcs entrés dans la mouvance franciscaine que François a adressé sa « lettre à tous les fidèles ». Document où il rassemble une série d’exhortations destinées à tous ceux qui ont décidé de se convertir à l’Evangile. (cf. 61-62)

 

 

800 ans d’une vie riche et mouvementée

 

Sans entrer dans le détail de l’histoire de ces 800 ans, nous savons la richesse d’une telle longévité et les difficultés qui ne manquèrent pas.

Si tout a commencé du temps même de François, avec la querelle entre spirituels et frères de la communauté, il nous faut considérer que l’enjeu est dès le départ, l’interprétation de la Règle. Comment ne pas rappeler ce passage à la fin du Testament de François, révélateur d’un réel problème « Que les frères n’aillent point dire : voilà une nouvelle Règle ! Non : c’est un retour sur notre passé, une admonition, une exhortation… Le ministre général, les autres ministres et les custodes sont tenus, par obéissance, de ne rien ajouter ni retrancher à ces paroles… dans tous les chapitres qu’ils tiennent, qu’ils fassent lire aussi ce texte après la lecture de la Règle. »

 

Sans cesse la tentation sera d’interpréter la Règle au profit de l’une ou l’autre tendance qui voit le jour. Tentation qui se manifeste au fil de l’histoire : que ce soit avec les courants qui naissent, ceux de l’Observance quelqu’en soit le nom suivant les origines, ou la réforme qui a persévéré jusqu’à nos jours, comme les capucins nés au XVIè siècle.

Aujourd’hui encore, des mouvements comme les renovati en Italie, ou les franciscains du Bronx, témoignent toujours de la même vitalité d’une règle qui suscite la naissance de mouvements mettant l’accent sur l’un ou l’autre aspect d’une manière plus radicale.

 

Reconnaissons également que le texte de la Règle de François n’est pas seul en cause. Si des expressions se font jour, si des courants naissent, c’est bien souvent en fonction des personnalités qui les portent, et en fonction d’une situation ecclésiale, ou sociétal, qui en facilite l’émergence. Les réformateurs ne jaillissent pas d’une manière spontanée, mais portés par un cadre qui en facilite ou suscite l’émergence. Sans doute existe-t-il, en lien avec ces mouvements, des appuis variés qui les soutiennent

La Règle suscite réactions. Un tel texte du XIIIè n’est donc pas un texte mort. Il a toujours une actualité, et une pertinence pour notre époque.

Déjà cela a abouti à un ordre à Trois branches. Le sens d’une célébration du 8è centenaire est bien de souligner et célébrer « la grâce de nos origines » comme le rappelait la lettre du ministre général invitant à entrer dans un cheminement de 3 ans de préparation et de célébration).

 

- De la Règle au Projet de Vie


(à partir de la boîte à outils fiche 3-1)

De même pour les laïcs, le texte du départ est revu et corrigé en 1289 par le pape franciscain Nicolas IV comme la nouvelle Règle des Pénitents. Dès lors il fut appelé « Règle du Tiers Ordre ».

Il restera en vigueur jusqu’au pape Léon XIII qui l’abrège pour le rendre plus accessible. Il y inclut également la dimension de « formation sociale » pour tous les nouveaux membres.

Le 24 juin 1978, le pape Paul VI approuve la nouvelle Règle rénovée de l’Ordre franciscain séculier », notre actuel « Projet de Vie », qui remplace la Règle dite « de Léon XIII ». Elle est le fruit d’un long travail, accompli par les fraternités de laïcs et les frères du 1er Ordre dès 1966. L’Eglise la donne à tous les laïcs franciscains comme proposition de vie, comme « Projet de Vie ».

Ce texte donne à chacun des orientations pour vivre l’Evangile à la manière de François, non pas des bornes mais des jalons pour aider à suivre le chemin. C’est une manière de vivre proposée à ceux que le Seigneur a rassemblés dans la Fraternité franciscaine séculière.

 

Vers une nouvelle édition du Projet de vie de la fraternité.

Au cours des années plusieurs éditions ont vu le jour. Quelque soit la couleur ou le format (livret bleu de 1978, orange de 81, vert (Arbre), le texte est le même, mais complété pour enrichir une réflexion personnelle et un approfondissement au sein de la fraternité. Une nouvelle édition va sortir en 2009

Pour le Bureau National, Régis Laithier le présente en ces termes :

 

« Nous avons le grand plaisir de vous présenter une nouvelle édition du Projet de Vie de la Fraternité franciscaine séculière. Notre "Règle" qui est cœur de ce projet, est signée par les trois ministres généraux du premier Ordre et celui du Tiers Ordre régulier ; elle a été approuvée par le Pape Paul VI en juin 1978. Elle s'appuie sur la précédente, celle du tiers ordre franciscain, cela montre qu'elle a évolué au cours des siècles pour s'adapter aux hommes de ce temps tout en gardant son souffle d'origine, son esprit franciscain et l'approbation de l'Eglise.

Ce document, fruit d'un travail long et approfondi de la commission formation de la Fraternité, propose, en appui de chaque article, des textes permettant d'approfondir la réflexion. Il s'agit d'un document de référence pour les laïcs qui souhaitent suivre le Christ à la manière de saint François d'Assise.

Ceux qui vivent en fraternité depuis plusieurs années pourront s'y replonger avec profit pour leur vie personnelle et pour la vie en fraternité. Ceux qui souhaitent découvrir la vie des franciscains séculiers et les orientations spécifiques à la spiritualité franciscaine pourront le lire avec intérêt.

C'est bien de Vie dont il est question dans ce "Projet", de la vie de l'homme dans toutes ses dimensions humaines et spirituelles, dimensions présentes dans la perspective chrétienne et franciscaine : "quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme". François nous a montré un itinéraire particulier à la suite de Jésus-Christ.

Relisons aussi et gardons dans le cœur cette belle exhortation de Jean Paul II qu'il a adressée deux fois aux laïcs franciscains : "Lors de la rencontre que j'ai eue, il y a plus de vingt ans, le 27 septembre 1982, avec les participants à l'Assemblée générale de votre Conseil international, je vous exhortais: "Etudiez, aimez, vivez la Règle de l'Ordre franciscain séculier, approuvée pour vous par mon prédécesseur Paul VI. Elle constitue un authentique trésor déposé entre vos mains, en accord avec l'esprit du Concile Vatican II et correspondant à ce que l'Eglise attend de vous". Je suis heureux de pouvoir vous adresser des paroles semblables aujourd'hui: étudiez, aimez, vivez aussi vos Constitutions générales!

Enfin, laissons la parole à François qui nous invite à la persévérance afin de mieux nous encourager : "Tous ceux et toutes celles qui agiront ainsi et qui perséveront jusqu’à la fin, l'Esprit du Seigneur reposera sur eux et fera en eux son habitation et sa demeure et ils seront les fils du Père céleste." 1Let2, 48,49

 

Signalons, en complément Arbren°272, au titre évocateur de ce qu’est ce Projet de vie partagé par tous les franciscains, de l’Ordre (1-2-3…) : Etre frère. Il veut présenter la particularité de la Fraternité Franciscaine dans cette dynamique de fidélité à la Règle.


Conclusion :- Tournés vers l’avenir

 

En guise de conclusion, je voudrais évoquer deux des événements, nationaux et internationaux liés à cet anniversaire. Ils se veulent être un lien entre passé et avenir, invitation à faire mémoire et avancer pour continuer ce chemin.

 

Dans la semaine de Pâques, du 14 au 18 avril 2009 s’est déroulé à Assise un chapitre des nattes assez particulier. Pour la première fois, il a rassemblé tout l’ordre franciscain dans des rencontres, témoignages et célébrations à la Portioncule et au Tombeau de François. Les frères avaient dressé la tente devant la Portioncule, lieu si important pour tous.

Frères Mineurs, de toute obédience sont venus au lieu source. qu’ils soient franciscains, capucins ou conventuels, du TOR et de l’OFS, voire même les frères anglicans. En route vers Rome, les ministres généraux ont renouvelé devant Benoît XVI à Castel Gandolfo le geste de François devant Innocent III (1209) et Honorius III. Dans sa réponse le pape a encouragé les frères dans leur vocation.

 

Un autre événement, à venir cette fois et nous concernant tous, est à relever : le rassemblement national de la famille franciscaine de France à Lourdes. Faisant écho à toutes les manifestations régionales, artistique ou intellectuelle, un tel rassemblement doit pouvoir stimuler chacun dans son engagement à vivre l’Evangile aujourd’hui, et au cœur du monde et de l’Eglise.

 

La vocation franciscaine n’est pas uniquement objet d’étude pour ce qui est du passé, elle est pleinement d’actualité et vécue par des hommes et des femmes de tous âges et situations, baptisés dans le Christ et qui souhaitent vivre leur foi chrétienne sous l’inspiration de François et Claire d’Assise. Le Projet de vie est toujours le même, malgré le poids des ans. Il est de l’ordre du défi à relever, comme le chantait un frère à l’occasion d’un précédent rassemblement :  « L’Evangile est un défi »

 

La fidélité à la règle n’est pas un retour nostalgique sur le passsé, elle se veut tournée vers l’avenir, dans une démarche de la famille franciscaine faisant fi de ses divisions historiques. Célébrer l’anniversaire d’un enfant c’est lui signifier qu’il grandit, conscient des difficultés qui pourront survenir. C’est lui faire confiance et l’assurer de notre accompagnement.

Il en est de même pour la Règle et ceux qui promettent de la prendre pour guide. Soyons suffisamment confiants et ouverts sur le monde pour discerner, en plus des difficultés, discerner la présence de Celui qui nous invite sans cesse à sa suite.

La Règle n’a pas pris une ride, l’Evangile non plus d’ailleurs.
 

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Défis et actualité du charisme franciscain 

François pour Aujourd’hui : introduction

 

Parler de Saint François d’Assise peut faire surgir en nous quelques images que la tradition chrétienne a retenues ou que la piété populaire s’est chargée de communiquer jusqu’à nous : le Cantique des créatures et le Sermon aux oiseaux pour les uns attirés par le côté écologie, l’épisode du loup du Gubbio ou encore la crèche de Greccio, pour d’autres séduits par le merveilleux. Images d’Epinal diront certains, voire un peu naïves. Mais faut-il vraiment s’en défaire ? Elles expriment des aspects bien réels de notre foi et interrogent encore aujourd’hui ?

 

Si Jean-Paul II déclara en 1979 Saint François patron de l’écologie, le 26 Octobre 1986 il invite à Assise les représentants de toutes les religions, à venir prier pour la paix. Le geste est renouvelé en 2002, avec invitation aux églises locales à faire de même. Mgr Saint-Macary, Archevêque de Rennes, demandera aux franciscains d’organiser la soirée chez les clarisses. Cela a eu pour effet de stimuler la famille franciscaine à œuvrer dans la rencontre inter-religieuse. Elle y a redécouvert un certain sens de la visite de François au Sultan, et l’urgence d’une présence accueillante à une société diversifiée.

Aujourd’hui, c’est peut-être, à travers l’action des « cercles de silence », initiée par les frères de Toulouse, que le message de François d’Assise se trouve actualisé de nouveau. Il prend toute sa dimension dans l’accueil et la défense du petit, du sans voix et sans papier. Cette action a la particularité d’être partagée cette fois avec des croyants d’autres religions certes, mais également avec des non croyants et des militants d’associations de défense des étrangers. De plus cette action ne reste pas dans l’espace religieux mais trouve son expression sur la place publique : chacun choisissant un lieu symbolique de la ville où il se trouve : le Capitole à Toulouse, la place de la Mairie à Rennes, le parvis de la Cathédrale à Rouen, le Conseil d’Etat à Paris…

 

Ces gestes, posés à vingt ans d’intervalle, reprennent les fondements de la spiritualité de François qui, au cœur des mouvements de son temps, a voulu que soit « réveillé le souvenir de celui qui était endormi » pour reprendre le texte de Celano à propos de la crèche. Avec d’autres gestes ou autres manifestations, culturelles ou artistiques, ils témoignent des défis du charisme franciscain aujourd’hui. Ils disent l’actualité de François d’Assise pour notre monde. Ils sont comme des défis pour notre société, mais peut-être d’abord des défis aux franciscains eux-mêmes.

En resterons-nous, comme membres de la famille franciscaine, à ses beaux idéaux, ou sommes-nous prêts, dans la continuité de nos sœurs et frères qui nous ont précédés, à poser des gestes nouveaux, à inventer, comme chaque époque a tenté de le faire, inventer pour proposer cette manière originale d’être à la suite du Christ et de vivre l’Evangile ? Pour cela, il nous faut sans cesse approfondir le message de celui qui un jour s’est laissé rencontrer par le Christ.

 

Car tout l’enjeu est là. Ou bien l’on retient l’aspect éclat, avec mise en valeur de tel ou tel franciscain et de son action forte qui donne à se faire voir ; ou bien, c’est le cœur de la spiritualité, le message qui l’anime, qui est au centre de la réflexion et de l’agir et qui motive la démarche publique. L’un, n’allant sans doute pas sans l’autre, il faut tenir les deux. Pour qu’un message passe, il faut bien quelqu’un pour le porter.

Pour être plus direct, je poursuivrai sur le cas du geste des « cercles de silence », d’autant plus significatif qu’il reprend en plus un mouvement historique plus ancien, celui de «la ronde des folles de la place de mai », ou celui des opposants à l’installation des fusées Pershing en Allemagne.

L’important n’est pas que des franciscains y soient repérés par leur tenue ou leur pancarte, et qu’ils soient sujets de reportages. Certes, c’est une bonne publicité que de les voir sortir de chez eux, diront certains, et qu’ils soient reconnus ! La visibilité avant tout ! De plus en interne, cela peut éveiller la conscience des frères eux-mêmes, de leur place dans la société et dans l’Eglise au cœur du monde.

Quant aux media, tant décriés et souhaités à la fois, ils répondent à la demande du public que nous sommes, un public qui aime tellement cloisonner et enfermer chacun dans un statut préfabriqué et immuable, un public qui aime également le sensationnel, l’atypique.

Ne l’oublions pas : ce qui compte dans tel ou tel engagement, c’est la cause défendue et la motivation. En la circonstance, l’enjeu est celui du présent des personnes enfermées et retenues, leurs conditions de vie dans les Centres de Rétention Administrative et leur devenir dans leur itinérance qui ressemble plus à de l’errance. De quelle manière sont-elles respectées, ou pas ? Pour reprendre deux films qui reprennent chacun à leur manière la question du déplacement et de l’accueil du déraciné, jusqu’au "délit de solidarité": « Welcome ! chez les ch’tis ! »

Notre spiritualité franciscaine ne peut nous laisser indifférents face à ces situations humaines tragiques, comme elle ne peut se taire devant toute situation de détresse qui renvoie au créateur et Père. N’y a-t-il pas à voir dans la contemplation de l’Incarnation de Dieu qui se fait le plus petit, l’un d’entre nous, une invitation au respect de la dignité de toute personne humaine. Le comment et les solutions ne sont pas de notre ressort. Mais alerter et orienter l’action des politiques est de notre responsabilité humaine, chrétienne, franciscaine.

 

Voilà une manière de poser l’intérêt et l’actualité de François d’Assise au XXIè siècle : aller à l’essentiel pour redécouvrir ce qui fait le centre de la démarche franciscaine en allant au cœur de l’Evangile. En célébrant cette année le « 8è centenaire du charisme franciscain », que ce soit vraiment cette passion de l’amour de Dieu qui nous habite. Que « le retour à l’Evangile », pour reprendre le titre du livre d’Eloi Leclerc, retour voulu et entrepris par François à son époque, soit aussi le notre aujourd’hui. Ainsi nous ferons notre l’essentiel de l’expérience de François résumée dans cette phrase de la Règle qu’il donne comme objectif à atteindre : « Que les frères soient attentifs à désirer par-dessus tout avoir l’Esprit du Seigneur et le laisser agir en eux » (2R10,8)

 

Nous pourrons reprendre les thèmes développés ça et là tout au long de cette année jubilaire, dans des manifestations variées : culturelles, artistiques, festives. Leur succès est l’attestation d’une actualité de la personne et du message de François et d’une attente de certains de nos contemporains vis-à-vis du Poverello. Les livres publiés à cette occasion rappellent combien François attire. Puissent ces manifestations interpeller ceux qui se réclament de lui, pour qui il est la manière de suivre le Christ.

 

Ainsi deux conférences récentes disaient l’actualité du message et du charisme franciscain :

 

- Le 28 avril, au collège des Bernardins à Paris : « Avec François d'Assise, des repères pour notre monde ? » Avec  Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social, François Soulage, président du Secours Catholique, François Delmas-Goyon, enseignant. C’est toute la question de la pauvreté qui fut soulevée. Dans une société particulière, face à un monde du commerce et de l’argent, face à une société qui divise et rejette (les lépreux), comment François s’est-il situé ? Et aujourd’hui, « Dans un monde traversé par de nouvelles violences, de nouvelles détresses, quel chemin de fraternité nous est ouvert par François d'Assise ? »

 

- Le lendemain, à la BNU de Strasbourg, dans un autre genre, plus proche de la recherche intellectuelle, le fr Thaddée Matura a parlé de L'influence de François d'Assise sur les maîtres franciscains du Moyen âge. Au milieu du XIIIe siècle, l'Ordre des Frères mineurs était devenu l'une des institutions les plus savantes du monde occidental. A l'époque de la redécouverte de la philosophie grecque et de la création des premières universités, émergent les figures d'Antoine de Padoue, Bonaventure, Pierre de Jean Olivi, Roger Bacon, Jean Duns Scot, Guillaume d'Ockham, les premiers maîtres de la pensée franciscaine. Cette fois, c’est plus un défi face au monde intellectuel qui est lancé : défi aux frères eux-mêmes, d’y participer et reprise des premiers débats internes de l’Ordre sur l’opportunité de ce travail intellectuel.

 

En octobre à Paris, ce sera le colloque sur Saint François…aujourd’hui. Je ne veux pas oublier de mentionner tout ce travail autour de nos sources qui doit aboutir à ce nouveau Totum. Invitation faite à chacun de retourner à la source pour se nourrir de ce qui en est la vie même.

Il y a également, et ce n’est pas fini, des spectacles au cours desquels chacun peut vibrer : Le livre Le très-bas, proclamé, l’ensemble Harmonia Sacra et sa tournée de concerts, en France et Belgique, remettant au goût du jour un franciscain conventuel du 17è s, Jacques Duponchel. Comment ne pas mentionner l’exposition des reproductions photographiques des fresques de Giotto qui continue son itinérance. Sans mentionner tout ce qui se vit ça et là…

Enfin l’année jubilaire se terminera par cette célébration à Lourdes sur 3 jours. Souhaitons que pour la famille franciscaine et tous les amis de Saint François , le défi d’un tel rassemblement soit un sommet et un départ vers les frères « commençons ».

Tout cela pour en percevoir la force et le dynamisme, il faut qu’il soit enraciné sur ce qui fait l’essentiel de notre charisme, et son actualité pour notre monde et l’Eglise. Je vais m’attarder sur 3 défis à relever à partir du charisme même de la vie franciscaine

 

A - VIVRE L’EVANGILE : 1er Défi

 

C’est le centre même de la spiritualité de François. C’est le sens même de sa vie. C’est la « forme » (ou Règle) de vie qu’il donne et qu’il propose : « Au nom du Seigneur. La Règle de vie des Frères Mineurs est la suivante : observer le saint Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l’obéissance, sans avoir rien en propre et dans la chasteté » (2R1,1). Rien d’original à cela pourrait-on dire, puisque c’est le projet de vie de tout chrétien qui au baptême est plongé dans la mort et la résurrection du Christ. Vivre l’Evangile est la base même de la vie chrétienne.

 

François en cela n’a rien inventé. Depuis plus de dix siècles des hommes et des femmes vivaient de cette Bonne Nouvelle de Dieu en Jésus-Christ. Toutefois, reconnaissons qu’à l’époque un retour à l’Evangile s’impose. A côté de l’image que donne la curie romaine ou les grandes abbayes, une exigence de purification et de plus grande authenticité s’impose à l’Eglise pour une meilleure crédibilité de la foi chrétienne. Nombreux sont alors les mouvements ou individus qui se lèvent et veulent prendre à la lettre l’Evangile. Un certain renouveau se manifeste, même si nombre des mouvements naissants ne sont reconnus par l’Eglise que comme sectes ou hérésies.

 

Ainsi, que penser de Pierre Valdo et des vaudois, des cathares et autres groupes ? Dans un souci de radicalisme et de perfection (il y a les parfaits !), ils favorisent une séparation d’avec l’Eglise à qui ils reprochent son manque d’authenticité dans sa manière de vivre le message évangélique. D’autres mouvements, moins radicaux donneront naissance à ces groupes d’humiliés ou de pénitents, dont François d’Assise semblera assez proche, jusqu’au nom même qu’il donne à son groupe naissant, les « pénitents d’Assise ». La caractéristique qui l’emporte chez lui est celle d’un dynamisme de la foi, évitant la rupture d’avec l’Eglise dont les comportements et les liens avec le pouvoir politique n’étaient pas exempts de reproches. Mais faut-il se séparer de sa mère pour autant ? François ne le veut pas.

 

François désire réussir sa vie, et pour cela fait tous les rêves de gloire. Il prend part à la vie de la jeunesse dorée d’Assise, dont il sera le roi. Il participe au combat de la commune, et à la démolition de la Rocca, renversant ainsi le pouvoir féodal. Puis ce seront les rêves militaires de guerre contre Pérouse, jusqu’au rêve de chevalerie avec le départ pour la croisade. Toutes ces aspirations ne seront effectivement que des rêves. La prison, la maladie arrêteront François qui cherchera ailleurs, auprès du Seigneur, sa vocation. « Qui vaut-il mieux servir, le maitre ou le serviteur ? » dira la voix de la vison de Spolète. « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » François découvre que le Seigneur l’appelle à autre chose que ces gloires éphémères. Il retourne à Assise et se met à l’écoute du maître, dans une longue quête de sens, faite de prière et de solitude.

 

C’est la rencontre de l’Evangile qui va déclencher son mouvement de conversion. En plusieurs épisodes, François est confirmé dans ce projet. Déjà en 1205 à St Damien il entend le crucifix lui demander « Va et répare mon Eglise. ». A la Portioncule, ce 24 février 1208, François entend l’Evangile de la St Matthias (1 Cel.22 p.209) et répond : « Voilà ce que je veux, voilà ce que je cherche, ce que du plus profond de mon cœur, je brûle d’accomplir ! ». Lorsqu’il va à Rome en 1209, présenter la Règle avec les premiers frères, il n’obtient qu’une autorisation verbale. « Pensez donc, vivre l’Evangile, attendons pour voir ! » semble lui dire la Curie.

 

Pourtant, dans la logique de sa contemplation du crucifix de St Damien qui exprime si bien le mystère du Christ, mort et ressuscité, François est saisi par cet amour de Dieu manifesté d’une manière si extrême en Jésus-Christ. Le don de Dieu en son Fils, venu partager notre humanité par amour, cela envahi totalement François. Ce mystère, il va le vivre en deux lieux devenus célèbres : Greccio et l’Alverne. Il s’agit même pour lui de faire le chemin de l’un à l’autre, comme le Seigneur lui-même, de l’Incarnation à la Passion.

 

Au témoignage de Celano relatant l’épisode de Greccio, François exprime ici le plus intime de sa foi. « Deux sujets surtout l’empoignaient tellement qu’il pouvait à peine penser à autre chose : l’humilité manifestée par l’Incarnation, et l’amour manifesté par la Passion » (1 Cel.84). De Greccio à l’Alverne, c’est aller du « Très Bas », selon l’expression de C. Bobin, au « Dieu plus grand », pour reprendre celle d’E. Leclerc. Et en citant Bobin, c’est croire que « rien ne peut être connu du très Haut sinon par le Très bas, par ce Dieu à hauteur d’enfance, par ce Dieu à ras de terre des premières chutes, le nez dans l’herbe » (p.37). La grandeur de Dieu est là pour François, dans sa pauvreté.

 

Pas étonnant qu’il ait voulu le voir, couché dans la mangeoire. La crèche que François n’a peut-être pas inventée, mais au moins remise à l’honneur en 1223, est cette réalité de la grandeur de Dieu dans la faiblesse de l’enfant-né. Et la grandeur de l’homme est dans ce mouvement de Dieu dans l’Incarnation. N’y-a-t-il pas là une invitation à entrer dans ce mouvement de Dieu, dans ce chemin de Dieu qui rencontre l’homme dans sa pauvreté ? Saurons-nous rencontrer Dieu dans sa pauvreté, dans cet enfant comme en tout pauvre, particulièrement l’exclu ? Et là nous pourrions reprendre l’épisode du baiser au lépreux (3 S 11// LM 1,5), comme l’insistance sur le soin des lépreux auquel François était attaché.

Pas étonnant non plus qu’il ait voulu ressentir en lui cet amour de Dieu, dans les souffrances endurées sur la croix. L’expérience de l’Alverne a lieu pendant le carême de la Saint Michel de septembre 1224 (L.M.13,1-3). François reçoit en sa chair les marques de la passion du Christ. C’est une expérience spirituelle qui le met en communion avec son Dieu. L’objectif n’est pas de souffrir, car les souffrances en elles-mêmes ne sont pas à rechercher. Ce que souhaite éprouver François, c’est quelque chose de cet amour de Dieu pour les hommes. Et cet amour s’est manifesté dans l’Incarnation jusqu’à la mort, et la mort sur la croix. C’est ce qu’il contemple dans le Christ de St Damien : le ressuscité qui a traversé la mort.

 

Une précision de Fr Bernard Forthomme peut nous éclairer dans l’approche des Stigmates : « Pour Saint Bonaventure, la stigmatisation est une autre crucifixion. La vie de François est une répétition de celle de Jésus. Rappelons que Jésus n’a pas été stigmatisé mais crucifié. Les plaies de François sont conformes aux représentations du Christ sur la croix, mais pas à la réalité des traces d’une crucifixion dans les poignets d’un homme mis à mort par ce supplice. » (B. Forthomme, Par excès d’amour. Les stigmates de François d’Assise, Ed.franc.2004)

 

L’évocation de ces quelques moments importants dans la vie de François nous fait saisir combien pour lui l’Evangile devient le centre, car le Christ le rejoint dans sa vie et il veut le suivre. Cette Bonne Nouvelle du Christ est le cœur même de ce qui le fait vivre. Toute sa vie devient Evangile vécu. Toute sa vie est contemplation de ce don merveilleux de Dieu lui-même, en Jésus, verbe fait chair. La Règle qu’il se donne est bien « observer le saint Evangile et suivre les traces de Notre Seigneur Jésus-Christ ». Déjà, en 1209 le texte proposé et auquel il fait allusion dans son Testament, « en peu de mots bien simples », et que nous ne possédons pas serait une compilation de passages d’Evangile. Notons que les textes suivants que sont 1 et 2 Règle, même s’ils satisfont aux formules juridiques (surtout la 2 R), sont parsemés de citations évangéliques, en particulier le passage sur la manière de voyager (1 R 14,1 et 2 R 3,13).

 

Vivre l’Evangile, pour mieux rencontrer le Christ, tel est bien l’objectif. Voilà comment nous laisser guider par le Seigneur lui-même. Quant à la manière de le vivre, reportons-nous au Billet à frère Léon, écrit de la main même de François, à son frère et compagnon de tous les instants : « Quelle que soit la manière qui te semblera la meilleure de plaire au seigneur Dieu et de suivre ses traces et sa pauvreté, adopte-la, avec la bénédiction du Seigneur et ma permission… ».

Là est résumé l’essentiel du Projet de François pour réaliser son désir le plus cher, se mettre totalement au service de Celui « qui était riche plus que tout, a voulu, avec la bienheureuse Vierge sa mère, choisir la pauvreté… » (Lettre à tous les fidèles, 2è rédaction, 1,5).

 

Une question pour nous-mêmes : sommes-nous prêts à nous nourrir et vivre de l’Evangile ? Quelle conversion cela implique-t-il ? Plus largement, quel est le centre de notre vie ? Le Christ est-il au centre de ma vie ? Quel message nous porte, dans un monde où les valeurs sont celles du bonheur pour soi ?

 

 

 

B - AVEC DES FRERES : 2e Défi

 

Rien n’a été prémédité ou programmé pour que d’autres se joignent à François. Certes, il devait avoir une multitude d’amis. L’argent de son père facilitant les choses, il attirait les jeunes de son âge pour les fêtes. Mais au lendemain de sa conversion, qui le suivrait ? Dans son Testament il reconnait « Lorsque le Seigneur m’eut donné des frères… ». Les frères sont un cadeau du Seigneur fait à François, donné les uns et aux autres, un cadeau fait à l’Eglise et au monde. Ils sont le premier lieu de cette fraternité qui est appelé à s’ouvrir.

C’est le Seigneur lui-même qui inspire à d’autres de le rejoindre sur ce chemin de conversion et de pénitence, dans cette vie de pauvreté. C’est l’action de Dieu qui opère au coeur de Bernard, Pierre, Gilles et tant d’autres… jusqu’à aujourd’hui. François ne reste pas longtemps seul. En 1209, ils sont douze à faire le voyage de Rome pour une première approbation. Puis ils deviennent rapidement un nombre important. Bonaventure nous parle d’un Chapitre des Nattes à la Portioncule où « on vit arriver une foule de plus de cinq mille frères et l’on manquait absolument de tout, mais Dieu dans sa bonté, leur vint en aide : un ravitaillement suffisant assurait la santé des corps et la joie spirituelle débordait » (L.M.4,10). Tout cela nécessite une organisation, puis une institution.

Le choix du nom que François donne à son groupe est important car motivé : l’Ordre des Frères Mineurs. Nous n’avons qu’un seul Père qui est Dieu. Aussi, on ne donnera pas ce nom, ni celui de maître ou de prieur à quiconque. Au contraire, Celano raconte : « La Règle comportait cette phrase ‘ Qu’ils soient petits ‘. Or un jour qu’on lisait la Règle, il interrompit : Je veux que notre fraternité s’appelle l’Ordre des Frères Mineurs » (1Cel 38). Pour lui l’Ordre est une famille, et François souhaite que l’on soit attentif les uns aux autres, en particuliers aux malades.

Cette relation fraternelle si présente dans les Ecrits caractérise la fraternité : que l’on regarde la Règle ou les Admonitions, conseils si précieux donnés aux frères. Les références aux frères, aux relations entre eux, à la nécessité de leur venir en aide est une caractéristique de la Règle et de ce qui est demandé aux ministres, serviteurs de leurs frères, serviteurs du Seigneur. Ainsi, comment ne pas relire la Lettre à un ministre « je vais t’expliquer comme je le puis ton cas de conscience… » (4 Let 2) et suit un ensemble de conseils de prévenance, d’écoute, d’attention à la fragilité du frère « agir envers lui avec autant de bonté qu’il en souhaiterait pour lui » (4 Let 17).

 

Un mot sur l’organisation de la fraternité qui diffère des ordres monastiques en place. Le lien avec les changements que vit la société est ici évident. Passant d’une structure féodale, avec une place prépondérante du Seigneur, à la structure communale du serment entre égaux, François semble s’inspirer de cette nouveauté. Les frères sont tous égaux qu’ils soient clercs ou non, même si on fait toujours profession dans les mains d’un « supérieur », le ministre. Il faudra attendre Bonaventure pour qu’un ministre général soit prêtre. Les charges ne sont pas à vie. Les chapitres, à périodes régulières, ont une place importante comme lieu de décision.

L’intuition de François qui manifestement n’est pas homme de gouvernement - il lui faudra s’accorder avec la curie romaine - apporte beaucoup d’originalité dans sa conception. L’institution et les clercs l’emporteront rapidement, et François démissionnera de sa charge au cours du chapitre de fin septembre 1220, avant même d’avoir écrit la Règle. Subsiste toujours cet objectif de Fraternité, vivre l’idéal des premiers chrétiens dans les Actes (partage, prière, mission), pour être signe du Royaume.

 

Mais, la fraternité ne se limite pas aux membres de l’Ordre. Dieu ne m’a pas donné que ces quelques frères. François élargit cette relation à tout homme, en particulier aux plus pauvres qui sont visage du Christ. Participant au mouvement communal il découvre que la société naissante, dominée par les bourgeois, écarte une partie, les plus faibles, les non productifs diraient-on aujourd’hui. De même, il nous invite à réentendre ce passage de l’Evangile à propos du Christ : « Il n’y avait pas de place pour eux à l’auberge ». D’où une attention de François pour les exclus de toute sorte.

 

Comment ne pas évoquer ici au moins deux catégories de « frères » auquel François veut être attentif : les lépreux qui représentent tous les malades, les brigands qui représentent les pauvres. Ils sont de ces pauvres que le Christ aime particulièrement. Rejetés à l’époque de François, aujourd’hui encore des catégories de malades ou d’exclus, sont ces frères à aimer. Prétendre à la fraternité en les ignorant, n’est pas une manière de vivre notre foi et notre engagement. A ceux-là on pourrait rajouter une troisième catégorie, les puissants : qu’ils soient Evêque, Podestat ou même Sultan.

Dans un même récit où Celano parle de la conversion de François, il relie les deux épisodes. En 1 Cel 8,16, il nous raconte comment François se trouve aux prises avec des brigands dans la forêt. Cela peut évoquer l’épisode plus tardif de Monte Casale et des brigands qui venaient « mendier » leur nourriture. Nous connaissons la suite : l’accueil que propose François, la manière de leur donner à manger… jusqu’aux entrées dans l’ordre (Fior 26).

Suit, après la parenthèse du monastère, l’épisode du baiser au lépreux (§ 17). « Par désir de totale humilité » nous dit Celano, il se rend auprès des lépreux. Celano cite ensuite la phrase du Testament qui fait référence à cet événement fondateur dans la conversion de François : »le Seigneur me conduisit parmi eux et je leur fis miséricorde ». C’est alors que le récit poursuit avec cette rencontre sur le chemin « il triompha de lui-même… s’approcha du lépreux et le baisa».

La troisième catégorie de « frères » que nous pouvons ajouter est celle des « puissants », de ceux qui ont un pouvoir. Lorsque François veut les réconcilier, il veut leur signifier qu’à eux aussi l’Evangile de la paix est annoncé. Vouloir faire la paix entre Evêque et Podestat, c’est bien montrer que la fraternité doit se vivre à tous les niveaux. « loué sois-tu mon seigneur pour ceux qui pardonnent », fait-il chanter.

Quant au Sultan, François espérait peut-être le convertir. Beau projet pour le faire entrer dans le salut. Retenons que si cet objectif n’est pas atteint, il y a au moins une rencontre de deux êtres, de deux cultures. Ce que François recherche et souhaite, il y parvient un minimum, fraterniser avec lui.

 

Pour François, vivre avec des frères ne se limite donc pas à la communauté de ceux qui ont choisi de le rejoindre. C’est avec eux en premier, et avec des exigences fortes, que l’Evangile est à vivre, la suite du Christ. C’est aussi avec la fraternité de tous les hommes, les petits et rejetés plus particulièrement, sans écarter ceux qui ont pouvoir sur d’autres. François est partie prenante de l’humanité dont il est membre. Puisque le Seigneur lui fait cadeau de frères, il les reçoit comme tels. C’est Dieu lui-même qui s’offre en cadeau pour l’homme, comme lors de l’Incarnation.

 

Une question sur le vivre en frères. Quelle participation à la vie du monde ? Sommes-nous prêts à nous engager avec nos frères en humanité, en particulier les plus petits, dans un monde où pointent réflexes identitaires et communautaristes ? Avec des frères, en Eglise ?

 

 

C - POUR LOUER DIEU : 3e Défi

 

Il fallait sans doute être un peu illuminé pour se lancer dans une louange générale, même à l’époque de François. A regarder le monde, d’hier ou d’aujourd’hui, avec ses conflits, ses luttes, ses crises économiques qui augmentent l’écart entre riches et pauvres… et que dire du « réchauffement climatique », peu de choses invitent au chant de louange. Peut-être est-ce pour cela que l’on taxe parfois François d’illuminé. Peu importe ce que l’on dit de lui, il veut chanter son Dieu et nous entrainer dans sa louange. Tout est source d’action de grâce, d’eucharistie, puisque en son centre il y a le don de Dieu en son Fils que nous célébrons. La louange ne peut être comprise sans se mouvement permanent de merci à Dieu, malgré les difficultés.

 

François veut rendre grâce car c’est le mouvement de la Foi, avec son sommet l’Eucharistie. Ce qu’il en dit dans l’Admonition 1 est le cœur de sa spiritualité. Comment ne pas citer les v 16 à 18 : « Voyez : chaque jour il s’abaisse, exactement comme à l’heure où quittant son palais royal, il s’est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour c’est lui-même qui vient à nous, et sous les dehors les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre… ».

Ainsi François retient trois lieux de la manifestation de la proximité  de Dieu : l’incarnation, le quotidien, et l’Eucharistie. Cette présence du Christ est source de l’action de grâce, avec cette attention et ce grand respect à l’eucharistie, et aux prêtres, si indignes soient-ils, qui célèbrent ce sacrement. Et dans ce « quotidien », comment ne pas y reconnaitre le sacrement du frère, celui avec qui je partage la vie en communauté, mais aussi la rencontre du petit, comme on le signalait dans la partie précédente.

 

Dans un élargissement François étend sa louange de Dieu à tout ce qui l’entoure, dans une prière cosmique. Le cantique des créatures trouve là sa place et sa raison d’être. Il ne s’agit pas d’une élucubration écologique, mais bien d’

une louange de Dieu, « par » et « pour » chacune des créatures posées et offertes à l’humanité, symbolisée par l’homme et la femme du 6é jour : et « Dieu vit que cela était très bon ». La création est reflet et expression de la présence et de l’action de Dieu. Le cantique de François veut exprimer la particularité de chacune et l’harmonie de l’ensemble, pour que l’homme accueille ce don et le fasse fructifier, à la gloire du Seigneur.

 

Louer Dieu, c’est rendre à Dieu ce qui vient de lui, lui qui est source de tout bien, comme François l’écrit dans la 1 R :  « Tous les biens rendons-les au Seigneur Dieu très haut et souverain ; reconnaissons que tous biens lui appartiennent ; rendons-lui grâce pour tout, puisque c’est de lui que procèdent tous les biens » (1R17,17). Là est la grande découverte et conviction de François : simple apparemment, mais qui motive sa vie et sa prière, comme mouvement vers ce Dieu de qui tout provient et à qui tout est dû.

Il est impossible d’évoquer cette louange de Dieu par Saint François sans mentionner la place que cela tient dans nombre de ses prières. En plus de celles déjà citées, l’oraison dans 1 R, ou l’Admonition 1, il faudrait citer le long chapitre 23 de la 1Règle où l’expression « nous te rendons grâces » revient plusieurs fois (v.1,3,4…). Ce passage est parfois utilisé comme texte de Prière Eucharistique. Eloi Leclerc, dans le retour à l’Evangile (DDB 1984,p.137) commente ainsi ce texte :

 

« Rien ne donne la mesure du chant de François que ce fleuve de louange. François vient de terminer la rédaction de la Règle. Il peut maintenant laisser son âme se répandre librement en une immense prière d’action de grâce. Tous les soucis personnels sont rejetés. La pensée de François prend alors de la hauteur ; et sa vision se dilate aux dimensions du dessein de Dieu. Par son ampleur et son souffle cette prière est avec le Cantique des Créatures, l’un des plus beaux textes du pauvre d’Assise… Elle nous le montre allant au Père par le Fils dans l’Esprit, en une louange qui enveloppe tout le destin du monde, tout le dessein de Dieu et à laquelle (louange) sont associés tous les êtres du ciel et de la terre. Or dès les premières lignes, François reprend spontanément à son compte la louange de Jésus…: Père, seigneur du ciel et de la terre… Et François fait écho : Père saint et juste, nous te rendons grâce… »

Complétons en citant encore le Notre Père paraphrasé, la prière finale de la Lettre à tout l’Ordre « par nous-mêmes nous ne sommes que pauvreté… »(v.50), sans oublier les Louanges de Dieu et l’un ou l’autre passage du psautier de François (7).

Louer ne se limite pas à l’expression priante dans sa diversité, c’est également être acteur de cette création. La louange est action. Dans le récit de la Genèse, il est demandé à l’homme de coopérer à cette œuvre : en nommant les choses, en soumettant, en se multipliant, et dans le respect de sa propre place (ne pas se prendre pour Dieu en mangeant le fruit de l’arbre défendu). Cette action se poursuit dans les œuvres, dans le travail et l’engagement auprès de la création.

Cette action se traduit, bien sûr par le respect des animaux : François ne voulait pas semble-t-il écraser les vers de terre, il parlait aux oiseaux (fresque de Giotto de ce célèbre sermon) et amadouait le loup. La liste n’est pas exhaustive, mais se veut significative d’une réalité plus grande, celle d’une louange qui englobe toute la création et toute l’activité humaine. A chaque fois c’est un appel lancé à l’homme de son temps sur sa manière de se comporter et de témoigner de ce don merveilleux que Dieu fait à l’humanité. Qu’en faisons-nous ?

Et s’il nous faut être doux avec les animaux, en attente du jour où le loup et l’agneau partageront la même couche, d’après la Bible, eux aussi ont à remercier et aimer Dieu. Il va jusqu’à « exhorter tous les oiseaux, tous les animaux, les reptiles et même les créatures insensibles à louer et aimer le créateur » écrit Celano (1C21,58 cité par M. Hubaut dans ‘Approche franciscaine de l’écologie’ éd franc 2007)

Plus important, c’est le signe de cette nécessaire réconciliation de l’homme avec lui-même, avec les autres, avec son Dieu. Vivre dans le respect des personnes, créatures de Dieu, chemin de révélation de Dieu lui-même, là est la mission et la vocation chrétienne et franciscaine. Toujours le même mouvement : se tourner vers Dieu. Et nous savons l’importance pour aujourd’hui, et pour notre monde de cette démarche de louange, malgré les obstacles entre les hommes. Là nous serons artisans de paix et de réconciliation.

 

Une question sur la difficile louange aujourd’hui. Serions-nous les illuminés du siècle ? Est-il possible de louer et rendre grâce ? Par rapport à la louange du créateur pour la création, comme franciscains, comment intégrons-nous cette dimension de respect de la création et de louange du Créateur, « seul et unique souverain Bien » ?

 

 

CONCLUSION : AU CŒUR DU MONDE ET EN EGLISE

 

Ce qui vient d’être développé pourrait apparaitre comme ne concernant que l’époque et le personnage de François. Toute l’actualité de son message, de sa spiritualité, c’est qu’elle est à vivre « au cœur du monde et en Eglise ».

C’est une spiritualité incarnée, au cœur du monde, au milieu des hommes et des femmes de ce temps, malgré les difficultés et les épreuves, mais forts des avancées et des gestes de paix posés. Les franciscains sont en phase avec le monde, car dès le début ils ont voulu être présents aux frères et sœurs qui les entourent, travaillant avec eux, et pour eux (lépreux).

L’emplacement des ermitages, les Carceri ou dans la vallée de Rieti, est à la fois distant de la cité, et à vue de celle-ci. Il s’agit de se retirer, sans se couper, du monde. De même l’activité des frères est en proximité avec les gens, au moins au départ. A tel point que certains ont demandé à suivre François, tout en restant dans le monde : ainsi nait le Troisième ordre.

Là où sont les frères (du 1er ou du 3è ordre) sont souvent des lieux de fracture sociale. L’exemple en France, aujourd’hui, pourrait être celui d’engagements particuliers dans la défense et le respect des droits de l’homme et l’engagement de frères auprès de pauvres. C’est ce que nous soulignions en début d’intervention avec les cercles de silence, en particulier. Attention aux pauvres, aux déracinés, au respect de la création sont autant de points où minorité et pauvreté doivent être vécues.

C’est une spiritualité en fidélité à l’Eglise, même si tout n’est pas parfait, mais au cœur de la communauté corps du Christ. François a tenu à rester fidèle à l’Eglise, et pourtant les tentations étaient grandes. Aujourd’hui encore, avec les difficultés et les incompréhensions que cela peut poser, c’est en Eglise, non pas tant l’institution, même si cela passe par elle, c’est en Eglise Corps du Christ que nous témoignons du Christ ressuscité.

La fidélité de François à l’Eglise : elle est notre mère. Par elle, et ses sacrements dont l’Eucharistie, le Seigneur se donne à nous. Même si François ne se gêne pas pour lui rappeler ses devoirs et ses obligations, même s’il ne se gêne pas vis-à-vis de l’Evêque d’Assise. Aujourd’hui encore, malgré les divergences d’appréciation, François nous demande cette obéissance à l’Eglise et au seigneur pape.

 

Je voudrais ici reprendre la conclusion de Jacques Dalarun, historien médiéviste, cheville ouvrière de la nouvelle traduction du Totum, lors d’une émission sur KTO. Pour lui, l’actualité de François pour le monde est de: - favoriser un gouvernement de service et non un pouvoir de domination  (féodalité, commune); - rappeler à notre société que l’argent ne doit pas le monde (commerce et finances); - souligner que la terre nous porte et nous nourrit (respect de la création).


Mgr Rouet disait au C.N. de Poitiers en octobre 2008, comme points d’attention que les franciscains devaient sans cesse rappeler au monde et à l’Eglise : importance de la pauvreté, de la gratuité de Dieu qui invite à la joie, de la fraternité des hommes (on a besoin des autres), et importance de l’accueil (accueillir, c’est recevoir de l’autre).

 

La visite du Ministre Général des franciscains est venu en France du 8 au 14 février 2009, et celui des conventuels à Lourdes à la même période l’interview à La Croix du 18 février. « Non pas trop peu de chrétiens, mais trop peu chrétiens »

 

Quelques défis :

Engagement et fidélité à la suite du Seigneur

Rapport à l’argent (sans rien en propre)

Gouvernement de service (fraternité et minorité)
Artisan de paix

 

Actualité

Cercle de silence : et frère de tous et non violence

Inter religieux : dimension religieuse (Dieu rejoint l’homme)

Ecologie : frère universel, création

Eglise : attachement à l’Eglise

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Témoignage personnel : « fils de frat, devenu frère, et heureux de l’être»

 

Avant même de vous entretenir de l’actualité du charisme franciscain, je souhaite témoigner ici de la pertinence de la fraternité séculière comme témoignage de vie qui peut en entraîner d’autres sur cette voie, peu importe le choix de l’état de vie. Ce sera une manière de me présenter, en situant ma vocation franciscaine dans une histoire, qui est avant une histoire familiale. C’est plus tard que j’ai découvert l’importance et l’influence de la spiritualité franciscaine dans ma propre famille. Aujourd’hui, je veux avec vous rendre grâce, comme je l’ai déjà fait dans un des derniers numéros d’Arbre.

 

Je sais que ce n’était pas le but premier, mais que cela pouvait être un objectif possible, que la fraternité séculière ou le T.O. comme on disait à l’époque, maintenant on parle de l’Ordre Franciscain Séculier, suscite des vocations pour le Premier Ordre. Après tout, si la vie franciscaine est bonne pour certains, pourquoi ne pas inviter des plus jeunes à s’y engager dans la forme de la vie religieuse du Premier Ordre. Reconnaissons que pour le second Ordre, beaucoup plus proche de la vie monastique, cela n’était pas aussi clair.

 

Je suis donc né dans une famille chrétienne et pratiquante, 3è enfant sur 4 (3 garçons et une fille, la dernière arrivée). Très tôt dans leur vie de couple, mes parents ont recherché un mouvement, un groupe qui pourrait être soutien dans leur vie chrétienne.

 

Mon père, de famille ouvrière, avait fait de la JOC (Congrès de 1936, comme les congés payés !), puis s’engagera dans l’ACGH. Ma mère, fille d’industriel de la chaussure, participait à l’animation du patronage. Bien qu’ayant un lien de parenté, ils n’étaient pas tout à fait du même bord, mais se retrouvaient dans la foi chrétienne, avec ce sens de l’engagement au service des autres et en Eglise. Ce qu’ils ont d’ailleurs sût nous transmettre, même si chacun des enfants le vit à sa manière.

 

Toujours est-il que voulant réfléchir sur leur foi chrétienne, ils se trouvent embarqués par un prêtre de la paroisse dans l’aventure de la famille franciscaine dont ils avaient pu entendre parler par l’un ou l’autre membre de la famille qui en faisait partie. Il s’agissait encore de l’ancienne formule du Tiers-Ordre. Et l’aventure des « foyers franciscains » commence avec l’accompagnement de celui qui en est, à l’époque, l’initiateur dans l’ouest, le Père Raymond Moisdon. Son intuition pastorale est simple mais quelque peu novatrice pour l’époque : là où les hommes se réunissaient séparément des femmes, faisons des réunions de foyers puisqu’ils sont unis par le mariage. En somme, naît une pastorale franciscaine des couples, pastorale familiale franciscaine, puisque les enfants ne seront pas oubliés dans l’animation. Nous sommes vers 1950, bien avant le concile Vatican II.

 

Je me souviens de ces venues régulières du « Père » à la maison, de ces rencontres dominicales parfois, et de ces « camps de foyers » l’été, comme à Bodilis (29), avec la participation de plusieurs frères franciscains. Temps fort de l’été de ressourcement où nos parents aimaient se retrouver chaque année pour un « carrefour d’Evangile ». Et puisque les couples logeaient chez l’habitant ou dans une école, ceux-ci étaient conviés à la veillée du soir : déjà une évangélisation des gens rencontrés.

Les enfants étaient encadrés par des plus grands, et le soir nous présentions à nos parents une scénette d’Evangile, que nous leur avions préparé. Des amitiés se sont liées, des noms sont inscrits dans la mémoire. La transmission de ce vécu et de quelque chose d’important est perceptible chez chacun des enfants, même si tous nous n’avons pas suivi le même chemin. Dois-je préciser qu’il s’agit là d’un véritable bain dans la foi chrétienne vécue dans la fraternité de François d’Assise.

 

Un autre souvenir : le livre, « La harpe de Saint François » reste gravé dans ma mémoire. Je n’ai pas de peine à le voir sur la petite table de la chambre de mes parents, à Vitré. Ce sera l’époque, je suis en 7è, où le Père Henri Bodin vient régulièrement à la maison pour la réunion de foyers. C’est à lui que mes parents feront part de mon désir d’être franciscain. Les choses s’enclencheront ensuite et j’irai en 6è à St Nazaire, puis Bernay et Nantes, lieux de formation dépendant des franciscains bien que mon père aurait préféré que je fasse une scolarité dans les mêmes établissements que mes frères. « Pourquoi une éducation différente : il choisira plus tard ! »

 

Plus tard, je participerai à deux camps de jeunes de la Fraternité, avec d’autres frères (dont Gilles Rivière) : St Jouin de Bruneval (1971), Liffré (1970 ?) qui sera un temps fort dans la prise de décision de mon orientation vers la vie religieuse franciscaine, avec le texte de l’Evangile, l’onction de Béthanie.

 

L’histoire est ainsi faite que, devenu franciscain, je deviens assistant de fraternité à partir de 1985, assistant régional de Normandie à partir de septembre 1986,puis d’autres régions au fil des nominations : Pays de Loire, Versailles-Pontoise, Bretagne, jusqu’au national depuis octobre’ 2007.

Il n’y aura que 3 années où je ne serai pas « Régional », mais cela ne m’empêchera pas d’accompagner une équipe de base.

La variété des lieux me permettra de constater la particularité, liée aux habitudes et à l’histoire, de la Fraternité là où elle est implantée. Certes la variété est aussi liée aux générations et aux influences reçues par chacune d’entre elles. Il nous faut en tenir compte, mais parfois les dépasser pour une vision plus globale et universelle.

 

Conclusion

Ce temps consacré à la Fraternité me semble un juste retour des choses, et une évolution naturelle dans le choix des ministères. Il s’agit également d’un apport à l’universalité de l’Eglise riche de toutes les spiritualités, même si dans d’autres ministères c’est une position de retrait (ou d’enfouissement) qui l’emporte pour ne pas tomber dans le prosélytisme au service de sa « boutique ».

 

La fraternité séculière est si importante pour ma vie personnelle et familiale qu’il me semble tout à fait normal, logique, et même une juste restitution, que de se consacrer aux laïcs franciscains. Elle est un lieu de l’expression de ma spiritualité.

 

N’est-ce pas également la préoccupation que de tout baptisé que de porter ce souci missionnaire, et de partage non seulement de la foi qui nous anime, mais de la spiritualité qui la colore.

Les laïcs ont demandé à François de marcher avec lui à la suite du Christ, il y a une responsabilité des frères à soutenir les laïcs dans leur cheminement, et de ceux-ci à leur être proches. C’est ce qu’on appelle la « réciprocité vitale ».

 

Enfin, l’appartenance à une même famille, quelque soit les Ordres (1,2 ou 3) nous invite à vivre cette unité dans le respect des différences et des spécificités. Que chacun vive pleinement son état de vie, sans jouer ni copier l’autre.

castille-2009-d.jpg

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 02:38

Dimanche 23 novembre 2008 à 15h30 à l'église de Sausset les Pins .
La troupe qui joue est composée de jeunes de l'aumônerie d'Istres entrainés par un séminariste
qui a le théatre dans le sang(!),
Bertrand Kascmarek (ancien co-directeur de la prison de Grenoble!),
et la participation de personnes handicapées de l'hôpital de Monperrin d'Aix.
 Le spectacle a déjà bien du  succès et a été donné devant nos archevêques à Aix le 12 octobre dernier.
A l'issue Mgr Dufour a invité tous les jeunes à aller à Assise en 2009.

Le dimanche 4 janvier 2009 à 15h conférence sur la Bienheureuse Angèle de Foligno
 à LA COURONNE suivie vers 17h des vêpres de la bienheureuse (c'est aussi l'Epiphanie ce jour-là).
 En 2009 pour célébrer le 800ème anniversaire de la famille franciscaine
 j'ai eu l'idée de proposer à l'Ecole cathédrale d'Aix de centrer l'année sur St François et son héritage spirituel.
Le professeur Charles de la Roncière professeur de Médiévale à l'Université d'Aix est emballé.
Nous avons déjà lancé des pistes et quelques noms d'intervenants.

Père Michel Savalli OFS FRATERNITE Bse ANGELE LA  COURONNE

         

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 19:46


















1ère messe à l'Eglise de la Palud                                            Arrivée de frère Danick comme assistant régional
avec la fraternité de Marseille

                                                                         
    
Un départ regretté

Les Franciscaines missionnaires de Marie (et de Martigues) nous quittent Institut fondé en Inde en 1877 par Marie de la Passion, il s’ouvre dès l’origine à la mission universelle par la contemplation et le travail apostolique. Il y a 35 ans, répondant au désir de Mgr de Provenchères, archevêque d’Aix-en-Provence et Arles, nous arrivions ici à Martigues pour travailler à l’accueil des immigrés, venant surtout d’Afrique du Nord, c’était le temps de l’aménagement de la zone industrielle de Fos/Mer. Le travail était abondant, l’arrivée de main d’oeuvre française et étrangère importante, Et la cité de Martigues se développait rapidement. Le Centre Culturel de la Mairie nous embauche alors, avec d’autres personnes, pour assure la “promotion féminine” comme cela s’appelait. Cours de cuisine, puériculture, alphabétisation etc...avaient pour but de faciliter l’intégration des femmes en France. En Église, nous avons cheminé vers une ouverture d’accueil vrai et évangélique.Nous avons vécu des changements, des mutations, des vraies joies aussi bien dans notre travail social que dans la paroisse. En répondant à l’appel lancé par les prêtres et les paroissiens, nous avons pris à coeur nos différents services auprès des enfants du catéchisme, des jeunes de l’aumônerie, des malades et des personnes âgées, des familles en deuil, sans oublier l’accueil au secrétariat paroissial, au Foyer des Marins ou au secours catholique. Ce fut pour nous une source de joie et une expérience d’Église qui nous a fait grandir dans notre vie missionnaire. Notre présence dans une ZAC de Martigues nous a rendues plus proches des habitants et a favorisé échanges, partage, écoute amicale de ceux que nous côtoyions chaque jour. Nous formions une fraternité de quatre soeurs. L’âge et la diminution du nombre de soeurs a contraint notre institut missionnaire à choisir des priorités. Notre communauté quitte la paroisse de Martigues. Si ce départ est douloureux pour nous, nous partons avec la certitude que l’Église qui est à Martigues, ses prêtres, ses diacres, ses religieuses, et tous les chrétiens, est en marche dans cette dynamique d’ouverture donnée par les évêques de France dans ses lettres et documents (proposer la foi dans la société actuelle en 1996, aller au coeur de la foi en 2002, les orientations de la catéchèse en 2006). Soeurs Marcelle, Mila, Juliette, Nécifora.

                                                                                              

















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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 20:16

L’été 2008 a été marqué par un pèlerinage de la fraternité franciscaine séculière de la région PACA à Assise.

Le premier pèlerinage vers Assise pour beaucoup dans ce groupe joyeux, un pèlerinage familier pour d’autres, le désir commun de s’approcher du Seigneur dans les pas de François, dans la paix et la beauté de sa terre natale.

Une organisation solide et une connaissance pétrie d’amour ont précédé et accompagné ce pèlerinage, ouvrant la porte à toute sa dimension de découverte, d’approfondissement, de joie. Tout aussi fortes que notre présence physique sur les lieux où a vécu François, les paroles de frère Jean-Pierre Lauvergeon ont nourri nos réflexions et nous ont fait approcher l’intensité de son cheminement vers le Christ.

Un bus luxueux a avalé les kilomètres que François traversait à pied, mais rempli de chants, des prières et des réflexions partagés, cet habitacle était plein de la même joie, du même élan qui a porté des millions de frères, de pèlerins qui ont suivi François. En quittant la France, il y avait un arrêt à Marseille, puis Aubagne, puis Nice et nous voilà ensemble, faisant connaissance et confiance. Dès le début nous sommes portés par les paroles de Jean-Pierre, qui nous fait entrer en pèlerinage par la lecture et la méditation de l’évangile de la parabole du Semeur.

Ceux qui connaissent Assise savent la paix et la beauté intacts qui émanent. Ceux qui ne sont pas encore allés se demandent si les siècles depuis François n’auront pas terni la simplicité, la beauté de la nature et l’harmonie de la co-existence avec l’homme, et craignent une déception. Ils ne seront que plus comblés, plus encore atteints par l’essentiel du lieu, de la spiritualité franciscaine qui y a pris sa source, s’y est épanouie, et rayonne fort et clair aujourd’hui et demain.

Quelle joie de pouvoir prendre part.

Ce pèlerinage 2008 s’est abrité chez les sœurs Alcantarines, en face de la maison de Bernard de Quintavalle. Nous étions bien chez les sœurs, où nous avons pu participé à leurs offices, profité de leur jardin frais et propice au repos, partage et réflexion, et apprécié leur bonne et généreuse cuisine.

Le programme – comment ont-ils pu faire le choix entre tout ce qui propose à celui qui se dirige à Assise ? Laisser le temps de bien appréhender chaque lieu rencontré, et néanmoins en rencontrer beaucoup ? De ces choix et de cette organisation ressort une sensation de grand temps, d’infinie lenteur et profondeur, d’accès à l’essentiel, d’un début.

Lundi

Nous avons commencé par Assise elle-même, par arpenter les rues jusqu’à la basilique de Saint François, où nous avons débuté notre pèlerinage par la messe au tombeau de Saint François. Nous avons prié ensemble en cette présence. Les lectures, les paroles de Jean-Pierre, les chants et les silences nous ont profondément marqués.

La basilique ornée de ses magnifiques fresques a exprimé toute sa dimension spirituelle grâce à une longue et fascinante explication donnée par un frère conventuel. Se servant des fresques pour illustrer ses paroles, ce frère italien a parlé clairement et simplement de la vie et de l’enseignement de François, ouvrant une grande porte derrière la beauté de l’art.

L’après-midi, à pied depuis la maison des sœurs, nous nous sommes rendus à Saint Damien, blotti dans la campagne, lieu de paix et de prière, de la présence de Sainte Claire et de François. Puis, petit saut en car jusqu’à Rivo Torto, où nous avons découvert (ou revu) cet humble abri où la vie en fraternité a fait ses premiers pas.

Mardi

Nous sommes allés à Sainte Marie de la Porzioncule, la minuscule et précieuse Portioncule où François a conduit ses 12 frères après que Rivo Torto a été approprié par un paysan et son âne. La Portioncule, que François aimait particulièrement, que François avait aussi réparé, comme San Damiano, et où il avait compris sa vocation en entendant l’évangile de Mathieu « vas, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ». La Messe qui a démarré notre journée était célébrée dans cette Portioncule si remplie de la présence de François et à travers lui, de son Seigneur et le notre. Nous avons vécu un moment très fort, très marquant dans la Porzioncule, et avons quitté la petite chapelle le cœur transformé. Nous avons passé la matinée sur ces lieux où François a vécu et où il est mort, des lieux maintenant contenus à l’intérieur de la grande église de Sainte Marie des Anges. Nous avons profité de l’enseignement sur cette étape de la vie de François préparé par le diocèse de Dignes.

Mardi après-midi le bus nous a fait traverser de belles campagnes ombriennes pour aller à la rencontre entre François et le loup de Gubbio. Nous avons pu nous recueillir dans la basilique franciscaine et nous promener à Gubbio, imaginant cette ville au 13e siècle au moment de la paix apportée par François.

Le mercredi

Ont commencé deux jours de découverte des ermitages si rudes et magnifiques où François s’approchait du Christ. Des lieux – comme la Porzioncule, comme Rivo Torto – forts de sa présence, de son travail, ses difficultés et de ses joies. Des lieux rendus complètement vivants grâce aux enseignements donnés par Jean-Pierre et qui nous faisaient cheminer dans l’intelligence du cœur et de l’esprit.

Les trajets en car servaient de moments de partage, instants osés de réflexions sur François et le Christ qu’il nous fait comprendre.

L’ermitage de Greccio, rendu facile par le car et le beau temps, imaginé à pied et au temps de Noël… Nous avons médité le mystère de Noël, émus d’être à Greccio où François a crée la crèche pour revivre la naissance du Sauveur.

Deux autres ermitages dans l’après-midi, Fonte Colombo d’abord, où François s’est retiré pour rédiger sa règle. Aidés par le commentaire préparé par le diocèse de Nice, nous nous approchions de la recherche de François et de son émerveillement devant la beauté de la création.

Ensuite la Foresta, envahis par la paix et la beauté de cet endroit.

Le dernier jour

de notre pèlerinage, qui allait crescendo depuis le début, était consacré à vivre l’Alverne. Guidés en cela par l’enseignement de Jean-Pierre, accompagnés par l’émouvante préparation du diocèse de Marseille, nous avons approché ce haut lieu, conscients de la rencontre de François avec son Seigneur. Nous y avons vécu un temps extraordinaire, libres de nous rendre dans chaque endroit de cet ermitage où François se retirait, privilégiés, encore une fois, d’avoir la Messe dans la Chapelle des Stigmates, participant chacun avec nos intentions.

Après l’Alverne, nous sommes retournés à Assise, avons refait l’itinéraire du parking du bus à la rue étroite des Alcantarines. Ce chemin nous amenait chaque jour à contempler les collines d’oliviers, à embrasser du regard la ville, à longer la basilique Sainte Claire, à l’intérieur de laquelle nous avions prié devant le Crucifix de Saint Damien. Chaque jour nous nous arrêtions sur la grande esplanade devant Sainte Claire, pour s’attendre, pour apprécier. Nous passions chaque jour devant la petite place où François s’était remis à son Père céleste et ensuite nous nous enfoncions dans les rues étroites où ses rires et ses salutations résonnent encore dans nos cœurs. Nous rentrions donc après l’Alverne chez les sœurs Alcantarines pour la dernière fois de ce pèlerinage si riche d’expériences et d’enseignements.

Heureux aussi de la paix chez les sœurs, nous avons mis à profit notre dernier soir ensemble pour faire une veillée. Les talents de comédiens, de chanteurs, de partageurs de joie ont été mis au service de tous et nous avons dignement rendu hommage aux moments très forts qui nous ont façonné à tout jamais.

Tiers Ordre à Assise

Connaissez-vous la Fraternité Saint Damien ?
Qu'a-t-elle fait du 18 au 23 août 2008?






















  Après le partage de l’Eucharistie avec ceux qui ne pouvaient pas venir avec nous, nous étions 16 de la Fraternité St Damien, récemment instituée, à partir ce lundi 18 août 2008 vers Assise, sur les pas de St François.

Programme très riche et intense où enseignements sur la vie de St François et sa spiritualité, Eucharisties et temps de recueillement avaient été minutieusement choisis. Un livret pour chacun nous a permis de suivre, chaque jour, les évènements essentiels relatifs aux lieux où St François et Ste Claire ont vécu et de participer à la liturgie quotidienne : merci à nos frères et sœurs qui l’ont préparé avec amour !

Le 18 août à Assise : après quelques 600 kms, nous avons évoqué dans la ville d’Assise la jeunesse de François, insouciante et dépensière.

Le 19, à Saint Damien : lieu de son appel et de sa conversion où il entend l’ordre du Christ : « va et répare ma maison qui tombe en ruine. ». Lieu très émouvant qui fait résonner en nous cet appel profond que le Christ nous adresse dans le silence du cœur : que réparer et comment réparer ce qui est « faussé » ou « croule » en nous ? Nous terminons la journée par la visite des basiliques Sainte Claire et Saint François.

Le 20 à la Portioncule : chapelle délabrée que François entreprend de réparer et où, en la fête de Saint Mathias, il entend et met immédiatement en pratique l’évangile de « l’envoi en mission » (Mt 10/8-10).

Le 21, la vallée de Rieti et ses Ermitages : lieux propices au recueillement pour mieux comprendre les longs moments de prière de François dans la solitude.

Le 22, les Carceri : site où François se retirait souvent pour prier dans la solitude et où nous avons réfléchi à la prière et la notion d’obéissance et de soumission – soumis à soi-même, soumis aux autres, soumis au monde. L’expérience de François nous éclaire sur la manière de vivre en Frères.

Le 23, après la messe à la chapelle des larmes concélébrée avec Fr Francesco, nous sommes partis à l’Alverne, sanctuaire érigé dans les massifs montagneux où François reçoit les Stigmates de la Passion.

Aux Carceri, le vendredi après-midi, moment privilégié, intense, fort, imprégné de sérénité et de joie mêlées d’émotion où, après ce temps de discernement, cinq d’entre nous (Père Patrick, Marie-Claire, Isabelle, Francine, Marie-Claire) ont exprimé leur désir d’entrer et ont été accueillis dans l’Ordre Franciscain Séculier pour « vivre avec plus d’attention et de soin la grâce et la consécration baptismale, pour suivre Jésus-Christ selon les enseignements et les exemples de Saint François d’Assise ». Ce même jour, Simone a fêté ses 35 années de fidélité et d’obéissance à son engagement.

Sois remercié Seigneur, pour tous ces dons, joies et bienfaits reçus durant ces quelques jours bénis. Aide-nous à les faire fructifier pour les vivre intensément et à persévérer afin d’être au milieu du monde un ferment de vie évangélique.

Francine Pinaux

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  • : Fraternité Franciscaine Séculière
  • Fraternité Franciscaine Séculière
  • : Pour mener une vie fraternelle et évangélique à la manière de François d'Assise, des hommes, des femmes, des foyers se rencontrent et constituent la Fraternité Franciscaine. Ceux qui veulent en faire partie, se retrouvent et construisent, jour après jour, une communauté évangélique. Ce blog est consacré à la région PACA
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