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Rencontre régionale de la fraternité séculière, Région PACA

 

Samedi 1erJuin & dimanche 2 juin 2013 à la Castille

 

 

Les laïcs franciscains dans l'Église d'aujourd'hui, après Vatican II

 

N.B.- La présente intervention se situe dans le prolongement de ma conférence faite au Conseil national de Nov. 2012, à Orsay, sur la « Fraternité séculière après Vatican II ». Il s’agit maintenant d’actualiser davantage mes propos.- Je ne suis pas prophète, et donc il s’agira de ma part, d’une vision personnelle de ce que devrait être la Fraternité, dans un monde sécularisé, pluriculturel, et où l’Église catholique tient désormais une place plus modeste et souvent contestée, dans la société occidentale.

Je me situe en prolongement aussi de ce qui a été étudié ce matin sur la place des laïcs d’après Vatican II.-

D’autre part, je parle des Fraternités ou de la Fraternité séculières, et non pas directement des frères et sœurs pris individuellement.

 

1eConférence

 

En quoi le Concile Vatican II concerne nos fraternités ?

 

Malgré les 50 années qui nous séparent de la fin du Concile, nous pouvons constater les changements très importants qu’il a apportés à l’Église et au comportement des chrétiens. Cependant il reste encore beaucoup à faire pour que soient appliqués toutes les avancées de ce Concile, et par ailleurs ceux qui étaient trop jeunes en 1965, pour s’en souvenir ignorent souvent les textes qui sont à l’origine de ces changements.

Je reprends ici, pour ceux qui ne l’auraient pas lu dans ‘Arbre’ou sur le site ‘Franciscain.net’

un extrait de mon article :

« Après cinquante ans de mise en pratique, on peut dire que ces textes ont profondément changé le visage de l’Église, tel qu’il apparaît tant aux chrétiens qu’aux personnes du dehors. Il est donc normal que le T-O franciscain ait été influencé par ces textes. - Pour ce qui concerne notre sujet, nous devons précisément retenir 3 documents du Concile :

Les Constitutions Lumen Gentium  sur l’Église, Gaudium et spes, sur l’Église dans le monde ce temps ; et le décret sur l’Apostolat des laïcs Apostolicam actuositatem

*De Lumen Gentium, on s’attachera au chapitre 4 : Les Laïcs.- qu’il faudrait lire en entier.-( à lire, extraits)

Nous retenons les n° 31 à 33 (à commenter oralement), qui rappellent la dignité propre aux laïcs non plus définis négativement comme « les baptisés qui ne sont ni religieux ni prêtres. » Ils on leur place et leurs responsabilités dans l’Église. Ils ne sont pas « au service des clercs », mais ils ont leur part d’activité propre, et ils participent, à leur manière à la mission de l’Église,

 

« N°31 – Qui est visé ici par le terme « laïc »?

Sous le nom de laïcs, on entend ici tous les fidèles, en dehors des membres de l’ordre sacré et de l’état religieux reconnu dans l’Église qui, étant incorporés au Christ par le baptême, intégrés au Peuple de Dieu, et participants à leur manière de la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, exercent pour leur part, dans l’Église et dans le monde, la mission qui est celle de tout le peuple chrétien.

Le caractère séculier est le caractère propre et particulier des laïcs…. » ….

« 32. La dignité des laïcs comme membres du Peuple de Dieu

 

L’Église sainte, de par l’institution divine, est organisée et dirigée suivant une variété merveilleuse. « Car, de même qu’en un seul corps nous avons plusieurs membres et que tous les membres n’ont pas tous même fonction, ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ, étant chacun pour sa part, membres les uns des autres » (Rm12, 4-5).

Il n’y a donc qu’un Peuple de Dieu choisi par Lui : « Il n’y a qu’un Seigneur, une foi, un baptême » (Ep 4, 5). Commune est la dignité des membres du fait de leur régénération dans le Christ ; commune la grâce d’adoption filiale ; commune la vocation à la perfection ; il n’y a qu’un salut, une espérance, une charité indivisible. Il n’y a donc, dans le Christ et dans l’Église, aucune inégalité qui viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe, car « il n’y a ni Juif ni Grec, il y a ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, vous n’êtes tous qu’un dans le Christ Jésus » (Ga3 ; 28 grec ; cf. Col 3, 11).

Si donc, dans l’Église, tous ne marchent pas par le même chemin, tous, cependant, sont appelés à la sainteté et ont reçu une foi qui les rend égaux dans la justice du Christ (cf. 2 P 1, 1). Même si certains, par la volonté du Christ, sont institués docteurs, dispensateurs des mystères et pasteurs pour le bien des autres, cependant, quant à la dignité et à l’activité commune à tous les fidèles dans l’édification du Corps du Christ, il règne entre tous une véritable égalité. » ….

 

« 33. La vie salutaire et apostolique des laïcs

 

Les laïcs, réunis dans le Peuple de Dieu et constituant un seul Corps du Christ sous un seul Chef, sont appelés, quels qu’ils soient, à coopérer comme des membres vivants au progrès de l’Église et à sa sanctification permanente, en y appliquant toutes les forces qu’ils ont reçues du bienfait du Créateur et de la grâce du Rédempteur.

L’apostolat des laïcs est une participation à la mission salutaire elle-même de l’Église : à cet apostolat, tous sont destinés par le Seigneur lui-même en vertu du baptême et de la confirmation. Les sacrements, surtout la sainte Eucharistie, communiquent et entretiennent cette charité envers Dieu et les hommes, qui est l’âme de tout l’apostolat. Les laïcs sont appelés tout spécialement à assurer la présence et l’action de l’Église dans les lieux et les circonstances où elle ne peut devenir autrement que par eux le sel de la terre [113]. Ainsi, tout laïc, en vertu des dons qui lui ont été faits, constitue un témoin et en même temps un instrument vivant de la mission de l’Église elle-même, « à la mesure du don du Christ » (Ep4, 7).

En plus de cet apostolat, qui concerne tous les fidèles, les laïcs peuvent en outre, de diverses manières, être appelés à coopérer plus immédiatement avec l’apostolat de la hiérarchie [114], à la façon de ces hommes et de ces femmes qui étaient des auxiliaires de l’apôtre Paul dans l’Évangile, et, dans le Seigneur, dépensaient un grand labeur (cf. Ph4, 3 ; Rm 16, 3 s.). En outre, ils ont en eux une aptitude à être assumés par la hiérarchie en vue de certaines fonctions ecclésiastiques à but spirituel. » …

« 38. Conclusion

Chacun des laïcs doit devant le monde être le témoin de la résurrection et de la vie du Seigneur Jésus et signe du Dieu vivant. Tous ensemble et chacun pour sa part doivent nourrir le monde des fruits spirituels (cf. Ga5, 22) et répandre sur lui cet esprit qui anime les pauvres, les doux, les pacifiques que le Seigneur dans l’Évangile a proclamés bienheureux (cf. Mt5, 3-9). En un mot « ce que l’âme est dans le corps, il faut que les chrétiens le soient dans le monde [120] ».

 

Ces textes concernent donc tous les chrétiens laïcs, donc chacun d’entre vous. La mutation de la Fraternité séculière, depuis le TO Franciscain est donc la mise en pratique de ces textes. Il convenait que les tertiaires franciscains s’inscrivent dans la plénitude de leur condition de laïcs, dans l’Église.

Le chapitre 5 de Lumen gentium est aussi à prendre en considération, car nos fraternités ont pour objectifs de suivre le Christ et de se laisser transformer par l’Esprit-Saint, c’est-à-dire de viser la sanctification de chacun. J’en extrait seulement un paragraphe, mais tout le chapitre serait à lire.

 

La vocation universelle à la sainteté dans l’Église

(fin du n° 40)

« Il est donc bien évident pour tous que l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie [124] ; dans la société terrestre elle-même, cette sainteté contribue à promouvoir plus d’humanité dans les conditions d’existence. Les fidèles doivent s’appliquer de toutes leurs forces, dans la mesure du don du Christ, à obtenir cette perfection, afin que, marchant sur ses traces et se conformant à son image, accomplissant en tout la volonté du Père, ils soient avec toute leur âme voués à la gloire de Dieu et au service du prochain. Ainsi la sainteté du Peuple de Dieu s’épanouira en fruits abondants, comme en témoigne avec éclat à travers la vie de tant de saints l’histoire de l’Église. »…

 

 

De Gaudium et spes,on retiendra le n° 43, qui invite les laÏcs à prendre leur responsabilité dans la vie de l’Église, dans l’animation du monde et dans le progrès spirituel de la communauté humaine. 

« 43 – 2 - Aux laïcs reviennent en propre, quoique non exclusivement, les professions et les activités séculières. Lorsqu’ils agissent, soit individuellement, soit collectivement, comme citoyens du monde, ils auront donc à cœur, non seulement de respecter les lois propres à chaque discipline, mais d’y acquérir une véritable compétence. Ils aimeront collaborer avec ceux qui poursuivent les mêmes objectifs qu’eux. Conscients des exigences de leur foi et nourris de sa force, qu’ils n’hésitent pas, au moment opportun, à prendre de nouvelles initiatives et à en assurer la réalisation. C’est à leur conscience, préalablement formée, qu’il revient d’inscrire la loi divine dans la cité terrestre. Qu’ils attendent des prêtres lumières et forces spirituelles. Qu’ils ne pensent pas pour autant que leurs pasteurs aient une compétence telle qu’ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission. Mais plutôt, éclairés par la sagesse chrétienne, prêtant fidèlement attention à l’enseignement du Magistère [96], qu’ils prennent eux-mêmes leurs responsabilités.

3. Fréquemment, c’est leur vision chrétienne des choses qui les inclinera à telle ou telle solution, selon les circonstances. Mais d’autres fidèles, avec une égale sincérité, pourront en juger autrement, comme il advient souvent et à bon droit. S’il arrive que beaucoup lient facilement, même contre la volonté des intéressés, les options des uns ou des autres avec le message évangélique, on se souviendra en pareil cas que personne n’a le droit de revendiquer d’une manière exclusive pour son opinion l’autorité de l’Église. Que toujours, dans un dialogue sincère, ils cherchent à s’éclairer mutuellement, qu’ils gardent entre eux la charité et qu’ils aient avant tout le souci du bien commun.

4. Les laïcs, qui doivent activement participer à la vie totale de l’Église, ne doivent pas seulement s’en tenir à l’animation chrétienne du monde, mais ils sont aussi appelés à être, en toutes circonstances et au cœur même de la communauté humaine, les témoins du Christ. »

 

 

Le changement de nom du TO indique bien les insistances que nous devons relever :

« Ordre séculier de st François », et en France : « Fraternité séculière de St François ». Le mot séculier est ici très important, puisqu’il souligne la situation ou le statut des frères et sœurs dans l’Église, et qu’il renvoie donc au ch. 4 de Lumen Gentium.

Le mot Ordre souligne la continuité avec l’ancien TO, son côté institutionnel reconnu par l’Église, ses liens avec les 2 autres « ordres » fondés par François d’Assise ; Mais le remplacement par « fraternité » veut souligner la vocation particulière des séculiers franciscains.-

Les textes du Concile que je viens de citer s’adresse bien évidemment à tous les chrétiens laïcs, et je pense à plus forte raison aux membres des fraternités séculières dont le projet de vie correspond bien aux objectifs proposés.- Cela ne doit pas nous frustrer, car même au sein du peuple chrétien, il y a de nombreuses façons d’être fidèles du Christ…, dont la manière franciscaine.

 

 

- Spécificité de la Fraternité séculière, dans l’ensemble des mouvements spirituels et évangéliques.

 

Son antiquité, son origine, son lien par rapport à un personnage unique dans l’histoire, François d’Assise. Les rôles qu’elle a joués au cours de l’histoire. Son insertion plus ou moins étroite dans la famille franciscaine, longtemps en dépendance du 1erOrdre, et aujourd’hui en « réciprocité vitale » avec les autres branches de la famille.

L’intérêt que lui a porté l’Église, à de nombreuses reprises. Nombreux textes pontificaux adressés au T.O ou à la famille franciscaine, plusieurs encycliques des papes modernes, depuis Pie IX, Léon XIII, Pie XI, Pier XII.- Et tout récemment l’écho étonnant qu’a eu le choix du nouveau pape, du nom de François, et de son commentaire.

Quelques caractéristiques : Association de fidèles dont le but est la suite du Christ pour la sanctification de ses membres et l’édification de l’Église. Non pas motivée par une œuvre à réaliser, ni un engagement social, même si cela peut être le fait de telle ou telle fraternité comme objectif secondaire, ou comme tâche ou mission confiées.

 

Cf ; le texte des Constitutions : « "L'Ordre Franciscain Séculier a une place particulière dans la Famille Franciscaine. Il est formé par l'union organique de toutes les Fraternités catholiques dont les membres, poussés par l'Esprit-Saint, s'engagent par la Promesse de Vie Évangélique à vivre l'Evangile à la manière de Saint François, dans leur état séculier, en observant la Règle approuvée par l'Église." (Const. 1,3).

 

Association ouverte à tous : pas de « catégories sociales », en droit ou de fait, car la fraternité entre tous est de règle.

 

2è Conférence :

 

2°- Le Charisme franciscain, que nous devons porter :

 

Pour l’Église de France, aujourd’hui, c’est à nous franciscains et franciscaines qu’est confié le charisme évangélique de François d’Assise. Or, ce charisme continue de séduire. Il est revendiqué, par exemple par de nombreuses communautés nouvelles qui se réfèrent à François d’Assise comme le modèle du radicalisme évangélique.

Nous avons tous remarqué l’écho favorable et considérable qu’a eu le choix du nom du nouveau pape François ! Nos communautés religieuses et nos fraternités séculières se doivent donc de répondre à cette attente : rendre vivant pour l’église d’aujourd’hui le charisme de François d’Assise.

 

3°- Adhésion intime à Jésus-Christ et à son Évangile.

 

Il me suffit ici de citer les dispositions provisoires qui préparaient la règle actuelle de la Fraternité : « Propositions de vie » Vivre l Évangile

«  Comme saint François, nous voulons faire de l'Évangile notre vie.

Nous nous y référerons constamment pour connaître toujours mieux le Christ qui s'y révèle

et parle à chacun, et pour apprendre à vivre de son Esprit.

Nous confronterons notre regard, nos jugements, nos sentiments, nos réactions, nos attitudes avec l'Évangile. Inlassablement, nous irons de l'Évangile à la vie et de la vie à l’Évangile.

Nous tenant, avec toute l'Église, à l'écoute de l’Esprit Saint, nous serons attentifs à la manière dont le Christ est présent et agissant aujourd’hui, dans l'histoire humaine, et nous nous ingénierons à découvrir, au fil des jours, comment il veut vivre en nous parmi les hommes. »

 

 

Et aussi de vous renvoyer au chapitre 2 de la Règle actuelle de l’OFS. (lire ici, ch.2, n°4-5)

 

4° Nouer des relations fraternelles, comme une annonce prophétique d’une humanité réconciliée.

 

C’est user de notre liberté spirituelle que de ne pas nous laisser enfermer dans les méfiances et les interdits du passé, qu’ils viennent de la société ou de l’Église. Nous devons pour cela rejoindre nos contemporains là où ils se trouvent, et là où ils en sont. Les maîtres mots sont la fraternité, la compréhension, la compassion, le respect des personnes, et la conviction que toutes sont aimées de Dieu, au-delà de leurs limites, de leurs faiblesses ou de leurs péchés. Aujourd’hui encore, l’Institution ecclésiale apparaît à certains comme un lieu d’intolérance et de condamnation. Dans les sociétés démocratiques modernes, la moralité ne se décrète pas par des lois et ne se maintient plus par la répression. Des fraternités chrétiennes accueillantes, fraternelles, ouvertes, peuvent avoir un impact considérable sur le monde actuel. Les exemples ne manquent pas. (Cf. l’impact de la fraternité Saint-Egidio, qui n’appartient pas à l’OFS, mais s’inspire explicitement du charisme franciscain).

 

Pour cela, la fraternité franciscaine locale doit avoir le souci d’être reconnue comme telle, i-e comme une fraternité de chrétiens qui veulent suivre le Christ et son évangile, en s’inspirant de l’expérience spirituelle de François d’Assise.

  • Importance du rattachement officiel à la Fraternité franciscaine, en France.

  • Importance d’un engagement pérenne dans la fraternité et engagement à suivre le Christ dans une voie évangélique.

  • Nécessité d’être en lien au niveau diocésain et paroissial, pour manifester la communion et la fraternité dans l’Église.

  • Profiter de toutes les occasions pour nouer des relations dans et en-dehors de l’Église, et dans la cité séculière, avec d’autres instances, associations humanitaires, éducatrices, culturelles, etc…, dans la vérité ; sans chercher des avantages, sinon d’être identifiés comme disciples du Christ.

 

5° - Demeurer porteurs d’espérance et de joie

 

Le matérialisme ambiant, que l’on peut constater partout dans le monde, le désenchantement des diverses sociétés et cultures fait redouter pour l’homme contemporain l’ennui de vivre, la peur du lendemain, le repli sur soi dans un monde oppressif, écrasant. Pour les sociétés riches des civilisations technologiques, l’abondance des biens de toutes sortes, et la satisfaction de tous les désirs entraînent avec la recherche d’une jouissance immédiate, la peur devant un avenir de vieillesse, de souffrance, de pénurie, bref de fragilité des acquis. La vie religieuse peut donner un très fort témoignage de confiance dans le devenir des personnes et de l’humanité. Les communautés qui vivent “à fond” les engagements et les idéaux qui les caractérisent deviennent tout naturellement des pôles d’attraction, des lieux de réconfort et d’encouragement pour ceux qui les fréquentent.

 

6° - Participer, individuellement ou en fraternité, à des actions de solidarité et de justice sociale

 

Même si l’OFS, ou Fraternité séculière, comme tel, n’a pas la vocation de créer ou de gérer des œuvres sociales ou caritatives, les fraternités locales et les frères et sœurs ne doivent pas ignorer les conditions difficiles dans lesquelles vivent beaucoup de leurs concitoyens. C’est donc au titre de la fraternité universelle, et en tant que participants de l’action ecclésiale qu’ils sont invités à prendre leur part de la solidarité et de l’action pour une plus grande justice sociale. Localement cela ne peut se réaliser que dans la recherche d’un consensus, au sein de la fraternité, pour discerner quelles actions sont possibles, compte tenu du nombre, de l’âge, des capacités et des talents, des responsabilités déjà engagées, des divers frères et sœurs. La création des cercles du silence pour attirer l’attention des responsables sociaux et politiques sur les conditions de vie des personnes déplacées est un exemple de ce qui a pu être tenté.- mais cette action répondait à une situation précise qu’on ne peut pas transposer systématiquement.- L’intérêt de cette action c’est qu’elle se situait dans une proclamation de « non-violence », revendiquée par les disciples de François.-

 

7°- Annoncer la Paix, aux hommes d’aujourd’hui

 

François d'Assise a vécu dans un siècle de violences. Il a eu dès sa jeunesse l’expérience de la guerre, de la captivité et de l’attrait des armes, mais sa conversion à la fraternité s’accompagne du désir d’apporter la paix à tous, et c’est bien le sens du salut qu’il apprit aux frères à employer envers toute personne rencontrée sur son chemin. “Que le Seigneur te donne sa Paix !” :

Pour saluer, le Seigneur m’a révélé que nous devions dire : Que le Seigneur vous donne sa paix ! Cette paix, il la souhaitait toujours avec conviction aux hommes et aux femmes et à tous ceux qu’il rencontrait sur son chemin...”(1 Cel 23). Et il ajoutait, dans son enseignement : “Cette paix que vos bouches proclament, il vous faut d’abord et bien d’avantage l’avoir en vos cœurs : ainsi vous ne serez pour personne occasion de rancœur ou de chute. Tout au contraire, votre paix et votre délicatesse ramèneront la paix et la tolérance parmi les hommes. Car c’est là notre vocation” (An.¨P.38c).

 

Pour annoncer la paix aux autres, il faut commencer par faire la paix en soi, puis au sein de la « fraternité ».

Faire la paix en soi, c’est vivre dans la vérité. Qu’il n’y ait pas de clivage entre ce que l’on veut vivre et ce que l’on vit en fait.- D’où l’importance de la paix du cœur qui vient d’une bonne conscience. Accueillir le message de paix de l’évangile, lors de la venue du Christ : « Paix aux hommes de bonne volonté », donc être en paix avec Dieu, en accueillant sa parole de pardon, de réconciliation, et en la répercutant auprès des autres ;

 

Nos fraternités doivent rechercher où sont les lieux de conflits et oser y proposer la paix !

Dans cette société présente où les conflits sont quotidiens, nombreux, entretenus, nos fraternités doivent éviter de se laisser prendre par ces dérives de la vie sociale, dans tous les domaines de l’existence. Sans doute devons nous avoir des convictions et les exprimer, mais non pas les « défendre » avec opiniâtreté et par tous les moyens, en considérant les autres comme des ennemis, au, lieu de voir en eux des frères.

 

 

7° - Être des relais de l’action œcuménique et des rencontres interreligieuses

 

Pour ce qui concerne le dialogue interreligieux, nous avons beaucoup à apprendre et à innover. L’ouverture décisive a été, au moment du Concile Vatican II, la déclaration “Nostra aetate”, sur les relations avec les religions non-chrétiennes. Document libérateur, par rapport à la discipline antérieure, et qui a contribué à entretenir des relations pacifiques. Mais il y a beaucoup plus à faire aujourd’hui, dans la rencontre, la compréhension, la coopération dans la sauvegarde des valeurs spirituelles et dans le service des sociétés et des hommes d’aujourd’hui.

A titre individuel, les frères et sœurs doivent rechercher les contacts avec les chrétiens des autres confessions, reconnaître ce qu’il y a de bien chez eux, s’abstenir de toute polémique, accepter de coopérer aux œuvres charitables et à des occasions de prières communes.
Les fraternitéspeuvent s’impliquer, comme telles, dans les initiatives de rencontres œcuméniques, avec un réel souci de compréhension fraternelle et d’avancée spirituelle sans minimiser les points de la doctrine catholique, mais aussi sans condamner les points de vue des autres confessions.

Les rencontres interreligieuses sont plus délicates, mais rien n’empêche les frères et sœurs d’entretenir de bonnes relations avec des hommes et femmes d’autres religions, pour entretenir des liens d’amitié, mener des actions sociales communes, combattre les préjugés, comprendre les autres cultures.

 

8° Proposer au monde une écologie ‘spirituelle’, faite de respect de la création, d’amour fraternel, et de recherche de communion.

L’écologie est à la mode, elle est revendiquée tantôt comme un signal d’alarme devant de possibles pénuries, tantôt comme un moteur de revendication politique, tantôt comme une nostalgie d’une vie plus simple, plus “naturelle”... Ce qui caractérise souvent l’écologie d’aujourd’hui, c’est son côté matérialiste, utilitaire.

Il n’est pas question de minimiser l’importance de l’écologie pour aujourd’hui et pour demain. Mais ce qui devrait inspirer les militants, dans les actions de sauvegarde de la nature, c’est avant tout le désir d’humaniser ce monde, de le rendre habitable pour les hommes. Pour les chrétiens c’est surtout le respect de l’œuvre de Dieu et de sa finalité pour l’homme. Scruter les desseins du Créateur et lui faire hommage de sa création, avec le souci de permettre à chacun ici-bas, d’avoir sa part d’usage de ces biens. L’écologie spirituelle, est celle qui se soucie de l’homme comme créature de Dieu et qui permet d’instaurer des relations de justice sociale, et qui permettra au plus grand nombre de “vivre en bonne intelligence”, et de promouvoir des valeurs de communion.

Nous vénérons en François d’Assise un « frère » de toutes les créatures, un ami des animaux, un admirateur des fleurs et des paysages…. Mais il nous faut écarter toute sensiblerie, toute émotion superficielle, et pénétrer ce qui motive en François ces attitudes de respect, de contemplation, de contemplation et d’action de grâces.-

 

9°- Dans une société sécularisée et post-chrétienne, veiller à l’ouverture aux autres.

Quand nous nous percevons si différents de nos contemporains, quant aux valeurs évangéliques qui nous inspirent, la grande tentation serait la fermeture sur nous-mêmes pour préserver notre identité. Le risque serait alors le communautarisme aboutissant à enfermer les chrétiens, ou nos fraternités dans une sorte de ghetto. La seule façon de défendre notre identité n’est pas de la défendre contre les autres, mais d’en vivre avec toutes ses exigences. La première communauté chrétienne a eu cette tentation, mais en est vite sortie sous l’impulsion de l’Esprit qui a suscité des hommes apostoliques, ne craignant pas de vivre au sein du monde juif, puis de la société païenne, en osant présenter l’évangile, comme le sens de leur vie.- Le témoignage de l’épître à Diognète reste inspirateur de l’attitude des chrétiens dans un monde sécularisé.- (citer quelques phrases de Diognète) ;

 

Les propositions que j’ai faites concernant la place de nos fraternités dans le monde d’aujourd’hui ne sont pas limitatives. Il y a place pour les inspirations nouvelles de l’Esprit Saint qui nous pousse à vivre dans « l’aujourd’hui de Dieu » ; finalement, c’est à chacune des fraternités, en lien avec le bureau national, à trouver sa propre place, ses engagements privilégiés. Il s’agit de la dimension prophétique du charisme franciscain et de la fidélité de chaque fraternité et de chaque frère ou sœur, de se laisser évangéliser pour mieux coopérer à l’évangélisation du monde.

 

3è Conférence.-

Appartenance et engagement :

Appartenance à l’Eglise, Appartenance à la Fraternité Franciscaine

Lorsqu’il s’agit d’une appartenance “volontaire”, la volonté d’appartenance s’exprime dans un certain engagement, au moins provisoire, au mieux, définitif.

Avant de parler de l’appartenance à la “Fraternité Franciscaine”, il est indispensable de parler de l’appartenance à l’Eglise, car la Fraternité se veut une cellule d’Eglise et ne trouve son sens qu’à l’intérieur de l’Eglise, ou tout au moins que par référence à Jésus-Christ : c’est parce que François d’Assise a voulu suivre le Christ que nous nous mettons nous-même à la suite de François, pour suivre le Christ à sa manière. Or nous savons par ses écrits qu’il a souvent manifesté son “appartenance” à l’Eglise et sa volonté d’obéir au Seigneur Pape.

 

= L’Appartenance à l’Eglise

Ici, nous entendons l’Eglise comme communauté de ceux qui se réclament de Jésus-Christ Fils de Dieu, Sauveur.- Pour le Chrétien, l’appartenance à l’Eglise s’entend aussi de son adhésion au Christ, et par lui au vrai Dieu.- Par rapport à Dieu, l’appartenance ne peut être transitoire. A partir du moment où je reconnais Dieu, comme Dieu, comme mon créateur, comme l’Amour souverain, je ne puis plus “monnayer” mon adhésion, ni m’engager “à temps”. Il s’agit bien d’une appartenance définitive, et donc d’un engagement qui ne peut plus être remis en question. Dans l’évangile, Jésus dit à ceux qui veulent le suivre : « Celui qui a mis la main à la charrue ne peut regarder en arrière. »-

Objectivement, notre appartenance au Christ et à son Eglise a été signifiée et a débuté par le Baptême, mais reçu dans l’enfance, et dans l’inconscience, le Baptême doit être ratifié par toute notre vie… C’est pourquoi l’Eglise organise des « renouvellements » : cf. Profession de foi, passage de l’enfance à l’adolescence, et même renouvellement annuel dans le cadre de la veillée pascale.

Rechercher un sens à sa vie, si l’on croit en Dieu-Amour, engage à se tourner vers lui et à rechercher le Bien. Pour le Chrétien c’est toujours en référence à Jésus-Christ que cela peut se faire : il est l’archétype de l’homme qui aime Dieu et qui se sait aimé de lui ; il manifeste clairement l’habilitation de l’homme à s’approcher de Dieu. Devant ce “projet de vie” (vivre en chrétien, en progrès vers Dieu) la tâche peut paraître insensée. C’est donc dans l’humilité et la conscience de sa propre faiblesse qu’on recherche volontiers où s’appuyer ou sur qui compter. Or outre sa fonction de sanctification, notamment par la Parole et les sacrements, l’Eglise se présente comme un organisme qui comprend de nombreuses communautés, et même comme un emboîtement de communautés diverses. Ainsi par exemple la communauté de voisinage …qui a engendré l’organisation paroissiale, à partir du VIè siècle. – Mais il y a aussi dans l’Eglise des communautés électives, i-e des personnes qui se mettent ensemble pour s’appuyer, s’encourager dans leur itinéraire spirituel. Cette image correspond assez bien aux fraternités séculières locales.

L’appartenance à la Fraternité franciscaine

La Famille franciscaine naît de François d’Assise, suscité par l’Esprit de Dieu et authentifié par l’Eglise pour apporter une nouvelle expérience spirituelle, pour enrichir la vie chrétienne de nouveaux modes de penser et d’agir : bref une nouvelle façon de suivre le Christ à partir de son Evangile. – Mais cette vocation particulière correspond aussi à un tempérament, un caractère, et il est probable que ceux qui se retrouvent “à l’aise” dans la spiritualité de François d’Assise, correspondent eux aussi à certaines formes de caractère. Dans un article intitulé « avoir l’esprit franciscain », publié dans diverses revues et dans l’encyclopédie “wikitau”, j’ai tenté de montrer comment certaines options spirituelles ou théologiques correspondaient aussi à tel type de personnes. Mais dans un regard de foi, on peut aussi considérer que cette séduction qu’exerce François est la manifestation d’une certaine “vocation chrétienne”, i-e une forme de la grâce divine à mon égard. Cf. François : « Le Très-haut me montra que je devais vivre selon la forme du saint Evangile… » Pour François, c’est un mode de vie qu’il a mené et qu’il regarde, à la fin de vie, dans son Testament, comme étant sa “vocation personnelle”.

Ce que je veux montrer ici, c’est que pour parler valablement de l’appartenance franciscaine, il faut la considérer comme un aspect de ma vocation chrétienne : Dieu m’a conduit dans cette forme de vie chrétienne pour que je puisse m’appuyer sur des frères et des sœurs partageant la même vocation, afin qu’ensemble nous répondions mieux à son amour, à son dessein sur nous. La fraternité devient alors pour moi un “lieu d’Eglise”, le lieu où se vérifie pour moi la parole de Jésus : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Mt 18, 19-20).

 

Tant que l’on considère que mon adhésion à la Fraternité franciscaine est un choix purement circonstanciel que je peux toujours remettre en question, au gré de la bonne entente que j’ai avec tel ou tel frère ou sœur, ou en raison de l’existence d’une fraternité proche de mon domicile, ou pour tout autre motif de convenance personnelle, autre que la quête de Dieu et de son dessein sur moi, il sera difficile de parler de véritable appartenance ; elle ne sera telle que lorsque mon choix d’adhésion aura fait l’objet d’une “appropriation” sérieuse, qui peut être progressive, mais qui est indispensable. Il est normal qu’au début de ma rencontre avec telle fraternité, il y ait une phase de regard, d’expérience, de connaissance progressive des enjeux…, cela correspondait autrefois aux étapes préparatoires à l’engagement : postulat et noviciat selon les termes employés et que l’on a abandonnés pour éviter la confusion avec la « vie religieuse », puisque selon le Concile Vatican II, la fraternité est séculière : fraternité de laïcs pleinement insérés dans le monde.

 

L’appropriation de l’appartenance se fait par divers apports de connaissance, de lectures, de fréquentation, de participation à des événements, de célébrations et de prières, etc… Ainsi il est indispensable de lire une bonne vie de François d’Assise, puis de prendre contact avec ses écrits, et les commentaires qui en ont été faits. La lecture régulière de la revue de la Fraternité séculière et la participation à des réunions de formation et de rencontres avec des frères et soeurs déjà engagés sont indispensables pour acquérir le « sentiment d’appartenance » qu’il faudra développer…, et à un certain moment, ne plus remettre en question, jusqu’à accéder à une véritable “identité franciscaine”, lorsque j’aurai définitivement acquis la conviction que là est ma place de chrétien pour être fidèle au Christ et œuvrer dans son Eglise.

 

L’engagement dans la Fraternité franciscaine

Qu’il soit ou non explicite, l’engagement dans la fraternité est la conclusion normale de mon adhésion à la fraternité comme lieu providentiel de mon engagement chrétien ; La Règle ou “Projet de vie” de la Fraternité séculière de saint François, au ch. 23, est claire à ce sujet :

« 23…L’entrée dans la Fraternité se fait par étapes. Celles-ci comportent : un temps d’initiation, une période de formation d’au moins un an, et enfin l’engagement de vivre selon la Règle. C’est là, d’ailleurs un cheminement et une progression qui doivent marquer aussi le mode de vie de toute la Fraternité…. L’engagement, de par sa nature, est définitif… »

De fait, aujourd’hui, dans la Fraternité séculière de France, beaucoup de frères et de sœurs ont négligé cette disposition de la Règle. Dans l’évolution de la Fraternité séculière (suite aux remises en cause de 1968… ?), on s’est accoutumé à ne plus demander d’engagement aux frères et aux sœurs des fraternités. Celles-ci d’ailleurs ont eu tendance à se distancer par rapport à l’organisation nationale de l’OFS, parfois pour conserver leur originalité, ou parce qu’elles pensaient être ainsi plus ouvertes à des membres “en recherche”, ou hésitant à qualifier leur propre spiritualité. Tout en respectant ces divers points de vue, je pense, quant à moi, qu’il y a eu là une certaine dérive, et que l’absence d’identification comme “fraternités franciscaines” a nui à l’ensemble de la Famille franciscaine. Certaines fraternités l’ont compris, qui, aujourd’hui, s’efforcent de remettre en honneur l’engagement des frères et des sœurs au sein de leur fraternité.- Puisse cette prise de conscience être partagée par tous ! – Il est vrai que cette “dérive” correspond bien à la sensibilité de nos contemporains, surtout dans les jeunes générations : dans toutes les Institutions, on constate un refus général d’engagement définitif. Cf. Le mariage, qui de sa nature devrait être un engagement définitif, et qui pour beaucoup devient un statut transitoire, ou même rebute les amoureux qui préfèrent faire durer sans engagement leur situation de couple, jusqu’à une éventuelle séparation.

 

Il est vrai aussi que l’évolution de la Fraternité a pu conduire à cette situation. Conçue autrefois comme un “sous-produit” de la vie religieuse, le Tiers-Ordre s’efforçait de transposer, dans la vie séculière, les coutumes de la vie religieuse : On faisait un Noviciat, avec entrée comportant un rituel liturgique, puis une Profession, comme les religieux, dans une cérémonie liturgique, calquée sur celle des religieux. Ce rituel était normalisé dans des livres liturgiques.- L’affirmation du statut “séculier” du T.O, et l’insistance de la Constitution conciliaire sur l’Eglise, Lumen Gentium qui consacre deux chapitres au laïcat : L’appel universel à la sainteté, et la participation des laïcs à l’apostolat ecclésial, ont conduit les frères à prendre leurs distances par rapport aux modèles monastiques et religieux.- mais il n’a jamais été dans la pensée de l’Eglise de minimiser l’exigence d’engagement des chrétiens à la suite du Christ ! Les divers mouvements spirituels, en particulier les Groupements de Vie évangéliques, (GVE), maintiennent cette exigence, en cohérence avec leur propos de permettre à des chrétiens de mieux vivre la consécration de leur baptême. Il faut se rappeler, qu’en définitive, l’engagement dans la Fraternité évangélique est d’abord un engagement vis-à-vis de Jésus-Christ Sauveur. C’est pourquoi un chrétien qui ne se sentirait plus à l’aise dans une fraternité pourrait être amené à la quitter, ou à rejoindre éventuellement un autre mouvement spirituel, mais il n’en serait pas moins “engagé” vis-à-vis de Jésus-Christ.

 

Je pense, quant à moi, qu’il serait bénéfique pour vos fraternités, de mener une réflexion renouvelée sur ce thème de l’engagement, et d’inviter frères et sœurs à expliciter leur engagement. Ce qui importe le plus, c’est la détermination personnelle à suivre le Christ, même si on a encore quelque réticence pour une formulation liturgique. Par exemple, on peut imaginer une fête fraternelle de l’engagement, accompagnée d’expressions personnelles, encadrée de quelques prières, et suivie d’un partage un peu festif de nourritures terrestres : faire la fête, quoi !

 

Je laisse ces réflexions à votre appréciation.

Fr. Luc Mathieu, ofm

 

 

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