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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 14:55

 

Le TAW

 

 

Yahvé lui répondit: " Aussi bien, si quelqu'un tue Caïn, on le vengera sept fois."Et Dieu mit un signe sur Caïn afin que le premier venu ne le tue pas.

Quelle mansuétude envers ce fratricide sans pitié! Dieu décide donc que quiconque s'en prendrait à la vie de Caïn, attirerait sur lui le malheur jusqu'à la septième génération, de quoi y réflechir à deux fois. Et pour que nul ne l'ignore, le voici marqué d'un signe sur le front, un signe qui repousse l'ennemi.

Quel est ce signe?

Les rabbins ont beaucoup épilogué sur le sujet, formulant de nombreuses hypothèses parmi lesquelles la lèpre notamment. Toutefois, la plus judicieuse semble être l'imposition de la dernière lettre des vingt-deux que compte l'alphabet hébraïque, le taw qui ressemble à une potence dont l'un des piliers descend au-dessous de la ligne d'écriture. En effet, le nom de la lettre taw signifie signe, marque et même sceau en ce qu'elle est la dernière du mot emeth, la Vérité qui a donné notre Amen par lequel le Christ scelle ses propos: "Amen, amen, je vous le dis..." Cette consonne taw, la dernière, l'oméga de l'alphabet hébraïque, est en même temps celle qui commence le mot teshouva qui signifie conversion. Ainsi, en imprimant cette lettre sur le front de Caïn, Dieu manifeste pour lui la possibilité du retour et du salut. Non seulement le taw est l'initiale de teshouva, la conversion, mais elle l'est aussi de torah, la loi écrite et tefilah, la prière qui sont les piliers du judaïsme, mais aussi de tichri, le septième mois (septembre-octobre) qui sert tout entier de cadre aux fêtes d'automne: Rosh-Hachanah, (la tête de l'année, le 1er tichri qui est le jour de jugement), Yom Kippour (jour d'expiation ou s'exercent le verdict et le pardon pour tous ceux qui ont mis à profit les dix jours "terribles" qui séparent les deux solennités pour amender leur conduite) et Soukkot, la fête des Tentes où s'exprime la joie d'un peuple qui a renouvellé son alliance avec Dieu. Pour la pensée juive, le "début est enraciné dans la fin et la fin dans le début", dit le Séfer Yétsirah. Le taw est ainsi à l'origine puisqu'il est à la fin. Il récapitule à lui seul toute l'histoire du salut. Et ce, d'autant plus que sa valeur numérique est 400, le carré de 20, la plus haute valeur qu'une seule lettre puisse atteindre. Or, 400 est le nombre de pièces d'argent avec lequel Abraham acquit la grotte de Makpéla, embryon de la terre promise. Donc ce taw sur le front de Caïn prophétise qu'un jour la malédiction de l'errance prendra fin. Mais 400 est aussi le nombre des années prévues pour l'exil en Egypte, creuset dans lequel Dieu va faire grandir son peuple. Enfin, le tawest l'équivalent de notre T, qui adopte spontanément la forme de la croix dont les bras s'étirent dans les quatre directions pour accueillir toute l'humanité.

Dieu apparait rempli de mansuétude sans pour autant être faible. Déjà il avait promis à Adam et Eve une descendance qui écraserait la tête du serpent et les avait vêtus d'habits de peau pour couvrir la honte de leur nudité. A nouveau, il fait alliance avec Caïn. Le signe sur son front, signe de la croix, c'est le signe des chrétiens dont saint Jean parle dans l'Apocalypse: " Attendez, dit Dieu aux quatre anges, debout aux quatre coins de la Terre, que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu" afin qu'ils soient épargnés par le cataclysme qui va déferler sur la Terre. Ce taw, cette croix est un signe d'espérance pour tous les pécheurs. C'est comme si elle faisait de nous les citoyens de la Jérusalem céleste, marqués du sceau de Dieu, expression synonyme du baptême dans l'église primitive.

Caïn, marqué du signe qui le protège d'une mort certaine et de la vindicte de tous, va se retirer de la présence de Yavhé et séjourner au pays de Nod, à l'orient d'Eden. Ce pays nous est inconnu, mais en hébreu, Nod est très proche de nadqui signifie errant. C'est donc la condition nouvelle de Caïn qui est ici soulignée. Partout, il serra errant, étranger, sans lieu où reposer la tête, comme dira le Seigneur Jésus de lui-même lorsqu'on le traite de paria.

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Published by Fraternité Franciscaine Séculière - dans Formation
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