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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:48

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Mot d’accueil à deux voix

 

Fr. Yannick

 

Jubilons ! Et soyons dans la joie ce soir car nous avons vraiment des motifs de nous réjouir ce soir, avec tous les saints de la famille franciscaine, ceux qui sont au Ciel, et ceux qui sont encore sur la terre. Réjouissons-nous d’abord pour ce que le Seigneur a fait, fait et fera dans la vie de nos frères Jacques et Pierre, et de nos frères Batitte et Jean-Paul.

 

Je souhaite en ce début de célébration présenter les concélébrants à ceux qui parmi vous ne connaîtraient pas l’un ou l’autre.

 

Le père Michel Roux nous a fait l’amitié fraternelle de présider cette célébration. Il est curé des Paroisses Saint-François d’Assise et Saint-Antoine de Padoue. Autant dire qu’il est ici en famille ! Il est aussi le délégué épiscopal au Conseil diocésain de la vie consacrée. C’est donc un double motif de joie de l’avoir parmi nous ce soir !

 

Le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, est le curé de la paroisse Saint-Vincent de Paul, couramment appelée ‘Les Réformés’. Il est aussi le responsable du secteur pastoral du Vieux Port auquel appartient notre paroisse, et par sa spiritualité, il est aussi chez lui ce soir parmi nous.

 

Le père Pierre Brunet est le curé de la paroisse de Saint-Barnabé, Saint-Augustin et Sainte-Anne des Caillols, il est également vicaire épiscopal, et a beaucoup d’autres charges notamment dans le discernement vocationnel, et auprès des jeunes en général ; mais il est surtout, pour nous, celui qui a eu la charge pastorale de cette paroisse avant notre arrivée, dans des moments pas très faciles, et qui nous a si fraternellement accueillis à Marseille. Pierre, tu es toujours chez toi ici.

 

Le frère X, est un de nos frères, ou tout comme ... un cousin fraternel comme le disait Edmond Rostand : il est frère dominicain et nous avons en commun les mêmes pères saint Dominique et saint François : il est aussi en famille ce soir.

 

Enfin, je ne vous présente par Jacques, qu’Anne va nous présenter tout à l’heure, ni les frères que vous connaissez tous !

 

Rose-Marie

 

Ce soir nous avons plusieurs raisons de rendre grâce :

 

D’abord parce que deux frères : Jacques Marvaldi, prêtre

                                                    Pierre Lebossé, marié à Marie-Rose

 

Ont demandé à entrer l’Ordre Franciscain Séculier.

 

Rendons grâce pour ces deux frères qui ont fait le choix d’un pas de plus dans la Confiance pour vivre et approfondir leur foi, grandir dans le partage, apprendre à se laisser déposséder au bénéfice de l’Esprit, accompagnés des frères et sœurs de la fraternité séculière franciscaine. 

 

Et ensuite, parce que deux autres frères,

 

- Jean-Paul

- Batitte

 

ont fait un choix de service et de radicalité, il y a 25 ans, dans l’Ordre des Frères Mineurs 

·        pour Jean-Paul 25 ans de prêtrise

·        pour Batitte 25 ans de vie religieuse

 

Merci pour ces vies données à Dieu, à l’Eglise dans l’Ordre des Frères Mineurs.

 

Merci d’être pour nous des témoins de fidélité,  à ce qui vous habite, de simplicité dans le quotidien de vos vies, et ici à Marseille, à la fois votre volonté d’enracinement dans votre lieu de vie, et la volonté d’être disponible à l’Esprit qui souffle où il veut.

 

Merci à tous deux d’être toujours dans la fraîcheur de l’Annonce.

 

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VINGT CINQ ANS…

«  Voici ce que j’écrivais le 12 février 1984 au frère ministre provincial des franciscains d’Aquitaine, Manex ERDOZAINCY. C’était pour lui demander d’entrer au noviciat. J’avais 23 ans : « Je sens que Dieu m’invite à vivre une vie de pauvre parmi les pauvres et cela par le témoignage de ma vie ; que cette existence qui m’est donnée soit une présence d’Amour ; une présence de solidarité de tous les jours comme la graine qui doit s’enfouir et mourir à elle-même pour germer. (…) J’ajoutais ceci : « Que tout soit à vivre, à naître, et à susciter par l’Esprit qu’il s’agit d’invoquer pour le laisser nous déposséder ».

J’ai fait profession le 15 septembre 1985 à Pau, dans le Béarn.

            Cinq ans après, j’écrivais entre autre ceci pour demander à faire profession solennelle dans l’Ordre des frères mineurs :

« Quand je regarde ce qu’ont été pour moi ces dernières années, ce qui me frappe en premier lieu c’est l’âpreté de certaines expériences. Je pense ici évidemment au milieu familial qui a été le mien, mais aussi aux exigences de vie communautaire que j’ai pu connaître depuis maintenant cinq ans. Si je dis en être frappé c’est que c’est à travers ces moments-là et grâce à ces moments que je n’ai cessé d’apprendre à avancer. » Je poursuivais : « Cependant je ne saurais parler d’âpreté sans parler simultanément de joie ou pour dire les choses plus justement, de paix. La paix, ça ne se raconte pas, c’est donné. De cette paix, j’en parlerais même volontiers comme d’un cadeau offert par qui vous savez, pour être partagée. C’est aussi comme cela que je perçois notre raison d’être et de vivre comme frères mineurs ».  Cette lettre datait de juin 1990.

Noviciat et entrée dans l’Ordre à Pau, puis ce fut Strasbourg, puis Toulouse,  et ma profession solennelle à St Palais en Pays-Basque, puis le Havre, puis Besançon. Et aujourd’hui, 25 ans après, que dire en peu de mots, ici à Marseille, en cette église de la Trinité et maintenant, parmi vous frères et soeurs ?

Et bien que je n’ai jamais été aussi heureux.

Je suis très heureux de ce que ces 25 ans comme frère mineur m’ont amené à pouvoir voir aujourd’hui. A voir, à contempler de cet appel à être rendu participant, de par la Grâce baptismale au Mystère pascal. Grâce accueillie le jour de mon baptême, le 7 janvier 1961 en l’église St Jean-Baptiste de Mauléon.

Très heureux de ce que ces 25 dernières années m’ont permis de découvrir de la vie de ressuscité à laquelle notre Si Bon Dieu espère que l’on  consente. Vie de confiance active, vie d’amour tendre et inconditionnel ; vie foncièrement ouverte et offerte à l’Esprit, avec l’aide si maternelle de Marie la Toute Pure.

Très heureux de désirer autant apprendre à vivre en frère et en mineur ; et comme des individus que personne ne redoute pour reprendre des termes utilisés à l’occasion d’un Chapitre général.

Merci à vous mes frères. Merci à vous mes frères et mes sœurs de ce que vous manifestez de l’Amour de notre Si Bon Dieu pour ensemble, faire fraternité.

Merci Seigneur, toi le si Bon Dieu pour ta délicatesse si fine à mon égard et j’ose le dire, à notre égard à chacun et chacune.

Merci pour le Don sans réserve de Toi-même alors que je suis si exposé à la tentation de me récupérer, je veux dire de me raidir et souvent de façon très insidieuse.

Merci d‘espérer si patiemment de moi, de nous, que nous vivions comme des témoins passionnés et passionnants de la puissance libératrice de ton Mystère Pascal.

AMEN. ALLELUIA !!!

 

            Frère Batitte o.f.m.

           



« Si vous êtes fidèles à mes commandements,

vous demeurerez dans mon amour,

comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père,

et je demeure dans son amour »

 

Cette parole de Jésus, rapportée par Saint Jean, nous dit le lien entre la fidélité et l’amour de Dieu le Père. Une fidélité qui permet de « demeurer » dans l’amour du Père. Le Fils, Jésus le Christ, a vécu cela en plénitude. Le serviteur du Christ que je suis, ou du moins que je suis appelé à être, est encore en route !

Et sur cette route, vous êtes là, présents ce soir. Comme un cadeau de Dieu, comme le signe de la tendresse de Dieu.

Quand frère Yannick m’a dit de penser à un témoignage personnel sur la fidélité, je me suis demandé qui j’étais pour parler de la fidélité, moi qui suis si souvent infidèle à cet amour de Dieu !

 

Je pense à deux titres d’ouvrage pour commencer ce témoignage :

Le 1° ouvrage est de Frossard : « Dieu existe, je l’ai rencontré ». Ni plus, ni moins. Comment dire cette rencontre de Dieu, du Christ, au détour d’un chemin. Elle m’a marqué à jamais car c’est le Seigneur qui est venu à moi et qui est fidèle. Cette quête de la rencontre me semble le premier pas de la fidélité.

Le 2° ouvrage est de Françoise Verny, éditrice aujourd’hui décédée. En 1992, elle publie un essai dont le titre est évocateur : « Dieu existe, je l’ai toujours trahi ». Ni plus, ni moins. Comment parler de ses propres trahisons ? Elles sont cette déchirure du cœur, au goût amer, qui disent mon infidélité à cet absolu d’amour et de vie. Elles sont cette meurtrissure,  cachée au creux du bonhomme, qui ne peut espérer que la miséricorde de Dieu !

La fidélité me semble se forger entre ces deux pôles : le plus beau, celui de cette quête d’absolu où c’est Dieu lui-même qui nous cherche et le plus réaliste, celui de notre humanité fragile et pécheresse. La fidélité s’accueille, se construit avec ces deux pôles entremêlés avant que la Parousie ne vienne tout unifier et tout purifier.

 

Je serais incapable d’être fidèle plus de cinq minutes sans les autres. La fidélité pour laquelle je souhaite rendre grâces a toujours été un cadeau apporté par d’autres. Je voudrais évoquer brièvement, trois lieux, et aussi trois moments, fondateurs pour moi.

 

Le 1° lieu est Saint-Etienne, le lieu de ma naissance et de mon baptême ; le lieu de mon enfance, de mon adolescence et de ma jeunesse. De famille chrétienne, j’ai appris la fidélité comme on apprend à marcher, j’ai appris la foi comme on apprend à grandir. J’ai cultivé tout cela avec grand bonheur. Si mon pied faisait un faux pas, il s’est trouvé toujours un ami, un frère pour délicatement me remettre sur le chemin. J’ai appris à prier comme une respiration et j’ai constaté, au large de ma jeunesse, que cette respiration pouvait me rendre le souffle quand besoin était et surtout, que la respiration des autres, la prière des autres, m’a sauvé la vie plusieurs fois.

Après deux ans de coopération en Afrique, j’attendis un peu et je sortis du siècle, comme dit Saint-François.

 

Le 2° lieu est un petit village du Lubéron : Grambois pour ceux qui connaissent. J’ai été enfanté à la vie franciscaine par les frères et par les gens du village. De la vigne à l’ermitage, de la boulangerie à l’église, j’ai appris à retrouver le monde avec le regard de François. L’idéal évangélique s’est vite confronté au bonhomme intérieur qu’il fallait évangéliser en profondeur ! La fidélité s’est mise à l’école des petites fidélités quotidiennes : être présent à l’office, faire la cuisine, se laisser garder par les frères. La fidélité s’est frottée au chemin de la désappropriation, non sans mal et sans être, encore maintenant, entièrement victorieuse. Les chrétiens de Grambois en chantant la pastorale, comme le groupe de la Palud, m’ont appris que Noël s’accueillait en chantant et en partageant et non en réfléchissant. Pendant ce temps d’initiation franciscaine, de belles figures de frères mineurs m’ont appris la fidélité de Dieu.

 

Le 3° lieu est une petite banlieue de Lyon, Azieu-Genas. Que dire de ce temps et de ce lieu ? J’y suis arrivé jeune profès solennel et j’en suis reparti pour servir les frères de la Province. J’ai appris la fidélité par l’obéissance. J’ai souvent résisté puis j’ai consenti à ce que ce soient les frères, ou la Province, qui tracent mon chemin. C’est dans ce cadre-là que je me suis laissé appeler puis enfanter au ministère presbytéral. L’ordination, il y a 25 ans, a marqué une étape où la fidélité devait se conjuguer avec le service particulièrement celui des frères, dans la formation puis dans le service de la Province. Beaucoup de laïcs, à Azieu-Genas, ont aidé à cet enfantement. Quand le chemin se perdait dans le brouillard, et à Lyon il y a du brouillard, il s’est toujours trouvé quelqu’un pour éclairer un petit lumignon.

 

Je n’évoque pas d’autres lieux, même si chacun a son importance. En prenant de l’âge, j’aime ce poème d’Aragon :

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force


Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit 


Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix


Et quand il croit serrer son bonheur il le broie


Sa vie est un étrange et douloureux divorce

 

Le poète continue « il n’y a pas d’amour heureux »



 

Ma conclusion diffère : la fidélité de Dieu et son amour sont toujours là. La croix est celle du Christ qui nous ouvre le chemin.

 

 

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Published by Fraternité Franciscaine Séculière - dans PACA
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