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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 23:41
 

Frère Sergio du Monastère de Cimiez

 

En 1999, demande du diocèse de Nice et de la Province des Trois compagnons pour prendre la relève de la fraternité de Cimiez. 4 frères arrivent d'Italie en 2000. Adaptation à la culture française, à la vie de l'Église locale. Une paroisse leur est confiée : catéchèse, entretiens, célébrations, visites aux malades, formation des jeunes des adultes. Découverte de formes de pauvreté non habituelles. Rencontre de gens qui ne connaissent pas la joie d'être chrétiens.

Un groupe de jeunes adultes s'est formé à qui l'on propose une expérience d'évangélisation : "les sentinelles du matin", expression de Jean-Paul II pour désigner les jeunes aux JMJ de Rome (2000). C'est un mouvement qui s'est développé en Europe avec des jeunes qui veulent évangéliser. En novembre 2008, début de l'expérience à Nice avec un groupe d'une trentaine de jeunes formés par les franciscains. Janvier 2009, début de l'évangélisation dans le vieux Nice. Elle se fait la nuit, à partir de 17h le samedi soir jusqu'au dimanche matin : "une lumière dans la nuit". Une église leur a été confiée, l'église de la Miséricorde.

Formation biblique, formation technique, ils dînent ensemble, puis long temps d'adoration, et frère Antonio, curé de Cimiez, les envoie en mission. Une équipe musique chante jusqu'à 1h du matin dans une atmosphère priante. Une équipe (2 par 2) sort dans la rue pour inviter les gens à entrer dans l'église : conversation, curiosité... Une équipe accueille dans l'église et fait une proposition de prière à partir d'une intention que les visiteurs écrivent. Les jeunes les accompagnent devant le Saint-Sacrement avec explication, catéchèse privée. La personne dépose sa prière et prend un autre papier avec une phrase biblique. Elle reçoit une invitation pour aller voir un prêtre : écoute, confession… (de 21h à 1h). Les sœurs clarisses prient pendant ce temps. Le lendemain, elles reçoivent les intentions des gens.

C'est une semence dont on ignore ce qu'elle donnera. Expérience importante pour les jeunes. Pour les autres, on ne sait pas. Ce groupe de "sentinelles", c'est un flambeau appelé à animer d'autres flambeaux dans d'autres villes. À Cimiez, la flamme est venue d'Italie. Chaque soirée, il y a une soixantaine de contacts (une bougie allumée par contact).

 

 

 Frère Battite de la communauté de Marseille

 

Les provinces du Bienheureux Pacifique et des Trois compagnons ont décidé de cette nouvelle fondation. Deux chapitres provinciaux ont abouti à une décision commune : présence de frères mineurs dans des quartiers très marqués par un contexte interculturel et inter-religieux. Nouvel élan avec un certain nombre de critères en tête : retrouver une forme de vie fondamentalement centrée sur la personne du Christ. Cette nouvelle équipe devait être d'abord présente pour accueillir ce que Dieu peut manifester dans le cœur : pratique sacramentelle, temps de prière, de méditation, avant de bâtir un projet plus précis.

Se mettre à l'écoute des diocèses qui ont exprimé le désir de voir revenir ou s'implanter des frères mineurs. Marseille proposait un quartier : Noailles, très cosmopolite, avec des communautés très typées. Impression de se retrouver dans le souk de Marrakech ou de Mekhnès. Demande de Mgr Pontier. Depuis avril 2009, 5 frères, dont 3 prêtres, sont à Marseille, marqués par le quartier, la vie fraternelle des relations au quotidien. Responsabilité particulière : rouvrir l'église de la Trinité, rue de la Palud. Fraterniser, être présents comme des mineurs pour témoigner, rendre grâce de cet amour qui nous marque et le faire naturellement. "Nous sommes appelés à vivre l'inter-religieux par les pieds" ! Milieu très musulman avec des accents plutôt radicaux. Comme François à la rencontre du sultan : nous devons nous présenter comme des frères résolument ouverts, dépositaires d'un trésor. Beaucoup de musulmans se réjouissent de notre présence parce qu'ils voient en nous des hommes de Dieu. A priori positif et bienveillant, nous pouvons donc se sentir à l'aise sur ce qui les fait vivre.

Situation de fondation. En disant "oui" à notre mère l'Église, on s'expose à dire "oui" à ce qui nous est donné et demandé : maison trop grande ! désappropriation, dépendance… Ce sont les événements qui vont nous enseigner sur ce à quoi nous sommes appelés : se dessaisir de ses projets aussi stimulants et construits soient-ils. L'accueil des petites gens est très touchant.

 

 

 Frère Christian Brailly gardien du couvent d'Avignon

 

"Si l'un des frères tombait malade…". Le service des frères aînés est une grâce particulière. Le couvent abrite 15 frères (bientôt 16) dont 6 ont plus de 80 ans, 2 plus de 70 et 7 entre 50 et 70, plus 3 frères rattachés à la fraternité. Tous sont, au même rang, appelés à vivre le charisme franciscain. Chacun vit sa vocation selon sa personnalité. Un frère de 89 ans met 1h30 pour préparer la chapelle, l'autre de 87 ans qui se lève à 5h du matin s'occupe du petit-déjeuner… La retraite, ils la font chaque jour, comme un pèlerinage, tout au fond de leur cœur.

J'apprends le métier de gardien. On est sur le même bateau, il faut un capitaine : le Christ et des matelots. Des auxiliaires de vie viennent chaque jour ainsi que des infirmières et deux aides ménagères. C'est un changement total d'habitude : être là présent. Le plus important obéir au Christ.

 

 

 Sœur Nicole Guilbaud, clarisse de Riez

 

Claire et sa règle, c'est le pôle féminin de la spiritualité franciscaine. À son époque, pour avoir un statut juridique, elle doit s'appuyer sur la règle de saint Benoît. Mais elle veut quelque chose de particulier. Elle attend presque 40 ans pour la ratification de sa règle par Innocent IV.

Le Testament de Claire : vie de prière, lien à l'ordre des frères, pauvreté, vie communautaire. Claire vit dans l'intimité de Dieu et du Christ. Sur son lit de mort, elle dit "Béni sois-tu Seigneur de m'avoir créée !"

Claire ne parle jamais de "règle", mais de "forme de vie". Elle met l'accent sur la pauvreté et la vie communautaire et relationnelle avec un aspect particulier : la démocratisation, on dit "l'abbesse et ses sœurs". C'est la communauté tout entière qui prend les décisions. Vivre dans l'obéissance, sans rien en propre, dans la chasteté.

En 1964, le cardinal a souhaité créer des lieux de prière., d'où la fondation de Riez. La fraternité est volontairement limitée à un petit nombre. À Riez, les sœurs sont locataires de la commune. Type simple de gouvernement, de relations fraternelles, de prière partagée. Attention soutenue aux personnes et aux situations. Communauté fraternelle en référence constante à l'Évangile, tendant à un partage de vie facilité par le petit nombre. Fraternité responsable, pour le bien de toutes. Esprit d'abandon à la Providence tout en travaillant au quotidien. La chasteté nourrit la charité fraternelle et en devient le signe. Elle s'épanouit dans la liturgie, parole de Dieu. Retrait, lieu de silence, de prière, d'écoute. C'est en partageant son expérience spirituelle que Claire ouvre un espace de vie et un espace au désir de vivre.

 

 

Sœur Françoise Ouzani, petite sœur de saint François

 

La congrégation est née à Angers en 1873. La fondatrice est une jeune fille pauvre, malade et illettrée. Remarquée de beaucoup de jeunes filles qui l'entouraient et travaillaient avec elle, elle n'avait pas prévu de fonder. "Petites sœurs de saint François", "petites" et "sœurs", deux attitudes évangéliques qui caractérisent la congrégation. La fondatrice était tertiaire de saint François. Les sœurs sont présentes dans 12 diocèses, en France, en Algérie et en République Centre Africaine. Les petites sœurs vivent ensemble l'Évangile. Obéissance, pauvreté, chasteté, présence fraternelle à tous, de préférence aux petits et aux pauvres.

Elles sont à Toulon depuis 19 ans, où elles habitent la cité HLM du Jonquet en milieu musulman et gitan. Elles ont été appelées par les Frères Capucins, Elles font partie de la diaconie du Var, au milieu des frères de la rue. Dans la cité, elles assurent la coordination d'une maison de quartier, travaillent avec les mamans du Maghreb, couture, cuisine, enfants. Il s'agit de faire un pont entre les paroisses et la cité.

La vie en fraternité est essentielle, c'est le lieu d'où l'on part en mission et où l'on revient. Lieu de paix et de prière. Attention à préserver un climat. Point de ressourcement. On ne peut pas exister tout seul mais ensemble.

C'est une grâce d'être franciscaine, liberté d'être avec tous les frères, simplicité de joie et d'espérance. Les rencontres renforcent cela. François est l'homme de la rencontre de plus en plus dépouillé. "Le Seigneur nous a envoyés évangéliser les hommes. Mais as-tu réfléchi à ce que c'est qu'évangéliser les hommes ? Évangéliser un homme, vois-tu, c'est lui dire : Toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu'il sente et découvre qu'il y a en lui quelque chose de sauvé, quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu'il pensait, et qu'il s'éveille ainsi à une nouvelle conscience de toi. C'est cela lui annoncer la bonne nouvelle. Tu ne peux le faire qu'en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, désintéressée, sans condescendance, fait de confiance et d'estime profondes." (Sagesse d'un pauvre, Éloi Leclerc, éditions franciscaines 1959, p. 139)

"Notre vie franciscaine est une très belle histoire d'amour et une action de grâce".

 

 

 Robert et Bernadette Jolly de Munsthal du diocèse de Digne

 

Robert et Bernadette ont fêté leur 50 ans de mariage chez les clarisses le 13 janvier 2008. Ils ont rencontré la spiritualité franciscaine en 1971 avec Max Planck et Jean Jouve. Ils se sont engagés en 1973, ont été marqués par leur voyage en Italie en 1975. Ils ont assuré la responsabilité régionale, puis ont fait partie du bureau exécutif à Orsay, puis du bureau national. Ils sont à Volones près de Sisteron depuis leur retraite professionnelle en 1996. Un long article dans le n° 11 de d'avril-mai-juin 2008 de l'Olivier retrace leur parcours.

 

 Michèle et Jean-Marie Schuster du diocèse de Nice

 

Michèle et Jean-Marie, engagés dans la fraternité franciscaine de Bitche, ont 4 enfants, deux filles qui vont se marier, un fils capucin et un fils chocolatier. En 2002, Jean-Marie est affecté à Nice, invitation au dépouillement. Ils participent d'abord à la distribution alimentaire avec les pauvres dans les rues de Nice avec les sœurs de Mère Térésa. Vie dans la cité de l'Ariane multi-culturelle. Petite communauté paroissiale dans un milieu à majorité musulmane. Développement de relations de proximité. Il faut durer, le pauvre est présence de Dieu. On ne s'habitue pas à la pauvreté, elle est difficile au quotidien.

À présent, engagement au sein de l'association MIR et communauté de vie à Sospel avec 16 personnes dans la précarité. Temps de prière, désir d'abstinence. "Les pauvres nous relèvent". Travail avec les pauvres : production d'huile d'olive, de paniers. La communauté a une ferme. Chacun apporte ce qu'il est. Développement de l'idée d'un travail régulier pour permettre aux personnes présentes d'être occupées et de dépasser leur addiction. Certains s'en vont, les départs sont vécus douloureusement. Certains reviennent quelquefois. Être aimé, c'est à jamais.

La proposition de la communauté : vie communautaire, travail et prière dans la régularité. Mais il est nécessaire de s'adapter au cas par cas. Prière fraternelle de soutien. Accueil dans le beau, le bon.

Projet d'un hôtel social pour loger les personnes qui travaillent et qui sont pauvres. Les projets sont la réponse à des personnes. "Chacun est précieux à nos yeux et chacun est important dans la communauté".

L'expérience est difficile, par moment désir de retourner dans le monde. Ce sont les gens accueillis qui donnent la force de continuer.

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