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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 00:28

 

Veillez : par quatre fois Jésus nous invite à la vigilance. C’est le temps de l’avent !

Non avant comme ce qui précède, mais avent comme avènement, venue, arrivée !

C’est toute notre vie chrétienne qui est sous ce signe de l’avènement continuel de Jésus.

Connaissez-vous les derniers mots du dernier livre de la Bible, l’apocalypse ? « Marana tha ! Viens Seigneur Jésus ! »

Chrétiens, nous sommes des êtres de désir ; le temps de l’avent nous le rappelle en mettant le projecteur sur ce qui vient en nous invitant à renouveler notre vigilance : veillez ! Quelque chose – non quelqu’un - va arriver, et il vous faut être prêt.

A Noël, nous allons célébrer l’anniversaire de Jésus, sa première venue, événement capital, qui engage toute la suite.

Mais Jésus nous a promis qu’il reviendrait aussi en gloire, un jour, qui sera la fin des temps. Lorsqu’il essuiera toute larme et rassemblera dans l’unité l’humanité de tous les temps et le cosmos mené à son accomplissement.

Je me pose parfois une question, qui est présente dans les évangiles : Quand aura lieu cette dernière venue, cet accomplissement ? Pourquoi tarder autant ? Jésus dit que, même lui, le Fils unique, il ne connaît pas l’heure et le jour. Pourtant, je crois que Dieu brûle de voir accomplir son royaume, qu’il souffre des gémissements de la création en enfantement de sa gloire. Oui, si ça pouvait se faire plus vite, Dieu le ferait. « He can do it ! » Alors ? Alors pourquoi n’abrège-t-il pas ces souffrances ? Qu’est-ce qui le retient ?

Cette question – et sa réponse – éclaire, je crois, le sens de notre attente en ce temps de l’Avent.

Pour comprendre, voyons peut-être ce qui s’est passé lors de la première venue :

Depuis l’origine, Dieu a choisi d’associer l’homme au destin de l’univers. Dieu a besoin de l’ouverture de l’homme et de son évolution. Ainsi la première venue, au Noël de Bethléem marque une étape. Il avait fallu des milliers d’années pour que l’humanité arrive à une certaine maturité de foi au sein du peuple d’Israël. Il avait fallu des générations pour qu’une petite jeune fille au sein de ce peuple puisse offrir à Dieu l’espace de pauvreté, d’amour et de foi où il puisse s’incarner. Oui, il a fallu une longue maturation de l’humanité pour permettre l’incarnation, et chaque homme du peuple de Dieu au long de l’histoire n’a pas perçu en quoi il était un maillon important de ces avancées.

Et en même temps, quand nous contemplons Noël, ce qui advient est absolument disproportionné à l’effort humain. Il y a eu un écart incommensurable entre ce qui était attendu de l’homme et ce que Dieu a réalisé, donné : lui-même comme un homme. Nous le voyons, autant il a fallu que l’humanité se prépare, ouvre son attente, autant ce n’est pas l’effort de l’homme qui fait naître Dieu dans le sein de la vierge Marie. L’homme ne peut que s’ouvrir à accueillir l’inouï de Dieu.

Dites, frères et sœurs, si Jésus n’est pas encore revenu, ne serait-ce pas parce qu’il attend le moment favorable, une maturation suffisante de l’histoire humaine, un degré de maturation dont lui seul connaît les critères. J’avoue être parfois découragé devant l’impression que l’humanité ne grandit pas, et parfois même qu’elle régresse. Dans le même temps, comme à Noël, il sera capable de faire émerger une réalité bonne et nouvelle au sein d’une humanité pagailleuse et surprise. Cet accomplissement, à nouveau sera sans proportion lui aussi avec ce qu’aura fait l’homme pour s’y préparer. Dieu fera toute chose nouvelle. Mais le délai, le temps qui nous est donné dit que quelque chose qui doit s’accomplir par les hommes pour que puisse advenir enfin la fin heureuse et glorieuse.

Qu’est-ce que cela signifie pour nous qui sommes dans l’entre deux de sa venue ? Cela signifie qu’il s’agit pour nous de hâter la venue définitive en aidant Dieu à advenir dans nos vies et dans nos cœurs, dans nos relations, dans notre pays, dans notre monde. Voilà la bonne nouvelle qui nous sera répétée tout au long de l’avent : nos vies, si modestes soient-elles, peuvent contribuer à la gestation de l’humanité nouvelle ; c’est ce qui fait notre grandeur.

Sa venue ne peut se réaliser qu’avec la connivence des libertés humaine : c’est cette connivence que nous avons à mettre au monde, nous les croyants : nous sommes cette humanité en enfance qui exige croissance et accomplissement. Le Christ, ne cesse de venir en nous, présent déjà dans notre attente même. Alors, faisons de la place dans nos vies, allégeons nos agendas et multiplions les gestes pour l’unité entre les hommes, à tous niveaux.

Il y a bien des manières d’attendre.

On peut attendre comme on attend un train : on est sur le quai, on s’occupe au mieux, et de toutes manières, l’arrivée de train, à l’heure ou pas, de dépend pas de nous. On peut même dormir en l’attendant, si on a le temps.
 Une toute autre manière d’attendre est la manière de vivre de la femme qui attend un enfant. Sans impatience ni fébrilité elle a mille manières de faire grandir au mieux ce qu’elle porte en elle. Elle veille à sa propre nourriture et à sa santé, et elle est capable pour cela de s’imposer des restrictions, des régimes, du repos ou, au contraire, des mouvements préparatoires à l’accouchement.
N’attendons pas la venue du Royaume de Dieu comme on attend le train ! La femme attend ce qui est déjà en elle. Nous aussi. Elle attend ce qu’elle ne peut imaginer complètement, nous non plus !

Dans l’entre deux de nos vies et de notre histoire, toute notre vie est grosse de cette vie de Dieu qui va vers son accomplissement. Nous sommes cette humanité – corps du Christ - qui vient et advient sans cesse, patiemment, progressivement, jusqu’au jour du Christ.

Frères et sœurs, notre vigilance peut être simple : une seule parole sur nos lèvres, un seul désir dans nos cœurs, une ouverture sur chaque inspiration de notre souffle : « Maranatha : viens Seigneur Jésus ! »

Frère Eric
 

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commentaires

Marie Ange 13/12/2008 12:07

Veuillez excuser ce retard mais votre question est particulièrement importante et je me la pose aussi ... tout en me disant que nous n'avons pas la réponse . Je l'ai transmise à un de nos franciscains de Marseille pour qu'il ajoute un commentaire. Merci en tous cas de votre intervention

navyroc 01/12/2008 17:09

Une chose a retenu mon attention dans votre texte et c'est cette question : Quand aura lieu cette dernière venue, cet accomplissement ? Pourquoi tarder autant ?

Cette dernière venue, si elle est d'une part un moment de joie car cela signifiera l'avènement du règne de Dieu sur terre, elle sera également, d'autre part, un drame puisque la chaîne de la vie s'interrompra, le nombre des élus sera fixé à jamais. Pour ma part, même si le mal existe, je me positionne avec mon père dans la foi,Abraham, et intercède pour que Dieu repousse indéfiniment l'échéance, Lui qui a promis d'épargner une ville entière pour seulement 10 justes. Ainsi, donc, le nombre des élus peut continuer d'augmenter et ceux qui accomplissent le mal ont toujours l'opportunité de se repentir et d'accéder au salut comme le bon larron.

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