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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 22:18

.. et « exemple » de l'homme dans la réflexion théologique franciscaine



Seigneur, je t'en prie, que la force brûlante et douce de ton amour prenne possession de mon âme et l'arrache à tout ce qui est sous le ciel, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as daigné mourir par amour de mon amour. Amen.


En reprenant le thème de la centralité du Christ dans la vie de François, il faut affirmer que toute la création révèle la beauté de Dieu pour François, mais seulement l'humilité du Christ révèle l'amour de Dieu, un amour inépuisable tout comme son humilité qui est sans mesure.

 

Dans une prière François exprime sa conscience profonde du dialogue entre le Père et le Fils : Indigents et pécheurs que nous sommes tous, nous ne sommes pas dignes de te nommer; accepte donc, nous t'en prions, que notre Seigneur Jésus­Christ, ton Fils bien-aimé en qui tu te complais, avec le Saint-Esprit Paraclet, te rende grâces lui-même pour tout, comme il te plaît et comme il lui plaît, lui qui toujours te suffit en tout, lui par qui tu as tant fait pour nous. (Première Règle 23).
François d'Assise voit en Jésus Christ, le Fils de Dieu fait chair, le « modèle » que le Père avait devant ses yeux lorsqu'il a imaginé et crée l'être humain. Celui-ci donc doit reconnaître que les racines et les origines de son être trouvent un sens en Jésus Christ : modèle et « exemple » d'une vie authentique, comblée de béatitude même au cours des persécutions. Par conséquent il est tout à fait logique de vivre une « libre dépendance » à l'égard du Christ qui doit, pour François, non seulement guider mais aussi former et « façonner » la vie de ceux qui le suivent. Puisque la vie de Jésus sur terre a été un « dépouillement » par amour, la vie de l'homme doit aussi être vécue dans la « minorité ». C'est dans la minorité que l'homme rejoint la vérité de son être ; lorsque nous nous reconnaissons pauvres, dépendant de Dieu de qui nous recevons tout, nous seront capables aussi de remettre notre existence entièrement dans les mains du Père dans la louange et l'action de grâce. Cette vie « de pénitence » est pour le saint d'Assise une vie vraiment libre : libre des désirs de possession, d'accumulation des biens de cette terre, de l'anxiété de « l'avoir et de posséder », libre de vivre lai oie d'être avec le Christ louange de Dieu le Père.

 

Saint Bonaventure


Dans sa réflexion Bonaventure part de Dieu le Très Haut qui descend vers le « bas » où habitent toutes les créatures et en particulier l'homme, « issu et sorti de Dieu, pour «remonter» vers le Très Haut en Jésus Christ avec toute la Création « re-introduite » en Dieu.
Ce sont les mystères de la vie de Jésus qui révèlent de façon particulière l'amour et l'œuvre de Dieu et le chemin que l'homme doit parcourir comme réponse à l'amour reçu et accueilli. Cette réponse à l'amour jaillit d'une vie rachetée et renouvelée par l'œuvre rédemptrice du Christ qui libère en l'homme des forces vives d'amour pour pouvoir retourner à Dieu. Il arrive à définir soi-même comme «serviteur de la croix du Christ» car il voit dans le mystère de la croix le visage plus éloquent de la révélation de l'amour de Dieu. La passion et la mort de Jésus ont été un « excès » de pauvreté, d'humilité mais aussi d'amour, un amour ardent allumé dans le monde et dans l'histoire. Il n'hésite pas à dire que c'est la forma vitae proposé à tout homme pour qu'il se modèle sur le modèle divin : Jésus Christ. L' «union transformante» avec le Christ humble et crucifié permet à l'homme de vivre sa vie comme un pèlerinage - passage vers le Père (transitus).


… le Fils de Dieu ne s'est pas incarné principalement pour restaurer l'humanité déchue. Le Fils de Dieu a été le modèle de toute l'humanité créée en vue de l'incarnation qui devait révéler l'excès d'amour qui habite le cœur de Dieu. Nous en déduisons que la vie et la passion de Jésus, n'ont pas été vécue principalement pour le salut de l'homme mais comme la révélation de l'amour et de la miséricorde de Dieu.


La croix et la passion de Jésus dans leur dimension plus profonde sont pour le docteur séraphique le « sacrement de l'amour » de Dieu. Un amour débordant qui habite Dieu et qu'il a voulu manifester et réaliser « à l'extérieur » de lui­même (ad extra). La souffrance de Jésus devient alors non pas un lieu de faiblesse où on peut contempler le déchaînement de la haine de l'humanité. Elle est l'expérience concrète de l'amour, de la petite semence de grain qui est enseveli pour renaître à la vie nouvelle. La théologie de Bonaventure est extrêmement positive. Elle exalte la vie qui dot être vécue comme une réponse d'amour à l'amour même devant l'expérience douloureuse de la mort. Il rejoint ainsi les écrits et la pensée de Saint François.

 

Bienheureux Jean Duns Scot (1266 - 1308)



Ainsi l'incarnation du Fils de Dieu aurait eu lieu même si Adam n'avait pas péché car Jésus était destiné en priorité à rendre à Dieu gloire, honneur et louange dans la manière plus parfaite au nom de toutes les créatures et en particulier au nom de l'homme et la femme. Jésus nous révèle alors que chacun de nous est créé par amour. En se donnant librement en communion avec Jésus Christ, lui qui toujours suffit en tout au Père, tout homme trouve le plein épanouissement de sa personnalité. Pour ce faire l'homme doit accepter un certain « abaissement » par amour, a savoir comme l'abaissement de Jésus: « Voyez, frères, l'humilité de Dieu, et faites-lui l'hommage de vos cœurs. Humiliez-vous, vous aussi, pour pouvoir être exaltés par lui. Ne gardez pour vous rien de vous, afin que vous reçoive tout entiers Celui qui se donne à vous tout entier. » (lettre à tous l'ordre). Il s'agit d'un « abaissement » qui crucifie et enrichit en même temps. Cette révélation est celle d'un Dieu « humble et pauvre » qui se revêt de faiblesse, totalement différent d'un dieu fort, guerrier, vengeur fruit de nos fausses images de la divinité. Et pourtant c'est la faiblesse de l'amour qui sauve et qui transforme le monde. 

Les philosophes et les théologiens du moyen âge pensaient toujours que « ce qui est premier est aussi la cause et le but des autres qui suivent ». Dans cette perspective ce n'est pas l'homme qui à été le modèle de l'humanité du Fils de Dieu mais exactement le contraire ; nous avons été créés selon le modèle qui est Jésus Christ dont l'humanité en corps et âme existait depuis l'éternité dans la pensée et dans le cœur de Dieu le Père. Par conséquence, la révélation du Fils de Dieu aux hommes manifeste en même temps le visage miséricordieux de Dieu et ce que devrait devenir un être humain : ressemblant au Christ ! Il anticipe ce que le Concile Vatican II et Jean Paul II ont dit : Jésus révèle pleinement l'homme à l'homme lui-même.
L'image de Dieu que les théologiens franciscains ont diffusé est celle d'un Dieu qui est « amour communicatif ». Dieu ne garde pas en soi le bien et l'amour qu'il est en soi-même, mais il veut le partager en dehors de sa nature divine. Il s'abaisse vers les créatures pour les enrichir de son amour ; en quelque sorte il se livre à ses créatures pour les combler de ce qu'il est, sans les anéantir mais en dialoguant avec elles avec l'humilité, la douceur et la discrétion que nous contemplons en Jésus Christ. Le Fils de Dieu est celui à travers qui et en qui tous les hommes ont été aimés, créés et façonnés. Dieu le Père les a créés en utilisant comme modèle la perfection et la beauté de la deuxième personne de la Trinité.François, à partir du débout de sa conversion, veut « marcher à la suite de Jésus Christ », « mettre ses pas dans ses traces » et « observer fidèlement les Paroles, la vie, et la doctrine » de Jésus. Il choisit Jésus Christ comme point de repère précis de toute son existence. Le Christ auquel François se réfère est « le Très­ Haut et Souverain Seigneur » et en même temps « Celui qui est descendu dans le sein de sa Pauvre Mère », celui qui s'est fait pauvre et serviteur. Les « mystères » de la vie du Christ de l'incarnation à la résurrection deviennent pour le saint d'Assise les traces à suivre et auxquelles se conformer. Fondamentalement François découvre le visage de Dieu en Jésus Christ et en Jésus Christ ce que devrait être l'homme vraiment épanoui, comblé, réalisant sa vocation à vivre dans l'amour ; Jésus est pour lui chemin, vérité et vie, celui qui révèle le visage de Dieu et le visage de l'homme à l'homme lui-même. En particulier le visage de Dieu que François découvre en contemplant la vie et la personne de Jésus est le visage d'un Dieu qui se « dépouille » et se donne totalement en se donnant à l'homme dans une radicale humilité, dépourvu de sa toute - puissance. Le but de cette auto-donation de Dieu est le bien et le bonheur de l'homme, appelé à faire de ce don que Dieu lui fait le « tout » de sa vie. Dans une prière François synthétise cette dynamique

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commentaires

saint françois de sales 26/11/2008 20:52

menbre de la même communauté je serais heureux de reccueillir votre avis sur mon blog et donc vous invite à le visiter:

http://catholiquedetraditionaangers.over-blog.com/

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