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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 20:11

Vezelay-Assise à pieds !

Après l’envoi en mission donné par les frères Jean Baptiste et Ambroise à la Cordelle, et un premier
tampon sur notre crédential qui certifie notre démarche, nous quittons Vézelay pour notre périple de
1460km !

Partir, laisser maison, famille, habitudes, confort pour marcher, méditer, prier. Une étape dans
notre conversion...
Connaissant nos limites physiques, nous sommes bien organisés : chaque jour, un couple s’occupe des
services (courses, hébergement, animation de la prière, conduite de la voiture qui transporte les
bagages). Les autres peuvent ainsi marcher « léger » et éviter d’accumuler trop de fatigue
La prière de l’Eglise (Laudes et Vêpres ou Complies), la lecture de l’Evangile et des écrits de St François sont au
coeur de notre vie de fraternité. Et puis, nous entrons petit à petit dans notre peau de pèlerin en faisant des gestes
que nous n’osons pas faire d’habitude :
- nous arrêter au pied des nombreux crucifix et oratoires rencontrés sur le chemin pour dire la prière de St
François (« Nous t'adorons, ô très saint Seigneur Jésus-Christ, ici et dans toutes tes Églises qui
sont par toute la terre, et nous te bénissons d'avoir racheté le monde par ta sainte Croix »,
- réciter l’Angelus quand nous l’entendons sonner au cours de notre marche.
- Saluer ceux que nous croisons en annonçant la Paix du Seigneur.
Sur le chemin, nous croisons peu de monde. Mais les quelques personnes que nous rencontrons sont d’un abord
facile et nous parlent avec gentillesse. Le fait que nous portions notre Tau et que ayons un projet fort et de nature
religieuse est bien perçu par eux et facilite les échanges. Et ils nous aident et conseillent dans la mesure de leurs
moyens : telle grand-mère (83 ans) nous raconte sa vie et nous invite à prendre de l’eau du puits, tel autre nous
invite dans sa grange pour le pique-nique car il voit arriver la pluie, d’autres font quelques pas avec nous.
Nous n’avons pas eu le courage de partir complètement à l’aventure et la plupart des hébergements
étaient réservés (refuges et gîtes d’étapes, chambres d’hôtes, hôtels, couvents). Mais lorsque nous avons
pris le risque de demander l’hospitalité, nous avons trouvé un accueil chaleureux :
- Par des communautés paroissiales (par exemple à St Pierre de Varennes et à Castiglione delle
Valle) qui ont tout organisé pour que nous soyons hébergés dans différentes familles du village
et pour que nous partagions les vêpres et le dîner.
- Dans la maison de la famille "Béthanie", où nous sommes accueillis chaleureusement par Louise
et tous ceux qu’elle accueille (sa « famille ») : temps de prière très fort dans la chapelle et d’un
repas joyeux partagé sur la pelouse.

 

Pendant les 3 premières semaines, nous avons marché à travers le Morvan et le Haut Beaujolais au
rythme des averses nombreuses (les ruisseaux ont une fâcheuse tendance à occuper nos sentiers) et des
éclaircies, en prenant le temps de ramasser des girolles et de cueillir des fleurs et des framboises.
Nous avons eu la joie de retrouver à Taizé nos frères et soeurs de la fraternité franciscaine réunis pour les
assises nationales : un signe de notre appartenance à cette grande famille. Un temps de prière avec eux et
avec les frères de la communauté de Taizé.
Après la plaine des Dombes, nous attaquons la montagne : le Bugey puis les Alpes, de la Chartreuse au
Mont Cenis via le massif de Belledonne.

Ce n’est pas toujours facile, mais c’est l’occasion de faire le point comme le dit Jeannine : « montée
agréable pour certains, difficile pour moi. Malgré des paysages grandioses, le souffle me manque, le
courage aussi, mais les frères et soeurs sont devant moi et il faut avancer. Pendant cette longue, longue
montée des réflexions me viennent : mon sac est trop lourd j’aurais dû l’alléger, me désencombrer des
choses inutiles ; puis je me rends compte que si je ne regarde que le chemin sur lequel je marche et non,
au loin, le but si dur à atteindre, je me fatigue moins et surtout je ne perds pas le moral : il faut donc
« se contenter » de vivre l’instant présent, pas à pas. Peut-être dans mon corps ai-je découvert /
retrouvé le message de l’Evangile ? à suivre …. ».
Après être passés à l’abbaye de San Michele, nous avons abordé la plaine du Pô sous un soleil de plomb
(la seule ombre était celle des poteaux téléphoniques !) puis les collines du Monferrat et des Langhe.
Heureusement, les quelques personnes que nous rencontrons sont accueillantes et nous offrent de l’eau
fraîche, sans accepter, en retour, autre chose que nos prières.
Un peu après le 15 août, nous arrivons dans les Apennins Ligures où nous retrouvons la montagne.
Pendant 3 semaines, nous enchaînons montées et descentes tantôt dans le brouillard, tantôt sous un beau
soleil d’été.

La fatigue commence à se faire sentir et nous sommes contents d’arriver dans les collines de Toscane un
peu avant mi-septembre. Il y a certes quelques zones désertiques (les Crete Sienese) et toujours des
montées et des descentes, mais, l’automne arrivant, les conditions sont plus favorables pour la marche.
Nous en profitons pour visiter les lieux incontournables : Lucca, San Gimignano, Sienne.
Et le 26 septembre, nous arrivons en Ombrie, en même temps que Fr.Francesco qui vient de quitter
Cimiez, et vient nous retrouver : que dire de la grande, très grande joie de le retrouver ici avec Francine
et Isabelle de notre fraternité de Nice qui nous rejoignent pour faire les dernières étapes avec nous.
Et puis c’est l’arrivée à Assise, tous ensemble, le lundi 1er octobre. Nous marchons au rythme du Notre
Père Paraphrasé de St François. Au fur et à mesure que nous avançons et que nous voyons Assise se
rapprocher, l’émotion s’intensifie.
Nous voyons alors Saint Marie des Anges, et le silence nous gagne, chacun prenant un temps de prière.
L’Angélus sonne au moment où nous arrivons, nous invitant à rendre grâce et à remercier Marie pour cet
instant. L’émotion est à son comble. Après un premier salut à St François à la Portioncule, nous faisons
les derniers mètres qui nous séparent de notre hébergement pour la semaine. Là, devant le portail, nous
sommes accueillis par les sourires de frère Francesco, Clara et Tiphaine.
Mais notre chemin n’est pas encore fini. Nous voulons fêter la St François en dehors des festivités qui
rassemblent à Assise foule d’officiels et de visiteurs venus célébrer le patron de l’Italie.
Alors nous reprenons notre bâton de pèlerin et nous montons à pied à Saint Damien puis aux Carceri,
pour nous recueillir et déposer toutes les intentions de prière qui nous ont été confiées

 

http://chemins.assise.free.fr/



Norbert, pèlerin à pied



  "Une pensée sur mon pèlerinage à Assise"

'Norbert est un des 3 de "Zébédée" qui ont fait à pied le pèlerinage Marseille-Assise cet été

 Je suis parti avec peu de choses, pourtant un voyage d'une telle richesse, aucun bien matériel n'aurait pu me le permettre. Pour réaliser ce pèlerinage, j'ai surtout eu besoin de maintenir constante cette volonté: accepter l'inconnu avec joie. Je repense au premier jour, je me suis dit « Dans quel mystère est-ce que je me plonge? Que ce sera-t'il passé dans deux mois? »

Aujourd'hui, même s'il est derrière moi, le mystère reste grand. Cette marche était avant tout une quête spirituelle. Elle était aussi un questionnement sur le christianisme et sur l'église catholique, que je connaissais très peu.



J'y ai vu de nombreux prêtres, des frères, des soeurs, des pratiquants et des croyants très différents. Beaucoup sont incroyables! on ne peut comprendre leur vie qu'en prenant en compte leur foi en l'homme et leur recherche quotidienne de l'Amour. En regardant leur cheminement, la présence de Dieu me semble évidente.

D'autres sont plus sectaires, avec des peurs de remettre en question leurs certitudes et des « a priori » face à l'Autre.

Depuis, ma foi s'est affermie mais j'ai plus de scepticisme en même temps. Je crois que si les rituels, les pratiques pré-établies nous éloignent de la connaissance de notre petitesse, de notre ignorance, alors ils nous éloignent aussi de Dieu et nuisent à notre vie spirituelle.

Par contre, s'ils constituent une discipline qui nous permet de nous questionner toujours plus, de chercher toujours plus à percer le mystère de la Providence et de Dieu dans chaque instant et dans chaque existence, alors je suis admiratif devant eux.

Alors le chapelet que récite la bonne soeur cloîtée est aussi important que le soupir de l'enfant qui contemple les étoiles.

Norbert

Zébédée est né à l'initiative d'un groupe de marseillais en situation de précarité: chômeurs,Rmistes, sans abris, sans papiers.

Zébédée est un espace de liberté où chacun peut créer des relations humaines, un lieu de convivialité, rythmé par des temps de fête mais aussi par des évènements de solidarité.

Un lieu où la dimension spirituelle n'est pas oubliée. Charte(art.8)

 

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  • : Pour mener une vie fraternelle et évangélique à la manière de François d'Assise, des hommes, des femmes, des foyers se rencontrent et constituent la Fraternité Franciscaine. Ceux qui veulent en faire partie, se retrouvent et construisent, jour après jour, une communauté évangélique. Ce blog est consacré à la région PACA
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